‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 41 sur 140 · RESUME DES TRAVAUX SUR LE SCHEMA · texte numérisé non relu

RESUME DES TRAVAUX SUR LE SCHEMA

et à rester debout jusqu'à ce qu'où vît clairement où était la majorité . Il proclamait alors le résultat; puis venait un vote de contre-épreuve. Naturellement, une seule épreuve aurait suffi. Mais les deux avaient été prescrites (i). Le rapport des assis aux levés était en général facile à constater; un coup d'œil sur l'assemblée y suffisait : presque toujours les Pères étaient à peu près unanimes à accepter ou à repousser, à se lever ou à rester assis (2) If. Parfois pourtant, ainsi pour le vote sur la seconde partie du deuxième amendement qui visait le début du premier chapitre, — il

(1) Fessler remarque (Das Valikan'. Kôn&ilium, p. 761) : « Si l'on considère le grand nombre des votes qui furent nécessaires — il y avait plus de deux cent cinquante amendements — ,ce chiffre est trop peu élevé: il y en eut bien au delà de trois cents)... et si l'on songe au nombre des votants (près de 700), l'on se rendra aisément compte que le mode de votation prescrit par le décret du 20 février, par assis et par levé, qui, au début, déplut à une partie des Pères, parce que les conciles antérieurs ne l'avaient pas adopté, était pratiquement nécessaire. Pour les votes décisifs en congrégation générale et en session publique, on procéda néanmoins par appel nominal. 9

(2) Les Pères acceptèrent le plus souvent le texte proposé par la Députation. Friedrich {Ioc. cit., p. 794) soutient, en se référant aux blâmes de NN. SS. Darbo\ et Kenrick, que l'influence de la Députation delà foi tut trop considérable. « C'est ainsi la Députation qui, en réalité, constitue le Concile, on lui obéit au moindre signe, et l'on suit en tout ses avis. » Assurément, cette influence lut considérable. Mais n'était-ce pas tout à fait dans l'ordre? La grande réunion concilaire ne pouvait pas examiner par elle-même les amendements proposés; c'est pour cela qu'elle fit choix d'une commission qui exécuta ce travail en son nom et selon ses désirs. Les hommes qu'elle choisit membres étaient ceux qu'il fallait pour ce travail; ils agirent selon son esprit et elle leur accorda la plus entière confiance. Si l'on avait choisi les candidats de la minorité (par exemple ceuxdes évèques français de la minorité, NX. SS. Darboy, Dupanloup, Ginoulhiac et David), il n'y eût pas eu communauté de sentiments entre la majorité et la Députation de la foi. Friedrich s'en fut réjoui, mais le concile en eût éprouvé le plus grand dommage. On aurait difficilement abouti à quelque chose. L'on doit d'autant moins s'étonner de l'accord entre les Pères et la Députation que celle-ci avait arrangé le schéma de fide catholica conformément aux désirs exprimés par les Pères dans la discussion sur le schéma de doctrixa catholica. Au témoignage de tous, elle avait agi dans ce travail avec la plus scrupuleuse conscience. En outre, dans les délibérations qui suivirent, la Députation chercha à se conformer exactement aux nouveaux désirs qui furent exprimés. Néanmoins, la Congrégation générale ne la suivit pas à l'aveugle. Sur la question, par exemple, du début du chapitre 1", elle demanda d'abord d'ajourner le vote; plus tard, elle accepta le projet de la Députation; mais, au moment du vote sur l'ensemble de la constitution, plusieurs Pères le repoussèrent encore, et la Députation céda.De même pour le vote du 5° Canon du chapitre 111 : larédac-

fallut compter le nombre de voix. Dans le casque nous venons de citer, le vote fut ajourné (i). Quand le vote sur les amendements concernant l'introduction ou l'un des chapitres était terminé, la Députation de la foi modifiait cette partie conformément aux vœux de la congrégation générale, et soumettait le texte ainsi remanié à un second vote. Celui-ci portait cette fois sur l'ensemble de l'introduction ou du chapitre; on procédait encore à un double vote par assis et levé. Quand cette partie avait enfin obtenu l'approbation générale, elle était mise à part jusqu'à la ratification complète de toutes les parties du schéma (2).//

Xous venons de suivre les travaux du concile sur la Constitution de fide catholica.

Ces votes sur les amendements des Pères et sur chaque partie du schéma ne suffisaient pourtant pas encore à la préparation du schéma pour la session publique, où il devait devenir constitution dogmatique définitive ayant force de loi. Sur le schéma déjà transformé partie par partie en congré-

tion adoptée ne fut pas celle de la Députation, mais une autre, que les Pères proposèrent en congrégation générale. Enfin, les cent cinquante objections faites encore lors du dernier vote contre le projet de schéma visaient toutes le texte arrêté par la Députation delà foi, et beaucoup furent prises en considération. La Constitution de fide catholica fut, en réalité, l'œuvre de tous les Pères. M8' Pie le fit remarquer avec raison à la fin de son rapport sur le IV* chapitre. «C'est complètement votre ouvrage, non l'ouvrage de quelques-uns, non l'ouvrage de beaucoup, mais l'ouvrage de tous. » (Helatio, etc., C. V. ,212a.)

(2) On ne peut s'empêcher d'admirer le soin minutieux et la lenteur avec laquelle des centaines de prélats procédèrent à l'amélioration de cette constitution. Friedrich (loc.cit., p. 793 sq.) parle cependant de la trop grande précipitation apportée aux votes sur les divers amendements, et il invoque à ce sujet l'autorité de M"Darboy; les Pères n'auraient même pas eu le temps d'en faire la lecture à leur aise ! — Or, le texte imprimé de ces amendements se trouvait entre leurs mains depuis un ou plusieurs jours; au moment du vote, le rapporteur de la commission les discutait encore en leur présence. Si après cela quelque Père se trouvait encore ne pas les connaître suffisamment, c'est.au jugement de tout homme impartial, ou bien qu'il n'avait pas rempli son devoir en les examinant avant le vote et en prêtant attention au rapport dont ils étaient l'objet, ou bien qu'il manquait de la science et de la capacité nécessaires pour prendre part aux travaux d'un concile.

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