LES CONCLUSIONS
On ne vota en congrégation générale que sur les propositions adoptées en ce dernier examen, le vote définitif sur l'ensemble de la constitution eut lieu ensuite en session publique. Quiconque, par conséquent, avait joint à son placet juxta modum une condition, de l'accomplissement de laquelle il faisait dépendre son acceptation, n'avait plus, si cette condition avait été rejetée, qu'à donner un non placet en session publique; car on n'y acceptait que deux manières de voter : placet et non placet; les réserves n'étaient plus permises : il fallait bien mettre une fin aux débats.
La session publique fut annoncée à la fin de la 46e congrégation générale. Après le vote sur les projets d'amendements, le sous-secrétaire, sur l'invitation du Premier Président, monta à la tribune et lut un décret du Pape fixant la troisième session publique au dimanche suivant, 24 avril, premier dimanche après Pâques. On y procéderait au vote définitif sur la constitution dogmatique de fide catholica, il aurait lieu de la manière suivante : l'appel nominal des Pères serait fait par ordre de rang et d'âge de promotion ; à l'appel de son nom chacun se lèverait et donnerait à haute et intelligible voix son suffrage : placet ou non placet. Pour ce dernier vote, toute autre formule serait exclue (1).
Le sebéma de la constitution à définir fut imprimé, tel que l'avaient modifié les amendements adoptés, et on le distribua à tous les Pères « afin que chacun pût relire encore ce qu'il allait solennellement et publiquement proclamer foi de l'Eglise catholique et donner ainsi son suffrage en toute conscience et en parfaite connaissance de cause » (2). //
bien est dénuée de fondement la relation que Friedrich (loc. cit., p. 831) prétend donner des délibérations qui, dans ladéputation, précédèrent la congrégation générale.
(1) C. V. 246 b. c. 739 d. Cf. Multipliées inier § 8. C. V. 23d. sq.
(2) Fessler : loc. cit., p. 78.
Quelques Pères de la minorité semblent avoir eu d'abord l'intention de donner un non placet, soit à cause du maintien des exhortations de la fin, soit par crainte que leur placet ne fût une sorte de reconnaissance du règlement du Concile, dont plusieurs étaient mécontents. La division régnait parmi eux. Ecoutons Friedrich nous dire ce qui se passa alors (i) : « Dans la réunion internationale du 20 avril, M61" Clifford se prononça avec force contre toute tentative d'opposition, et l'éloquence de M01" Strossmayer fut impuissante à rien obtenir. Cependant, on ne prit pas encore de résolution définitive. Le 21, XX. SS. Clifford, Place, Ronadié, David et Strossmayer se réunirent chez Mgr Dupanloup, pour voir s'il n'y aurait pas du moins à publier une déclaration pour faire connaître les griefs contre les deux paragraphes de la conclusion. XX. SS. Strossmayer et Place proposèrent chacun un projet dans ce sens : mais on ignore le résultat de la délibération. Cependant, le moment arrivait de prendre un parti ; le matin du samedi, 23 avril, le comité international se réunit donc une dernière fois pour décider si, le lendemain, on devait dire placet ou non placet. Les cardinaux Rauscher et Sclrwarzenberg (2) n'épargnèrent rien pour déterminer les évêques à donner un simple placet, ils eurent beaucoup de peine à y parvenir, car on craignait, et avec raison, de paraître approuver ainsi un règlement si souvent critiqué. Divers prélats, XX. SS. Darboy Losanna, etc., se réservèrent donc de faire parvenir dans la
(1) hoc. cit., p. 835 sq.
(2) Ces deux cardinaux avaient, le J8 avril, adressé aux présidents du concile une lettre, signée également par 42 autres Pères,-où ils demandaient que, pour obtenir l'unanimité des voix à la session publique, l'on remplaçât par une auti conclusion les deux derniers paragraphes de la constitution, ou bien qu'on les supprimâtcomplètement; en outre, ils proposaient pour le début du chapitre I" l'expression : Snncta Catholica Apostolica et liomana Ecclesia. Nous avons vi qu'il avait été fait droit en partie à cette demande.