‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 44 sur 140 · LES OPPOSANTS · texte numérisé non relu

LES OPPOSANTS

soirée aux présidents du concile une déclaration attestant qu'en donnant leur placet le lendemain ils n'entendaient d'aucune manière reconnaître le règlement. Quant aux motifs de l'acceptation, le principal était la certitude acquise entretemps par les deux cardinaux qu'aussitôt après la session publique l'infaillibilité serait mise à l'ordre du jour; // or, le vote unanime du lendemain rendait aussi éclatant que possible le contraste avec le manque d'unanimité dans le vote sur l'infaillibilité. Afin de ne pas rompre cette unanimité du lendemain, ceux qui ne voulaient pas donner un vote favorable devaient donc plutôt s'abstenir d'assister à la session. » Tel est le récit de Friedrich.

Huit Pères ne se trouvaient cependant pas encore satisfaits : MKrKenrick, M8* Strossmayer et six évêques français écrivirent ce même jour, 23 avril, aux cardinaux présidents pour exprimer leur regret de ne pouvoir pas expliquer leur vote en session publique. Ils le faisaient donc maintenant dans leur lettre. Ils étaient prêts à donner leur placet, exprimant ainsi leur conviction au sujet de la substance des doctrines contenues dans la constitution, et sur lesquelles il n'y avait entre catholiques aucune divergence d'opinion. Mais ils se sentaient pressés, avant le vote, de manifester les inquiétudes de leurs consciences. Ce qui les choquait surtout dans la constitution, c'était le grand nombre des anathèmes et la conclusion du quatrième chapitre, trop générale et pas assez précise. Ils déclaraient ensuite que par leur placet ils n'avaient nullement l'intention d'atténuer les plaintes qu'ils avaient fait entendre depuis le début du concile; ils insistaient, au contraire, toujours davantage pour qu'on y fît droit et qu'on maintînt la liberté du concile, les traditions , des synodes œcuméniques, les droits enfin et la préémi- | nence de l'épiscopat. Cette déclaration, ajoutaient-ils encore, exprimait non seulement leur conviction à eux, signataires de la lettre, mais aussi celle d'un grand nombre de leurs

collègues qui y avaient adhéré : ils demandaient qu'elle fut consignée parmi les actes du concile (i).

Au dos de cette lettre le secrétaire du concile a noté qu'elle n'était parvenue à son adresse que le 20 avril, le lendemain par conséquent de la troisième session publique, où sept des signataires, c'est-à-dire tous, à l'exception de M81- Strossmayer, avaient donné un placet sans condition.

Mgr Strossmayer s'abstint d'assister à la session publique. Dans la 45e congrégation générale, il avait voté : plûcetjuxta modum. I La réserve mise à son placet portail sur le mot Romana, mis avant Catholica en tète du premier chapitre (2). Il se plaignait aussi du paragraphe final et ajoutait : « Reliqua mihi placent, saluis Conciliorum occumenicorum juribus(3). » Il avait été fait droit à la première partie de sa demande ; quant au maintien des deux derniers paragraphes, ce n'était pas, aux ternies de la lettre des huit Pères, un motif de refuser son placet. C'est donc ailleurs que dans la constitution qu'était la raison de son abstention.

(1) Lettre conservée aux archives.

(2) Son amendement est le 43e. (6'. V. , 224 b.) : « Xon placet ob tocem Romana positam anle Catholica. »

(3) Acta,etc, II, 420.

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