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CHAPITRE XIII

La troisième session publique et la définition dogmatique de la constitution De Fide Catholica.

Après de longs et pénibles travaux, le jour était enfin venu où le concile du Vatican allait recueillir le premier fruit de ses efforts. Le 24 avril, premier dimanche après Pâques, eut lieu la troisième session publique, où, en vertu de leur autorité souveraine, le Pape et les évêques donnèrent au schéma De Fide catholica la valeur d'une constitution dogmatique pour toute l'Eglise et pour tous les temps.

Un peu avant 9 heures, les Pères, réunis au nombre de 667 (1) dans la salle préparée pour la session publique, prirent place sur les sièges qui leur avaient été assignés par ordre de dignité et date de promotion. On s'entassait dans les tribunes réservées pour les princes, les hautes personna lités militaires, les diplomates et les théologiens; une foule innombrable réunie sous le dôme de Saint-Pierre se pressait vers la porte toute grande ouverte (2) de la salle du Concile, pour voir ce qui allait s'y passer.

(i) 43 cardinaux, 9 patriarches, S primats, 107 archevêques, 4116 évêques, 1 administrateur diocésain, 20 abbés, 23 généraux d'ordres ou supérieurs religieux désignés sous un autre titre : en tout 667. « Le nombre réel des Pères du concile dépassait alors encore 700; mais un certain nombre d'entre eux, parmi lesquels beaucoup d'Italiens et d'Autrichiens et quelques Français, avaient été autorisés à rentrer dans leur pays pour la semaine >ainte et les tètes de Pâques, et le dimanche de Quasimoilo (2i avril, jour de la troisième session) ils n'étaient pas encore de retour à Rome ; d'autres furent empêchés par la maladie d'assister à la session, le patriarche syriaque d'Antioche par exemple, ainsi que les évêques français de Nîmes, Evreux, Verdun, le général des Capucins, etc. » Fessler, loc. cit.. p. 15.

"2) D'après le règlement du concile (Methodus, etc. C. V. , 707 d.), quand le vote

i \C, HISTOIRE Dl' CONCILE DU VATICAN

A 9 heures, commença la messe solennelle (In Saint- Esprit, chantée par le cardinal Bilio. Ensuite entra le Pape, accompagné des deux doyens des cardinaux diacres, les cardinaux Antonelli et Grassellini, et entouré des officiers formant la famille pontificale. Quand il fut arrivé sur son trône, le cardinal diacre chanta au chapitre 28e de L'Evangile de saint Matthieu le passage de la mission des apôtres; puis le Pape se mit à genoux et entonna le Yeni Creator Spirilus, que les Pères continuèrent en alternant avec le chœur. A la fin, le Pape chanta le verset et l'oraison, et le vote commença

Le secrétaire du Concile, Mgr Fessier, et MSr Valenziani, évoque de Fabriano, étant montés au trône, le second reçut des mains du Pape la constitution que l'évéque de Saint- Hippolyte lui avait remise. M-' Valenziani se rendit ensuite à la tribune pour lire à haute voix le texte tout entier. La lecture achevée, il posa au Concile la question suivante : « Révérendissimes Pères, accordez-vous votre suffrage aux décrets et aux canons contenus dans cette constitution? » Montant alors à la tribune, le secrétaire du Concile procéda à l'appel de tous les Pères par ordre de dignité et date de promotion. Les scrutateurs chargés de recueillir les voix et les protonotaires qui devaient les inscrire s'étaient avancés. Tous les Pères, depuis le cardinal le plus élevé en dignité jusqu'au dernier des supérieurs d'ordre, émirent un placet; il n'y eut pas un seul non placet. « C'était, écrivit un des assistants, probablement Mer Ketteler, comme un défilé

commençait, ceux qui ne faisaient pas partie du concile devaient s'éloigner et les portes devaient être fermées. Mais, par égard pour les princes et pour la multitude d'étrangers qui étaient là, le Pape ordonna de passer outre à cette prescription. Vin.id-cinq êvêques français de la minorité protestèrent le 4 mai auprès des cardinaux présidents contre ctt'e violation du règlement, se plaignant de ce que les personnes étrangères au concile n'eussent pas été renvoyées ni les portes fermées (C. V. 979 d. sqq.); on leur répondit que le Pape l'avait ainsi ordonné.

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