‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 6 sur 140 · LE NOUVEAU SCHEMA DE FI DE · texte numérisé non relu

LE NOUVEAU SCHEMA DE FI DE

mystères, mais sans être jamais en état de les comprendre comme des vérités de l'ordre naturel. Les mystères divins par essence dépassent tellement l'intelligence créée, crue, même après leur révélation et leur acceptation par la foi, ils demeurent comme voilés tant que dure notre pèlerinage loin de Dieu dans une chair mortelle.

Si élevée que puisse être la foi au dessus de la raison, elle ne peut cependant se trouver en contradiction avec elle, parce que le même Dieu qui révèle les mystères et donne la foi aux hommes, a aussi créé leur raison et qu'une vérité ne peut pas en contredire une autre. L'apparence de contradiction qui semble parfois exister entre la foi et la science ne vient que de deux sources : ou bien de ce que les dogmes ne sont pas exposés dans le sens de l'Eglise, ou bien de ce que les aberrations de l'esprit humain sont prises pour des principes rationnels. L'Eglise a reçu, avec la mission d'enseigner, la charge de défendre le dépôt de la foi ; aussi a-t-elle le droit et le devoir de condamner les théories que la fausse science lui oppose. De leur côté les fidèles sont tenus de regarder comme des erreurs les opinions contraires à la foi, surtout quand elles ont été réprouvées par l'Eglise.

Non seulement la foi et la raison ne sont pas en contradiction, mais elles se rendent de mutuels services ; la raison démontre les fondements de la foi, puis éclairée par sa lumière, elle établit la théorie des choses divines; la foi de son côté délivre la raison de l'erreur, elle la soutient et l'enrichit de connaissances variées. L'Eglise n'est donc pas l'ennemie de la science humaine; elle la fait progresser, elle lui laisse une liberté entière dans sa propre sphère, elle la préserve seulement de répandre, en sortant de son domaine, des faussetés contraires à la foi. C'est pourquoi il faut maintenir fermement le sens des dogmes tel que l'Eglise l'a défini, et ne jamais l'abandonner sous prétexte de les comprendre mieux.

En manière de conclusion suivent quatre groupes de canons répondant aux quatre chapitres.

Quatre canons dépendent du premier chapitre : ils condamnent la négation de l'existence de Dieu, de la création de toutes choses par Dieu, — autrement dit le matérialisme; — // l'opinion qui identifie substantiellement l'univers avec Dieu, — c'est à dire le panthéisme, — et enfin différentes erreurs relatives à la création.

Le schéma présente aussi quatre canons sur la matière du second chapitre. Ils réprouvent quatre négations : le premier, la négation de la possibilité d'une connaissance indubitable de Dieu par les seules lumières naturelles ; le second, la négation de la possibilité et de l'utilité de la Révélation ; le troisième, celle de la possibilité de l'élévation de l'homme à une connaissance de Dieu dépassant les forces de notre nature; le quatrième enfin, celle de la sainteté, de la canonicité et de l'inspiration divine de la Bible et de toutes ses parties.

Six canons se rapportent au chapitre troisième : ils rejettent les doctrines qui nient la dépendance de la raison humaine à l'égard de Dieu eo matière de foi, la différence entre cette même foi et la science naturelle des matières religieuses et morales, la possibilité d'accréditer la Révélation par des signes extérieurs, la possibilité et la cognoscibilité des miracles comme marque de la divinité de la Révélation, la distinction entre la foi et la certitude humaine imposée par une démonstration évidente, la nécessité de la grâce pour croire, enfin l'illicéité du doute qu'un chrétien entretiendrait sur une doctrine de foi déjà reçue dans l'Eglise, jusqu'au moment où il pourrait avoir une preuve scientifique complète de sa crédibilité.

Les quatre canons du quatrième chapitre anathématisent les erreurs suivantes : il n'existe pas de véritables mystères dans l'enseignement de la foi; les sciences profanes ne

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