CHAPITRE III
De (LU.
Quuin homo a Deo tamquam Créa tore et Domino suo totus dependeat, et ratio ereata increatae Veritati penitus subiecta sit, plénum revelanti Deo intellectus et voluntatis obsequiuin fide praestare tenemur. Hanc vero fidein, quaehumanae salutis ini-
De la foi.
Puisque l'homme dépend tout entier de Dieu comme de son créateur et seigneur, et (pie la raison créée est absolument soumise à la Vérité incréée, nous sommes tenus de rendre à Dieu, par la foi, quand il révèle, le plein hommage de notre intelligence et de notre volonté, Or, cette foi, qui est le commence-
tium est, Ecclesia catholica profitetur virtutem esse supernaturalem, qua, Dei aspirante et adjuvante gratia, ab eo revelata vera esse credimus, non propter intrinsecam rerum veritatem naturali rationis lumine perspectam, sed propter auctoritatem ipsius Dei i*evelantis,qui nec falli nec fallere potest.Est enim fides, testante Apostolo, sperandarum substantia rerum, « argumentum nonapparentium. » (Hebr. n, i.)
Ut nihiloininus fidei nostrae obsequium rationi consentaneumesset, voluit Ueus cum internis Spiritus Sancti auxiliis externa iungi revelationis suae argumenta, facta seilicet divina, atque imprimis miracula et propbetias, quae cum Dei omnipotentiam et infinitam scientiam luculenter commonstrent, divinae revelationis signa sunt eertissima et omnium intelligentiae accommodata. Quare tum Moyses et Prophetae, tum ipse maxime Christus Dominus multa et manifestissima miracula et propbetias ediderunt; et de Apostolis legimus :
« Illi autem profecti praedicaverunt ubique, Domino coopérante et sermonem confirmante sequentibus signis. » (Me. 16, 20) Et rursum scriptum est : « Habemus firmiorem propbeticum sermonem, cui bene i'aeitis attendentes quasi lucernae lucenti in caliginoso loco. » (2 Petr. 1, 19.)
ment du salut de l'homme, l'Eglise catholique professe que c'est une vertu surnaturelle par laquelle, avec l'inspiration et le secours de la grâce de Dieu, nous croyons vrai ce qu'il nous a révélé, non pas à cause de la vérité intrinsèque des choses perçues par la lumière naturelle de la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu lui-même qui révèle et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper. La foi est, en effet, au témoignage de l'Apôtre, « la substance des choses qui font l'objet de l'espérance, la raison des choses qui ne se voient pas ».
Néanmoins, afin que l'hommage de notre loi fût d'accord avec la raison, Dieu a voulu aux secours intérieurs de l'Esprit-Saint ajouter les preuves extérieures de sa révélation, c'est-à-dire des faits divins, surtout miracles et prophéties, qui, en montrant excellemment la toute-puissance de Dieu et sa science infinie, servent à la révélation divine de signes très certains et appropriés à toutes les intelligences. C'est pour cela que Moïse et les prophètes et surtout N. S. J.-C. ont fait tant de miracles et de prophéties d'un si grand éclat, et pour cela qu'il est dit des apôtres : « Ils s'en allèrent et prêchèrent partout, le Seigneur coopérant et confirmant leur parole par les miracles qui suivaient. » Il est écrit ailleurs également : « Nous trouvons plus de force à la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prendre garde comme à une lu* miêre qui luit dans un endroit ténébreux. »