‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 67 sur 140 · ROME PENDANT LE CONCILE · texte numérisé non relu

ROME PENDANT LE CONCILE

tous les moyens étaient bons pour s'enquérir des événements du concile. // On ignore encore comment quelques-uns mirent Ici main sur des documents qu'ils communiquèrent ainsi à leurs lecteurs. Mais, sur ce qui se passait dans les séances, ils ne pouvaient avoir que des données précaires et fort sujettes à caution, vu le strict secret qui liait et les Pères et tous ceux qui avaient quelque part au concile (i). Ils s'appliquaient d'autant plus à inventer des nouvelles de toutes pièces ou à fabriquer des historiettes avec le peu qu'ils avaient pu accrocher. La plupart des journaux qu'ils fournissaient étaient anticatholiques, aussi la plupart des nouvelles sur le concile répandues par les reporters dans le monde étaient-elles défavorables au concile, à l'Eglise et au Pape.

The Vatican (2) constate, ce qu'on a déjà bien souvent remarqué, qu'il n'y a pas une capitale en Europe où l'on eût souffert une semaine la présence de correspondants comme ceux qui s'étaient alors abattus sur Rome. Que dirait, par exemple, le gouvernement français, si à Londres quelque trente ou quarante écrivains n'étaient occupés chaque jour qu'à répandre dans toute la chrétienté et jusqu'aux extré-

(1) Les correspondants eux-mêmes avouent quelquefois qu'il leur est impossible de savoir la vérité. Voici les aveux du correspondant romain du Times, qui fournissait abondamment son journal des nouvelles les plus défavorables au Concile : « Démêler la vérité dans les nouvelles est en ce moment-ci '.) une besogne dillicile; chaque jour, chaque heure apporte une nouvelle histoire qui paraît vraisemblable, est fort bien arrangée, appuyée de preuves circonstanciées et bien faites pour émouvoir, mais qui neuf fois sur dix se trouve n'être qu'une ingénieuse supercherie. Aussi, personne ne peut-il être sûr de trouver son chemin au milieu de ces pièges sans y tomber jamais. » The Vatican, p. 25. — Et c'est ce même correspondant qui n'en continue pas moins à rapporter aux milliers de lecteurs du Times les plus indignes racontars sur le Concile. Les nouvelles colportées par lui et ses pareils font l'objet des plaisanteries du correspondant romain de la Diplomatie Review : « On pourrait se dispenser de relever les inexactitudes des reporters sur le Concile et Rome, si leurs lecteurs voulaient bien observer une règle de conduite fort simple : croire juste le contraire de ce qu'ils lisent. En agissant ainsi, ils auraient une idée assez juste de ce qui se passe. »

IlISTOHU-: DU CONCILE DU VATICAN

mités de la terre les nouvelles les plus impudemment fausses et les pires calomnies contre le souverain, les ministres et les institutions de la France? // Or, c'est précisément ce que font en ce moment pour Rome un certain nombre de journaux européens. Pendant plus de deux mois, il a été permis à leurs correspondants d'insulter impunément la plus haute personnalité du monde, de répandre des nouvelles aussi stupides que fausses sur le concile réuni j>ar elle pour une œuvre de paix et d'amour, et de scandaliser les croyants par leurs basses plaisanteries, leurs accusations et leurs calomnies. Aucun autre gouvernement que le Saint-Siège n'aurait supporté une heure de pareilles injures. Que de tels correspondants se fussent trouvés à Paris, à Berlin, à Madrid ou à Saint-Pétersbourg, ils eussent été vite conduits à la frontière.

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