‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 80 sur 140 · LES ADRESSES AU PAPE · texte numérisé non relu

LES ADRESSES AU PAPE

pins souvent par ce simple mot : protestation, la doctrine de ses observations. / En outre, depuis le numéro du 7 décembre, aucune semblable protestation n'avait paru. Ainsi, le 18 du même mois, lorsque l'évêque d'Orléans écrivait la lettre où il marquait son mépris pour les litanies d'iirjures qu'il voyait chaque matin dans I'Univers, « il y avait huit jours qu'il n'y pouvait voir autre chose que des actes de foi à l'infaillibilité, et des protestations d'ardent amour pour Pie IX (1). »

L'Univers, en effet, avait ouvert une liste de souscription pour aider le Saint-Père à faire face aux dépenses du concile. Les souscripteurs avaient coutume d'accompagner leur offrande d'une épigraphe où ils exprimaient leur vénération pour Pie IX, leur foi en l'infaillibilité du pape ou le désir de la voir définie. Ainsi se formèrent de longues listes de courtes déclarations où prêtres et laïques confessaient en grand nombre leur foi à l'infaillibilité. Elles se succédèrent sans interruption dans 184 numéros du journal et témoignèrent de la foi de la France à cette doctrine alors si attaquée (2). En mai les listes furent closes.

Mais la foi du clergé de toute la France parait plus clairement encore dans les adresses qui furent envoyées au Saint - Père de tous les points du pays. Les prêtres y professent leur foi à l'infaillibilité et expriment leur désir de voir le concile définir cette doctrine. On dirait que ce clergé français avait honte du gallicanisme, qui était né dans ce pays et y avait si longtemps régné, et qu'il désirait voir une décision conciliaire triompher enfin et pour toujours de tous les restes de cette doctrine. Dans nos Actes du concile du

(!) C. V. 131Gb. sq.

,2) Dans notre édition des Actes du Concile du Vatican C. V. 1460 esq) nous avons reproduit, à litre d'exemple, les épigraphes contenues dans douze numéros de L'Univers, en nous bornant toutefois à celles qui étaient rédigées en latin.

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Vatican, nous avons autant qu'il était possible reproduit ou mentionné ces adresses (i). Tous les diocèses de France, à très peu d'exceptions près, sont représentés par une ou plusieurs adresses.

Oifcomprend que les évêques français, adversaires de la définition, fussent désagréablement impressionnés, en voyant des adresses où leur clergé exprimait ses vœux pour cette définition. Dans le diocèse de Marseille, on vit s'échanger des explications pénibles entre l'évêque et les signataires d'une adresse. Trois prêtres de ce diocèse, Les chanoines honoraires Coulin et Bérenger et le curé de la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul à Marseille, l'abbé Caseneuve, avaient envoyé le 10 avril une adresse au Saint-Père où ils témoignaient avoir toujours cru à l'infaillibilité dn pape, et être décidés à persévérer jusqu'à la mort dans cette foi. « Nous rejetons, disaient-ils, les doctrines dites gallicanes, et nous soupirons après l'heureux jour où le concile œouménique du Vatican fera tomber sur elles tout le poids de ses anathèmes. Ce langage, Très-Saint-Père, est celui de nos frères dans le sacerdoce, celui de tous les pieux fidèles qui peuplent le diocèse de Saint-Lazare, l'ami de Jésus » (2).

La lettre débutait ainsi : « Des circonstances impérieuses semblent devoir obliger les prêtres du diocèse de Marseille à garder un silence bien pénible pour leur cœur, et qui leur devient tous les jours plus douloureux. » Quiconque lirait simplement ces mots, serait naturellement porté à chercher la circonstance qui empêche ces prêtres de manifester leurs sentiments et leurs vœux pour la définition, dans ce fait que leur évêque était de l'opinion contraire et la défendait à Rome. Mais nous verrons plus tard qu'il }T avait aussi d'autres causes qui empêchaient le clergé de Marseille de manifester

(1) C. V. 1444 sqq.

(2) Ibid. 1438 b. sq.

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