‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 10 sur 213 · PROGRES DE L INCREDULITE — LA FRANC-MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

PROGRES DE L INCREDULITE — LA FRANC-MAÇONNERIE

tiques — par l'incrédulité et les doctrines impies ou hostiles à l'Eglise. Dans les premiers temps du Christianisme, dit le cardinal Bizzarri, c'est aux corps qu'on s'en prenait; les martyrs étaient obligés d'en faire le sacrifice à leur foi; aujourd'hui, on s'attaque directement aux âmes. « Par des systèmes aussi faux qu'ils sont étranges, philosophes et écrivains unissent leurs efforts pour arracher jusqu'aux racines de la religion catholique. » Le clergé est exclu des écoles, la jeunesse est livrée à des maîtres sans foi, l'Eglise, spoliée de ses biens, voit ses droits foulés aux pieds, l'incrédulité est ouvertement proclamée et la papauté en butte à toutes les attaques. Les parlements retentissent de maximes anticatholiques et antireligieuses, l'Etat omnipotent s'est séparé de l'Eglise; la volonté du peuple, loi suprême, menace la puissance paternelle, la propriété, les liens sacrés du mariage; / les principes d'une révolution envahissante, avide de conquête, jamais satisfaite, l'esprit démagogique et l'égoïsme dominent les gouvernements et les particuliers et inspirent toute leur conduite.

Les mémoires des cardinaux appellent le magnétisme, le somnambulisme et le spiritisme la plaie et la honte de notre temps.

Sous l'apparence d'une société de bienfaisance, disent la plupart des éminents consulteurs, la franc-maçonnerie n'a d'autre but que d'établir sur la ruine de toutes les sociétés religieuses, la religion universelle de l'humanité : c'est l'instrument destiné à faire passer en pratique les théories dites modernes. —

Le mémoire du cardinal Reisach parle aussi de la discipline ecclésiastique. Il fait d'abord remarquer son étroite connexion avec le dogme. Elle manifeste et sauvegarde les propriétés primordiales de l'Eglise. Etablie sur un fondement immuable, elle doit demeurer immuable elle-même;

c'est, en effet, ce caractère de stabilité qu'on retrouve dans les principes qui la déterminent et dans les lois organiques qui règlent l'institution et le fonctionnement du pouvoir ecclésiastique. Mais en même temps elle doit être susceptible de modifications, car les lois particulières ont à tenir compte des circonstances variables de temps et de lieu. L'histoire de l'Eglise, les décrets des conciles, les bulles des papes, les décisions des Congrégations montrent qu'il en est ainsi.

11 y a lieu aujourd'hui d'entreprendre une révision de la législation disciplinaire de l'Eglise, et un concile général est le meilleur moyen de l'accomplir : c'est Indubitable. Depuis la fin du siècle dernier (le XVIIIe), dit le cardinal Eeisach, et depuis le commencement de celui-ci (le XIX'), les révolutions politiques et sociales ont si profondément modifié les conditions extérieures de la vie (pu1 l'observation de bien des lois disciplinaires est devenue dans la plupart des pays extrêmement difficile, parfois impossible, nuisible même au bien des âmes. L'Eglise se trouve en effet dans une situation violente : les gouvernements s'immiscent dans ses affaires par des lois et des édits, ils ont réglementé presque tous les points de sa discipline d'après la nouvelle organisation politique et sans avoir égard à ses principes propres. Le plus souvent les évèques ont été obligés de tolérer ces empiétements, de s'en accommoder, d'y coopérer même dans la mesure que permettaient les droits et les principes essentiels du gouvernement ecclésiastique afin de pouvoir continuer leur ministère et conserver dans le peuple la foi et la pratique du christianisme. De là les règles nouvelles suivies dans l'administration des diocèses; elles sont passées en habitude, leur abrogation serait une cause de désordre. L'Eglise a bien eu recours à des concordats; mais, sans parler même des mesures par lesquelles divers Etats en ont arbitrairement éludé les dispositions, l'interprétation des concordats s'est I

Page 1