L ASSEMBLEE DE FULDA
tive de chaque évêque. Le projet qu'on en présenta fut renvoyé à une commission chargée de l'examen et de la rédaction de cet acte. Quant au canevas de la supplique au pape sur l'opportunité de la définition éventuelle de l'infaillibilité pontificale, il fut approuvé par quatorze évêques ou par leurs représentants. La lettre pastorale préparée par la commission fut approuvée et signée dans la dixième séance, le matin du 6 septembre.
Deux actes furent donc posés par la réunion épiscopale de Fulda : une lettre pastorale collective adressée aux fidèles, une lettre au Pape où étaient présentées les objections à l'opportunité de la définition au point de vue des intérêts de l'Eglise d'Allemagne.
De plus, un membre de l'assemblée était chargé de composer un mémoire sur les points ayant trait à la situation de l'Allemagne et qu'on devait présenter aux discussions du concile. Les évêques présents se réservèrent d'examiner ce travail à leur arrivée à Rome, de l'y faire imprimer à plusieurs exemplaires et de le présenter aux Pères du concile.
Au sujet de l'opportunité de la définition, il y eut divergence de vues parmi les prélats, tous n'approuvèrent pas la supplique. Six des membres présents : M81 Stahl, évêque de AViirzbourg ; Mgr Martin, évêque de Paderborn ; Mgr Léonrod, évêque de Eichstâtt; Mgr Adams, vicaire apostolique // du Luxembourg; les chanoines Molitor et Siegler, représentants des évêques de Spire et de Passau refusèrent d'adjoindre leurs noms à ceux de leur quatorze collègues qui la signèrent. Le jour même où la rédaction de la lettre fut achevée, le 4 septembre, elle fut envoyée au nonce de Munich avec prière de la faire parvenir au Pape ; le nonce l'expédia le 5 au cardinal secrétaire d'Etat à Rome (i). Sur la dépêche qui
(1) La dépêche du 5 septembre, publiée par Cecconi, loc. cit. Sez. VII, p. 540 (trad. franc., t. II, p. 4(i2) se rapporte évidemment à notre lettre. Elle
raccompagnait et que nous citons d'après la note de Cecconi, se trouvent, comme il le remarque lui-même, ces mots écrits au crayon de la main même d'Antonelli : « Rimesa la lettera a Sua Sanlitate. » La lettre des quatorze est donc parvenue à sou adresse.
Elle semble avoir été perdue depuis. Malgré des recherches minutieuses et répétées, ni Mgr Cecconi, ni personne, raconte-t-il lui-même, n'a réussi à la retrouver (i). Là-dessus, Friedrich (2) donne libre cours à son imagination : « Le pape, dit-il, a dû la détruire dans un accès de mauvaise humeur. » « Malheureusement, nous ne pouvons pas juger ni de la l'orme ni du fond de la lettre; ... toutefois, il faut la considérer comme très gravement compromettante pour les évêques allemands, puisqu'elle n'a pas été communiquée à Cecconi. » Friedrich pense que si le texte est demeuré introuvable à Rome, l'archevêque Mgr Melchers, ou l'auteur de la lettre, aurait pu pourtant mettre un double à la disposition de Cecconi. « Evidemment, on a de bonnes raisons pour ne pas la publier. »
Xous pouvons assurer à l'auteur de la Geschichte du concile du Vatican, que Cecconi a aussi cherché cette pièce en Allemagne, niais ses recherches, ont été infructueuses, et la raison en est bien simple. File n'a pas été imprimée; donc, en plus de l'exemplaire envoyé au pape, il n'en existait probablement encore pas d'autre texte que celui de la minute soumise à Fulda aux délibérations des évêques, et après la réunion, emportée à Cologne par le président et déposée par lui aux archives archiépiscopales. Or, au moment de la rédaction de
est ainsi conçue : Jlecivo in questo momento una lettera cfte M'jr Arcivesco vo di Colonia, il quali trovasi m Fulda a presedervi H riunione dei Vescoui, dirige al Santo Padre. Aggningendomi questo Prelato che trattasi in essa di cosa di somma imporlania, io mi afj'retlo di trasmetterla irnmediatamente a Vostra Eminema reverendissima, acciù roglia degnarsi déporta ai piedi di Sua Santila.
(1) Loc. cit. Note.
(2) Geschichte. etc., t. II, p. 200 et suiv.