LE MANDEMENT DE FTLDV
Coblenz et de Bonn; on établissait entre eux une connexion.
L'antre acte des évèqnes, leur mandement eollectif (i) est un vrai modèle d'instruction pastorale.
Après quelques mots d'introduction, ils abordent immédiatement l'objet propre de la lettre, le concile. Ils rappellent l'accueil joyeux qu'a partout rencontré la première annonce de sa convocation et la bénédiction qu'apporte au monde un synode oecuménique. Ensuite, ils passent aux troubles qui ont suivi. « Le concile, disent-ils, a fait naître dans le cœur même des fils dévoués de l'Eglise plus d'une inquiétude, et nos ennemis se sont efforcés d'exciter partout des soupçons et des répugnances contre cette assemblée et même de provoquer la défiance des gouvernements. »
(c A entendre le bruit que fait l'expression de ces craintes, on croirait que le concile peut proclamer et proclamera, en fait, de nouveaux dogmes étrangers à la révélation divine et à la tradition ecclésiastique, qu'il peut établir et établira des principes funestes aux intérêts de la chrétienté et de l'Eglise, aussi incompatibles avec les droits légitimes de l'Etat, de la civilisation et de la science qu'avec la juste liberté et la prospérité temporelle des nations.
» On va plus loin encore ; on accuse le Saint-Père de vouloir, sous l'influence d'un parti, faire du concile exclusivement un moyen d'accroître plus que de raison le pouvoir du siège apostolique, de changer l'antique et véritable constitution de l'Eglise, d'ériger une souveraineté spirituelle inconciliable avec la liberté chrétienne. On ne craint pas d'appeler parti le chef de l'Eglise et l'épiscopat, outrage que jusqu'ici nous n'étions habitués à trouver que dans la bouche de nos ennemis déclarés. Par suite, on exprime sans scrupule le soupçon qu'au concile on ne laissera pas aux évêques la pleine
(1) C. V., 1191 c. et suiv. Gecconi, loc. cit. Sez. H. Doc. CLXP7.
liberté de leurs délibérations, qu'il leur manquera, du reste, à eux-mêmes la science et l'indépendance de caractère nécessaire pour remplir leur devoir; et l'on va enfin jusqu'à mettre en question la validité du concile et de ses décisions.
(( Ces faux bruits et d'autres semblables, quelle qu'en soit l'origine, ne témoignent pas d'une foi ardente, d'un véritable amour pour l'Eglise, d'une confiance inébranlable en cette assistance que Dieu lui prête sans cesse. Jamais nos pères dans la foi, jamais les saints de Dieu n'ont eu de telles pensées, et, sans doute, elles blessent aussi, nos bien-aimés frères, les sentiments intimes de votre conscience chrétienne. Mais nous voulons vous exhorter expressément à ne pas vous laisser séduire par de telles paroles et à ne pas laisser ébranler votre foi et votre confiance.
» Jamais et dans aucun cas, un concile général ne définira et ne peut définir un nouveau dogme qui ne soit contenu dans la Sainte-Ecriture ou dans la tradition apostolique; quand l'Eglise prononce en matière de foi, elle ne proclame pas [des doctrines nouvelles; elle met seulement en pleine lumière la vérité ancienne et primitive et la défend contre de nouvelles erreurs.
» Jamais et dans aucun cas un concile général ne proclamera et ne peut proclamer des doctrines en opposition avec les principes de la justice, les droits de l'Etat et de ses chefs, avec la civilisation et les vrais intérêts de la science, avec la liberté légitime et la vraie prospérité des nations. En un mot, le concile n'établira aucun principe nouveau, aucun qui diffère de ceux que les leçons de la foi et la voix de la conscience ont graves dans tous vos cœurs, de ceux que les peuples chrétiens à travers tous les siècles ont considérés comme sacrés, de ceux sur lesquels reposent aujourd'hui comme toujours le bonheur des nations, l'autorité des prince et la liberté des peuples, de ceux qui constituent le fonde ment de toute vraie civilisation.