‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 109 sur 213 · REPONSES DES EVEQUES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

REPONSES DES EVEQUES FRANÇAIS

sitions accusatrices que repousse l'expérience de dix-huit siècles d'exercice de cette autorité pontificale, toujours amie de la modération et des tempéraments, encore qu'elle n'ait jamais douté de son droit et de son pouvoir suprême? Enfin, est-il opportun, est-il convenable, est-il juste et sensé de s'autoriser de périls chimériques pour toucher à l'économie du gouvernement ecclésiastique, dont on ne paraît pas connaître la vraie nature, et pour proposer un prétendu perfectionnement de la constitution séculaire de l'Eglise? » //

Mgr Pie publia son homélie et en informa jNP1 Maret (i). Il lui avoue sans détour que son ouvrage lui a paru laisser à désirer dans .ses diverses parties, et quant aux arguments, et quant à l'exposé des faits, et quant aux conclusions. Dans la préface l'indication du but de l'ouvrage l'a beaucoup contristé. Ce livre ayant été destiné et livré au public, il a communiqué au clergé de sa ville épiscopale réuni à l'occasion de sa fête une partie de l'impression pénible qu'avait faite sur lui cet ouvrage. Son intention avait été de s'en tenir là ; mais l'assistance ecclésiastique avait été d'un autre avis et l'avait engagé à donner communication de ses paroles au reste du clergé diocésain.

M81 Maret répondit dans 1' Univers, où avait aussi paru l'homélie. Sa réponse eut la forme d'une lettre à Mgr Pie (2). Au fond, elle ne contient rien de nouveau. A propos des expressions si vivement blâmées par M81" Pie, Mgr Maret réplique qu'elles se trouvent dans tous les théologiens, dans tous les canonistes; il s'en est servi parce qu'elles précisaient exactement le point controversé de la question. Mgr Pie ne prouvera jamais qu'il a accusé le pouvoir pontifical d'être despotique et arbitraire. S'il propose la périodicité conciliaire, ce ne sont pas là des vues personnelles ; il ne

(1) C. V. 1270 c. et suiv. Gegconi, loc. cit. Doc. CCXXXII,

(2) C. V. 1271 c. et suiv. Gegconi, loc. cit. Doc. CCXLII.— Maret, Le tape et les Evêques, appendice p. 111 et suiv.

prétend pas toucher témérairement à l'économie du gouvernement ecclésiastique ; cette périodicité a été décrétée par un concile incontestablement œcuménique; elle a été sanctionnée par deux papes et réclamée par les plus saints personnages.

Dans ses paroles d'adieux, adressées à son clergé avant son départ pour le concile (i), M81" Pie mentionne pour la première fois la réponse de M^1 Maret. Il veut, dit-il, d'autant moins y revenir que les réfutations directes de l'ouvrage arrivent chaque jour plus nombreuses et plus péremptoires. « Toutefois, avec l'autorité du pontife et de docteur que Dieu m'a conférée par rapport à mon diocèse, je n'hésite point à déclarer que ces deux volumes méritent d'être notés de toutes les censures théologiques les plus graves, en deçà de la note formelle d'hérésie. Et je ne crains point que ni le Saint-Siège, ni le concile œcuménique ne donnent tort à ce jugement, ou plutôt, je suis assuré d'avance que le concile enseignant// les doctrines opposées à celles de ce livre, l'auteur abandonnera et désavouera ses erreurs par l'acceptation pure et simple des affirmations et des définitions de l'Eglise assemblée. » Au sujet de la proposition de M8* Maret, de tenir tous les dix ans un concile général, M-1 de Poitiers, qui se sépare avec douleur de son troupeau, fait cette remarque: « Ici se fait reconnaître la différence entre le pasteur d'un vrai troupeau, vivant parmi les âmes et pour les âmes, et l'écrivain, même consacre, qui vit parmi les livres et se tient dans les abstractions... Il faut être évêque in partibus infidelium pour imaginer que notre mère la Sainte Eglise imposera tous les dix ans à chaque pasteur et à son troupeau, un sacrifice pareil à celui qui nous est demandé aujourd'hui. »

Pendant ce temps, Mgr Maret avait été vivement attaqué

(1) C. V. 1270 a et suiv. Ceccoxi, loc.cit, Doc. GGLVI.

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