L ARTICLE DU CORRESPONDANT
les idées directrices de l'article et que sa publication devait répondre à ses vœux les plus intimes. On est surpris de voir le biographe et le panégyriste de M>'r Dupanloup passer sous silence la question du nom de l'auteur, quand il approuve, ce semble, la publication de l'article (i).
L'auteur de l'article se retranche derrière le devoir qu'il proclame de se soumettre aux décisions du prochain concile. On aime à rapprocher de ces paroles un passage du Français (2), journal de môme esprit ; on y trouve clairement exprimée déjà la soumission aux décrets conciliaires. Il fait partie d'un article signé de G. Allard, secrétaire de la rédaction ; le voici : ce Est-ce donc que le Français prétend prendre parti sur le fond du débat? Veut-il, s'impro visant théologien à son tour, se prononcer sur l'opportunité de telle définition et sur la vérité de tel dogme ? Non ; nous nous gardons bien de proposer et surtout d'imposer un programme au concile. // Nous attendons, respectueux et soumis, ses décisions. Nous éprouvons une sainte joie à promettre une obéissance pleine d'amour à toutes ses prescriptions, une foi pleine de sécurité à toutes ses définitions. Nous sommes absolument rassurés sur la sage prudence avec laquelle l'Eglise, conformément à ses traditions constantes, pèsera les questions d'opportunité, sur la lenteur préméditée avec laquelle elle examinera toutes les faces du problème. Xous avons vu quels ont été toujours les ménagements infinis de sa sollicitude maternelle pour les âmes. Confiants dans la parole du Christ, nous attendons les lumières surnaturelles qui éclairent la sainte Assemblée. Nous savons surtout que ses définitions, quelles qu'elles soient, apparaîtront avec cet éclat lumineux, mais doux et serein, de la vérité divine, éclat que les aveugles seuls ne voient pas, et qui ne pourrait blesser que les yeux déjà malades. »
(1) M. l'abbé F. Lagrange. Vie de M«r Dupanloup, III, i37.
(2) 5 novembre 1869. — Cf. Cecconi, loc. cit. Doc. GGL1X — Cf. C. V. 1281 a.
Voilà le langage d'une foi véritable et complète, qui seule est conséquente avec elle-même et catholique; il confond le libéralisme boiteux, qui veut être catholique mais ne veut pas se soumettre à l'autorité doctrinale de l'Eglise.
Dans un article postérieur, le Correspondant (i) affirme de même sans arrière-pensée qu'il acceptera la décision de l'Eglise sur la question de l'infaillibilité du pape, quelle qu'elle soit, avec un respect et une soumission sans réserves. (2) //
(1) 25 novembre 1869. - Ceccoxi, toc. cit. Doc. CCLXXXIV. — C. V. 1285 d. sq.
(2) Le Correspondant .. . a déclaré... sa résolution absolue — qui n'avait pas même besoin d'être mentionnée — d'accepter avec un respect et une soumission sans réserves, la décision, quelle qu'elle lut, sur ce point, comme sur tous les autres, du tutur Concile. »