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M-1 DUPANLOUP

ardeur : on eut été / / surpris de ne pas le voir entrer en lice dans les luttes occasionnées par le concile. De quel côté se rangerait-il?

Dans sa jeunesse, le prélat avait défendu la doctrine de l'infaillibilité pontificale. Pendant un séjour à Rome — c'était avant son élévation à l'épiscopat — le grade de docteur en théologie lui avait été offert ; il refusa et voulut le conquérir en passant un examen. Il demanda qu'on lui accordât une soutenance à la Sapience. La matière qu'il choisit fut la doctrine de l'infaillibilité pontificale et sa victorieuse défense de ce privilège lui valut le titre de docteur (i).

Au temps de la préparation du concile, M81" Dupanloup passait pour un tenant des opinions catholiques libérales. Le cercle de ses amis intimes, sa radicale opposition au groupe de I'Univers et ses relations étroites avec les publications libérales, le journal le Français et la revue le Correspondant, pouvaient, de fait, valoir comme preuves de son dévouement à ces idées. Déjà, il avait cherché à provoquer un accord de l'épiscopat contre la définition de l'infaillibilité papale (2), alors que, seuls, les cardinaux romains et quelques évèques — dont il était, — invités par le pape à exprimer leur avis sur les matières à débattre au concile, (3) avaient été mis au courant du projet de convocation. Quand commença à se produire l'agitation anticonciliaire, il y prit part sous le couvert de l'anonyme. Les deux articles (4) du Français et du Correspondant dont nous avons déjà parlé sont indubitablement de la plume ou de l'inspiration de M-1' Dupanloup : seuls ses amis intimes savaient dans quelle mesure il en était l'auteur.

(1) Lagrange, loc. cit. I, 279 sq. — Victor Pelletier, W Dupanloup, Episode de l'histoire contemporaine, 1845-75. Paris 1876.

(2) PfulfS. J., M" v. Ketteler, III, 3 sq.

(3) Voir plus haut, p. 39.

(4) Id. 204sq,328sq.

Les relations du prélat avec les écrivains Allemands hostiles à l'Eglise jettent sur lui une ombre défavorable. Il entretenait depuis quelques années une correspondance épistolaire avec Doellinger. Avant 1869, les relations amicales d'un évêque avec le célèbre historien n'avaient rien qui pût paraître inconvenant, mais nous le trouvons encore en termes très amicaux avec lui, pendant l'été de cette même année, quand Doellinger avait déjà lancé les lettres de I'Allgemeixe Zeitung et l'écrit de Jaxus //. L'évèque fit, en automne 1869, un voyage en Allemagne et eut avec Doellinger, le 9 septembre, une entrevue à Herrnsheim, près de Worms. Lord Acton, l'élève et plus tard le compagnon d'armes de Doellinger, y assistait (1). Mgr Dupanloup tâcha de décider Doellinger à se rendre à Rome, au moment du concile. Plus tard encore il mit tout en mouvement pour réaliser son désir. Le 17 octobre il priait le cardinal de Prague Schwarzenberg, d'emmener à Rome Doellinger. Le cardinal répondit le 28 octobre que c'était impossible. Il y aurait de sa part quelque ostentation à le faire et d'ailleurs il n'était pas d'accord avec Doellinger sur un certain nombre de points (2). C'est alors par le comte

(1) Le biographe et le panégyriste de Mfr Dupanloup, Lagram;;-: [Joc. cit., III. 131 sqjnous raconteque l'évèque se rencontra à Herrnscheim avec Doellinger « le savant professeur que l'Allemagne catholique entourait alors de fous ses respects».Il s'étonne que cette entrevue ait été défavorablement jugée.U pense qu'on auraitpu aussi bien blàmerles relations de ÎNP'Dupanloup aveeM*" Dechamps, Ketteler, Mermillod, etc. Lagrange semble avoir ignoré qu'à ce moment Doellinger était déjà universellement connu comme auteur d'écrits diffamatoires sur l'Eglise et le pape, comme l'âme et le meneur des mouvements révolutionnaires dirigés contre l'Eglise et le Concile. Voir un évêque en relations amicales avec lui devait attrister les catholiques. M" Dupanloup, la chose est certaine, connaissait les tentatives de Doellinger. Doellinger n'a-t-il pas répété de vive voix à Herrnscheim les idées qu'exposaient ses écrits? Quel était en définitive le but de la rencontre? « Les insinuations nuageuses et malveillantes doivent s'évanouir devant l'histoire, dit Lagrange. » Nous craignons que les mauvais soupçons sur l'entrevue de l'évèque avec Doellinger n'apparaissent à la lumière de l'histoire que trop justifiés.

(2) Les deux lettres sont aux archives. Plus tard, Schwarzenberg demanda encore une fois à Doellinger s'il irait à Rome, au cas où Rome même l'inviterait, (Cf. Friedrich, Ign. v. Doellinger, III, 493.)

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