‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 122 sur 213 · M"1' DUPANLOUP AVANT LE CONCILE · texte numérisé non relu

M"1' DUPANLOUP AVANT LE CONCILE

docile comme la plus humble brebis du troupeau. Telle est ma foi, messieurs, telle est la vôtre. C'est par elle que nous vivons, et pour elle, au besoin, nous saurions mourir » (i).

A propos des « inquiétudes répandues dans les âmes » il semble que le doyen Desbrosses avait été plus précis que ne le rapportent les Annales Religieuses. L'allusion que fait Mgr Dupanloup à ce passage dans sa lettre ultérieure au clergé le laisse soupçonner. Les prêtres présents ne furent pas tous satisfaits du langage de M. Desbrosses. Le chanoine Pelletier adressa peu après à I'Univers une lettre (2) où il déclare que les Annales Religieuses ont dit à tort que M. Desbrosses avait parlé au nom de tous. Le clergé n'avait pas reçu communication de son discours qui exprimait exclusivement les pensées de l'auteur. « Plusieurs d'entre nous, dit-il, ne l'ont point entendu sans impatience ; et n'eût été la crainte du scandale, des interruptions eussent éclaté » //.

L'opinion des ecclésiastiques du diocèse d'Orléans n'était donc pas unanimement favorable à la direction pour laquelle s'était déclaré M. Desbrosses et qui passait aussi pour cellede l'évèque. Beaucoup moindre encore fut l'écho qu'elle trouva en France, comme en témoigne la lettre déjà citée de Montalembert à Doellinger (3).

Avant de publier sa lettre au clergé, l'évèque adressa une lettre pastorale à ses diocésains (4). Il leur faisait ses adieux en termes affectueux. L'œuvre de l'Eglise au concile sera une œuvre de vérité et de pais. L'auguste assemblée ne

(1) Annales religieuses du diocèse d'Orléans, 6 novembre 1809. C. V. 1281 bsqq. — Cecgoni, Ioc. cit. Doc. CGLXI.

(2) 23 novembre. — Cecconi, Ioc. cit. Doc. CCLXXIII. Cf. C. V. 1284 c.

(3) « Vous admirez sans cloute beaucoup l'évèque d'Orléans, mais vous l'admireriez bien plus encore si vous pouviez vous figurer l'abîme d'idolâtrie où est tombé le clergé français. Cela dépasse tout ce qu'on aurait pu s'imaginer aux jours de ma jeunesse... De tous les mystères que présente en si grand nombre l'histoire de l'Eglise, je n'en connais pas qui égale ou dépasse cette transformation si prompte et si complète de la France catholique en une bassecour de l'anti-camera du Vatican. » Dans Pelletier, Icc. cit., p. 92.

(4) Cecconi, Ioc. cit. Doc. CCLXII. — Cf. C. V. 1282 c.

s'occupera que des intérêts du salut des âmes. Rappeler aux hommes les grandes vérités éternelles, rendre s'il se peut ces vérités encore plus claires et plus solides, défendre le dépôt sacré contre toute innovation, contre tout amoindrissement; rechercher les meilleurs moyens de faire croire effectivement ce qui doit être cru, telle est la mission du concile. Les Pères la rempliront par la charité ; c'est la charité qui préparera les voies à la vérité. L'évêque répète encore dans cette lettre pastorale, qu' « obéissant, obéissant j usqu'à la mort,il adhérera fidèlement aux décisions du chef de l'Eglise et du concile, de tout son cœur et de toute son âme, quelles que soient ces décisions, conformes ou contraires à sa pensée particulière... Que vient-on me parler ici de contrainte, de pression, de manœuvres humaines? Xous sommes tous des hommes, et, dans ce concile comme dans tous les autres, les imperfections humaines auront leur part. Mais notre croyance est précisément que le Saint-Esprit dirige, façonne, consume ces imperfections, et les tourne au service de la vérité. »

Cette lettre pastorale est du 10 novembre. La lettre au clergé (i) porte la date du n. Pour la première fois l'évêque intervenait publiquement et en son propre nom dans // la controverse au sujet du concile. Il exposa ses idées en termes tels que sa lettre fit éclater une joie bruyante dans les rangs des catholiques libéraux et des ennemis de l'Eglise catholique, mais remplit de la plus grande affliction les catholiques qui n'étaient ni gallicans ni libéraux.

M-1 Dupanloup s'explique d'abord sur l'état de la controverse, et blâme par-dessus tout la très grande imprudence de la Civilta Cattolica et de I'Univers, pour avoir ouvert le débat sur des sujets qui devaient être traités au concile. « Ils ont annoncé en particulier que la question de l'infailli-

(1) Observations sur la controverse soulevée relativement à la définition de l'infaillibilité au prochain concile. — Cecco.m, loc. cit. Doc. CGLXIII. — Cf. C. V. 1282 d.

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bilité personnelle du pape y serait définie, bien plus, qu'elle serait définie par acclamation . » Puis il résume brièvement les péripéties de la lutte suscitée, selon lui, par les journaux dans les différents pays et montre combien elle est déplorable. C'est à contre cœur qu'il s'est décidé à se mêler à cette lutte. S'il le fait ce n'est pas pour augmenter le tumulte ; il veut apporter la paix et, si possible, faire évanouir la controverse. Il ne traitera pas de l'infaillibilité pontificale en ellemême, mais seulement la question de l'opportunité d'une définition de cette doctrine.

Tout d'abord, il cherche à montrer qu'il n'y a pas de raison de la définir. Jamais l'unité de l'Eglise et le courant vers Rome n'ont été aussi forts qu'aujourd'hui. En convoquant le concile, le pape n'a pas eu pour but d'obtenir cette définition, et bien d'autres questions d'une souveraine importance suffiront pleinement à l'activité conciliaire. Que l'Eglise soit infaillible, tout le inonde le sait, et cela suffit.

Des exemples tirés de l'histoire de l'Eglise nous montrent d'ailleurs qu'il faut s'abstenir de définir l'infaillibilité pontificale : les questions qui provoquent de grandes discussions ou qui ne réuniraient pas l'unanimité absolue doivent être écartées ; c'est la règle tracée par Pie IV au Concile de Trente.

La réunion de l'Eglise schismatique d'Orient et des protestants trouverait un obstacle dans la définition. Les gouvernements menacent, si elle est proclamée, de renouveler le» hostilités contre l'Eglise.

Enfin, Mgr Dupanloup énumère les objections qui s'élèvent contre la doctrine elle-même; son but n'est pas, dit-il, de la combattre; mais il se conforme au dessein qu'il a annoncé de faire connaître les difficultés auxquelles se heurte la définition. Les objections à la doctrine sont par le fait des objections à la définition. // Suit une longue liste (i). « i° Diffi-

(1) Cecconi, IV, p. 457-458. (N. du T.).

cultes tirées de la nécessité de déterminer les conditions de l'acte ex cathedra ; tous les actes pontificaux n'ayant pas ce caractère, il faut être très clair sur ce point ; 2° Difficultés tirées du double caractère du pape, considéré soit comme docteur privé, soit comme pape ; 3° Difficultés tirées des multiples questions de fait qui se peuvent poser à propos de tout acte ex cathedra ; 4° Difficultés tirées du passé et des faits historiques ; 5° Difficultés tirées du fond même de la question ; 6° Difficultés, enfin, tirées de l'état des esprits contemporains. » Il les développe les unes après les autres et y ajoute de nouvelles difficultés et considérations. Ce sont les objections soulevées bien souvent déjà et qui furent de nouveau agitées lors du concile. Dans la lettre de M gr Dupanloup, elles sont seulement exposées d'une façon populaire, avec la vivacité de style propre à l'auteur, sans le moindre essai de solution et en mettant le plus en relief possible, le point difficile. Cette condensation en quelques pages d'objections nombreuses ajoute de la force à chacune d'elles (i).

Était-il convenable pour Mgr Dupanloup de livrer cet écrit à la publicité ; il y avait là-dessus, dans le cercle plus intime de ses amis, divergence de vues. Plusieurs d'entre eux, aux-

(1) M" Dupanloup prétend toujours avoir été partisan de la doctrine de l'intaillibilité pontificale. Plus tard encore, il explique dans la lettre au pape, di 18 lévrier 1871 (C. V. 999 c. sq.), dans la lettre pastorale du 29 juin 1875 (Pelletier, loc. cit. p. 96 s.) qu'il a combattu seulement l'opportunité de la définition, jamais la définition elle-même, toujours professée par lui non seule ment dans son cœur, mais dans ses écrits. Pourtant en présence de la lettre dont nous avons rapporté le contenu, on soutiendra diilicilement que sa foi â l'infaillibilité du pape ne se soit jamais affaiblie. S'il n'en était pas ainsi et si vraiment M5r Dupanloup quand il écrivit sa lettre, tenait la doctrine de l'infaillibilité pontificale pour un enseignement révélé de Dieu, il nous semble doublement inexplicable qu'il ait pu écrire sa lettre. Il aurait alors employé toute la puissance de son esprit et de son éloquence à élever des doutes dans l'âme de nombreux lecteurs, contre une vérité révélée, qu'il reconnaissait comme telle et à fournir aux ennemis de l'Eglise des armes pour l'attaquer. En effet, toutes les objections qu'il pouvait élever contre cette vérité, il les a recueillies, sous la forme la plus âpre et non sans exagération, dans un langage populaire et saisissant, et les a lancées dans le monde sans aucune réfutation.

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quels il avait communiqué les épreuves, la déconseillaient. // A Orléans même, on désapprouva la démarche projetée. De Broglie et Cocliin s'opposèrent de loin à la publication. Henri de Riancey écrivit une lettre émue, demandant au prélat de garder pour le concile les objections à la définition qu'il voulait rendre publiques. D'autres, au contraire, conseillaient d'aller de l'avant et de mettre un terme aux manifestations extra-conciliaires d'une presse passionnée (i). Ce conseil répondait aux désirs de Mgr Dupanloup. Comment le remuant évéque d'Orléans, qui en toute question touchant tant soit peu à ses fonctions personnelles, élevait hautement la voix, pouvait-il se taire, dans une question qui agitait l'Eglise entière? En face des efforts d'un certain nombre de catholiques pour attirer sur la doctrine de l'infaillibilité, l'attention du concile qui se réunissait, il avait déjà trop contenu son mécontentement; il était urgent de soutenir le parti contraire par l'exposé des raisons contre la définition et par l'autorité de son propre nom.

La lettre épiscopale parut donc (2), d'abord dans le Français du 17 novembre, alors que les prêtres du diocèse d'Orléans, à qui elle était destinée, ne l'avaient pas encore. Les épreuves furent aussi communiquées à la Gazette de France, organe du vieux gallicanisme, à la France, organe du gallicanisme césarien et à plusieurs feuilles de province hostiles à la définition, comme I'Union de l'Ouest (3).

« Cette lettre, fort animée, dit Louis Veuillot lors de son apparition (4)t est un véritable événement. Par le fait, que ce soit ou non la volonté du prélat, elle donne une tête épiscopale régulière et officielle à cette prise d'armes, où l'on ne voyait jusqu'ici que des écrivains de qualités diverses ;

(i) Lagraxge, loc. cit., III, 144. — Pelletier, loc. cit., p. 89. — Maynard, ioc. cit., p. 203.

(2) Voir le titre de la lettre, supra p. 338, note 1.

(3) Maynard, loc. cit.

. (4) Umyers, 18 novembre. — Ceccom, loc. cil. Doc. CCLXIV.— Cf. C. V. 1282 cl.

car Mgr Maret lui-même, évêque in partibus, avant le concile et en dehors du concile, s'adressant à tout le inonde, n'a, sauf sa science et ses vertus, que la faible autorité de tout le monde. Bien autre est la condition où se place l'évêque d'Orléans parlant dans sa charge de pasteur. Voilà l'événement; il est considérable. » //.

Tous les journaux s'occupèrent naturellement de l'affaire et chacun exprima son jugement selon ses tendances. Les feuilles libérales saluèrent la lettre de leurs acclamations. « Le grand événement de ces derniers jours, pour les lecteurs et les abonnés du Correspondant, écrit cette revue le 25 novembre (i), c'est lapublication des deux lettres de Mgr l'évêque d'Orléans, à l'occasion du futur concile, l'une adressée aux fidèles et l'autre au clergé de son diocèse. Xous ne sommes que l'écho de la voix publique en affirmant que jamais la grande âme et la puissante intelligence du célèbre évêque, jamais la variété et la richesse des dons dont le Ciel l'a doué, jamais sa piété, son dévouement à l'Eglise et au Saint-Père n'ont été plus visibles que dans ces deux écrits, qui l'un et l'autre sont des actes. » Puis, le journal fait, en des termes exaltés, un court éloge du premier écrit. Il parle plus à fond du second et exprime la satisfaction qu'il éprouve, de voir l'opinion qu'il a lui-même constamment défendue dans cette controverse, trouver dans cet écrit un si puissant défenseur. Le jour même (2) de ce débordement de joie, la Revue du Monde Catholique, lui oppose un article sur l'évêque d'Orléans qu'elle caractérise en ces termes : « Le dernier manifeste de l'évêque d'Orléans... est évidemment un projectile d combat. Ce n'est point un mandement; ce n'est pas la lumière épiscopale, calme et pure, faisant descendre de la chaire sur le troupeau docile les rayons de la vérité. S'il y a quelque éclat, c'est celui de la poudre. Un certain souffle belliqueux

(1) Cecconi, loc. cit. Doc. CCLXXXIV. — Cf. C. V. 1285 dsq.

(2) P. 465 ss.

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court à travers ces pages. On sent les lignes où la plume a tremblé sous une ardeur fébrile, et où le polémiste, oubliant la sérénité épiscopale, s'impatiente et perce d'un trait acéré les adversaires dont l'image se dresse devant sa pensée. Encore bien que l'auteur traite le journalisme avec dédain, il n'a pas dédaigné de s'en servir. Des journaux ont été les premiers confidents de sa pensée; une plume de journaliste qui est toujours sur sa table et avec laquelle il a, plus d'une fois, porté de rudes coups aux adversaires de l'Eglise, s'est trouvée sous sa main, // et c'est contre des catholiques qu'il s'en est servi. »

L'écrit n'atteignit point le but que les paroles de l'auteur lui assignaient, il n'apaisa point les passions et n'éteignit point la lutte, il fortifia l'agitation. Jusqu'alors la discussion, comme dit Ollivier (i), s'était plus ou moins restreinte aux cercles théologiques ou particulièrement religieux, maintenant « elle s'ouvre sur la place publique; chacun s'en mêle, et les dames à la mode commencent à en raisonner pendant les entr'actes de l'opéra! Toute discussion de place publique est de sa nature intempérante; celle-ci le devient. Une tourbe de brochuriers et d'infimes écrivains se mettent à débiter en monnaie d'injures les arguments des maîtres et y joignent leurs conceptions déréglées. »

Les évoques ajournèrent pour la plupart l'expression de leurs vues jusqu'au moment du concile; un petit nombre seulement parla. Mgr AVicart, de Laval, publia dans la Semaine Religieuse de son diocèse une lettre (2) pour exprimer ses regrets de l'apparition de la brochure de Mgr Dupanloup. De leur côté, Mgr Meignan, de Chalons (3), et Mgr Place, de Marseille (4), se déclarèrent au contraire d'accord avec l'évêque d'Orléans. MgrMabile, évêque de Versailles, adressa de Rome

(1) Loc. cit. p. 448 ss.

(2) Cecconi, loc. cit. Doc. CCLXV. — Cf. C.V., 1283a.

(3) C. F.,1283asqq.— Gecconi, loc. cil. Doc. GGLXVI.

(4) Cecconi, loc. cit. Doc. CCLXXII. — Cf. C. V. 1284 c.

à son clergé (i) une lettre où il révèle la cause profonde du mouvement contre la primauté du siège de Rome et réfute brièvement, sans nommer l'auteur, l'écrit de Mgr Dupanloup. Combien d'évêques français se rangèrent d'un côté ou de l'autre dans la controverse, on ne s'en rendit bien compte qu'au concile. La grande majorité d'entre eux, presque les deux tiers, était pour la définition de l'infaillibilité pontificale. Une minorité, la plupart pour des raisons d'opportunité seulement, combattait la définition.

Parmi les divers écrits parus alors pour et contre la lettre de Mgr Dupanloup à son clergé, la brochure de Mgr Xardi (2) // mérite une mention particulière parce qu'elle fournit les premières preuves sérieuses de la parenté entre l'écrit de Mgr Dupanloup et la brochure citée (3) plus haut qui, sans nom d'auteur ni lieu d'impression, fut remise aux évêques allemands rassemblés à Fulda. Xardi montre par une comparaison précise et la mise en regard de nombreux passages, que les deux écrits sont identiques sur les points essentiels et doctrinaux. Voici quelques exemples de ces phrases parallèles :

Il s'agirait donc d'obliger dé- Es handelt sich also rhu-um,

sonnais tous les catholiques à aile Katholikenbei Strafe des Ana-

(1) i'ecconi^oc. cit. Doc. CCLXXXVIII. — Ct. G. V. 128Gb.

(2) SuW ultima Lettera di Msr Vescovo d'Orléans Osservazioni di .!/"• Franc. Xardi, Uditore di Sacra Rota. La brochure parut d'abord dans I'Osservatore Cattolii» m Mela.no, en décembre; elle est en entier reproduite dans Cecconi, Ioc. cit Doc. (1CLXXIX.— Ct. G. V. 1-285 b.— Déjà auparavant I'Uxivers du 24 novembre avait fait remarquer l'identité des deux écrits La Rédaction avait reçu d'u: évêque américain se rendant de Paris à Rome un exemplaire anglais de la br« (hure de Fulda. En voici le titre : Mémorandum addressed to the bishops of Germany, respeclfully offered in translation to the bishops of the uniled Kingdom audits colonies and to the bishops of the United States. Le nonce de Munich, lui aussi, dans une lettre au cardinal Secrétaire d'État, du 30 novembre, dit que l'on t'ait une conjecture d'après laquelle l'écrit adressé aux évêques à Fulda aurait le même auteur que les Observations .

(3) Einige Bèmerkungen iiber die Frage : Ist es &eitgemàss,die Unfehlbarkeit des Papstes zu definieren ? Den hochwùrdigsten Erzbischôfen und Bischbfen ehrfurchlsvoll geividmel. Cf. supra p. 2(59.

LA BROCHURE DE Mgr NARDI

croire, sous peine d'anathème, que le Pape est infaillible, même quand il prononce seul... et qu'il peut définir les dogmes seul, sans aucun concours exprès ou tacite, antécédent ou subséquent des évèques.

thems zum Glauben zu nôtigen, dass der Papst unfehlbar ist, selbst wenn er allein sich aussprîcht, und dass er allein, ohne Beistimmung der Kirehe, ohne den ausdriïcklichen oder stillschweigenden, voransgegangenen oder nachfol genden Beitritt der Bischôfe, die Dogmen feststellen kann.

Or, ce n'est pas là, on le voit, Es handelt sich also nieht uni

un dogme spéculatif : c'est une ein sj>ekulatives Dogma, sondent prérogative qui aurait dans la uni ein hôehst bedeutendes Forréalité pratique, les plus sérieu- redit, das in der praktischen Wirses conséquences. kliehkeit sehr ernste Konsequenzen

haben kann.

Il y a 70 millions de chrétiens orientaux séparés... Eh bien, qu'est-ce qui sépare de nous les Orientaux ? // La suprématie du pape. Ils ne veulent pas la reconnaître comme de droit divin.

C'est le point sur lequel on n'a jamais pu, ni après Lyon, ni après Florence, les décider sérieusement, efficacement et amener un retour durable.

Wir stossen zunachst auf die Schismatiker des Orients. Sie sind von uns getrennt, wohl -o Millionen an der Zabi. Man will sie der Kirehe niihern, wieder mit ihr vereinigen. Was trennt sie von uns? Der Vorrang des Papstes in der' kirehlichen Iurisdiktion. Dariiber hat man sich nie, weder in Lyon noch in Florenz, mit ihnen verstandiçen kônnen. . .

Et voilà qu'à cette difficulté insurmontable jusqu'à ce jour, qui les tient depuis neuf siècles séparés de l'Église et de nous, on voudrait ajouter une difficulté nouvelle et beaucoup plus grande, élever entre eux et nous une barrière qui n'a jamais existé, en un mot leur imposer un dogme dont on ne leur parla jamais, les

Eben jener bisher unubersteiglichen Schwierigkeit, welche die Orientalen seit neun Iahrhunderten von der Kirehe trennt, will man nun eine neue, noch weit grôssere Schwierigkeit beifiïgen, eineSchranke zwischen ihnen und uns aufwerfen, die bisher nicht bestanden batte, mit einem Morte, ihnen ein neues Dogma, von wel-

menaçant, s'il ne l'acceptent pas, chem man ihnen nie gesprochen d'nn nouvel anathème. hat, auferleg-en, und weiin sie es

verwerfen, sie mit einem neuen Anathem bedrohen.

Xardi remplit plusieurs pages d'exemples analogues. Son jugement d'ensemble est ainsi formulé : « Cet écrit (l'allemand) est dans le sens littéral la partie essentielle, doctrinale de la lettre de l'évêque d'Orléans. Cependant, la lettre française est plus étendue parce que s'y trouvent ajoutées les violentes invectives contre I'Univers, la Civjlta et M. Ward, comme aussi l'essai de réfutation des magnifiques lettres de Mgrs les archevêques Dechamps et Manning, et de plus, au premier rang de toutes ces additions, la conclusion sur les services que la France, pendant ces cent dernières années, a rendus au Saint-Siège et à l'Eglise et le droit qui en résulte pour elle de faire entendre sa voix au concile. »

L'identité des deux écrits n'est pas douteuse. L'on peut seulement se demander si le français est une traduction et une amplification de l'allemand ou celui-ci un extrait de celui-là. Le premier ayant paru bien plus tard que le second, Nardi se décide pour la priorité de l'allemand et fixe Munich pour son lieu d'origine. Si la supposition est fondée, l'on s'explique pourquoi cet écrit remis secrètement aux évoques à Fulda, fut traduit en anglais, en espagnol et en italien, et remis aux évêques d'Angleterre, d'Espagne et d'Italie, des missions anglaises et de l'Amérique du Xord, // mais ne fut pas traduit en français ni remis aux évêques de France. La refonte de cette pièce en français était prévue pour plus tard. La tâche de procurer aux évêques français une édition française fut confiée à Mgr Dupanloup dans la conférence de Herrnscheim. Pourtant, l'on peut supposer aussi que Mgr Dupanloup lui-même a offert aux évêques de Fulda un extrait allemand de la brochure française qu'il avait déjà écrite. Dans ces deux cas, il reste établi qu'un évêque fran-

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