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LA POLEMIQUE EX ANGLETERRE

Les protestants eux-mêmes intervinrent dans les discussions au sujet du concile. La lettre ouverte (i) d'un converti, Edmond S. Fi'oulkes à Mgr Manning, en 1868, fit grande sensation parmi eux. On voit à l'évidence dans cette lettre qu'il avait intérieurement rompu avec le catholicisme. Sa sortie de l'Eglise et son retour à l'Anglicanisme // n'eurent lieu que le 5 juin 1870, quand on publia le schéma sur l'Eglise le pape, dont s'occupait le concile (2).

Une preuve de l'activité du parti catholique libéral et de ses relations avec Doellinger, c'est l'apparition extraordinairement prompte de la traduction anglaise de l'ouvrage de Janus. La traduction parut presque en même temps que l'original. D'innombrables articles favorables ou contraires furent publiés à cette occasion dans les journaux et les revues. L'oratorien Keogh lança contre Jaxus une brochure spéciale (3).

Nul n'avait de doute sur la position prise par l'archevêque de Westminster. Mgr Manning, dans les controverses soulevées, était un adversaire décidé du mouvement libéral. On répétait sans cesse dans les journaux l'affirmation qu'il

thathe was condemned for neglect» (p. 11). « Nothing can be more giossly itntrue» than the assertion, thaï Honorius iras misledby Sergius » (p. 14). « This very mon» the Abbot John, secretary to tivo Popes, to ivhose great virtue S. Maximus gave testi mony, gave « a lying account» of the controversy, being an interested and inendacwus wilness » (p. 15-16). « Stupid bigotry alone » can urge a certain plea for Honorius^. 18) « It is a mockery» to say, what ail Lllramontaines say, lhat Honorius Letter to Sergius was nol ex cathe Ira (p. 21). Under F. Perronéi « conlemptible quibbling we hâve the assertion of an untruth » (p, 24 note). « It is impossible « to speak wilhout conlempt » of a certain «assertion» which lias repeatedly been mode by great writers (p. 32). .)/*• Veuillot is « a fiery, ignorant and unscrupulous couvert» (p. 30). «Of ail the early testimonies » concerning Liberius's allégea" fall, which may récent Uttramontaines hâve rejecled, there is « only one, aboul which an « honest » doubt can be undertained » (p. 44). TheBollandist dissertation on S. Liberiusis « one of the mosl mischievous productions ever written » (Ibid. note), as mischievous,ive suppose, as Renan's Life of Christ, or as a French licentious novel.

(1) « The Church's Creed or the Crowns Creed? A Letter to the Most. Rev.Archbishop Manning ».By Edmund. S. Ffoulkes B. D. Twelt'th.Thousand. London, 1868.

(2) Cf. Daily News June Oth 1870.

(3) « A Few Spécimens of « Scientific History » from Janus. By Edward Stephen Keogh, Priestoi'the Oratory of St. Philip of Xeri. London. 1870.

prendrait l'initiative an concile et y proposerait la définition de la doctrine de l'infaillibilité pontificale.

Le Tablet put, le 6 novembre, démentir pour la troisième fois une si persistante invention, par une déclaration authentique en sens contraire (i). Quant à la doctrine elle-même, M-1' Manning l'exposait déjà en i865, comme le montrait à l'époque de l'agitation le journal Le Monde (2). A son retour du centenaire en 1867, il avait écrit sur le concile en général une lettre pastorale (3). Quand les querelles sur la doctrine de l'infaillibilité pontificale eurent éclaté, il sentit le devoir de consacrer une nouvelle lettre pastorale (3 octobre 1869) (4) uniquement à cette question.

Dans cet écrit l'archevêque groupe distinctement en face les unes des autres, les raisons pour et contre la définition. Il met une précision particulière à suivre l'enseignement de l'infaillibilité pontificale à travers la tradition ecclésiastique où il serre de près le gallicanisme. Un post-scriptum est consacré, comme il a déjà été remarqué (5), // à la réfutation de l'ouvrage récent de M-1' Maret, qui ne lui était arrivé qu'après l'achèvement de sa lettre pastorale. Cette addition donna naissance à une petite escarmouche entre Mgr Manning et Mgr Dupanloup.

Dans sa lettre au clergé, du 11 novembre, Mffr Dupanloup blâme en effet, le vœu exprimé par quelques-uns que la doctrine de l'infaillibilité pontificale fût définie, et il expose ainsi leur désir. « Il s'agirait donc d'obliger désormais tous les catholiques à croire, sous peine d'anathème, que le pape est infaillible, même — je me sers des propres expressions de M~r l'Archevêque de Westminster — quand il prononce seul

fi) Cecconi, loc. cit. Doc. CCLX. — Cfr. G. V. 128ib.

(2) Novembre 1869. —Voir Cecconi, loc. cit. Doc. CCLXIX. — Cfr. C. V. 1284a.

(3) The Centenary of St-Peter and the gênerai Council. — London, 1867.

(4) The oecumenical Council and the Infallibility ofthe Roman Pontiff.— Traduction italienne dans Cecconi. loc. cit. Doc. CCXXXIII.

(5) Page 310.

Mgr MANNIXG ET Usr DUPANLOLP 359

en dehors du corps épiscopal, réuni ou dispersé ; et qu'il peut définir les dogmes seul, séparément, et indépendamment de VEpiscopat « sans aucun concours exprès ou tacite, antécédent ou subséquent des Evêques ». Cet exposé de la doctrine de l'infaillibilité prêtait facilement au malentendu. M-1 Planning la repousse déclarant qu'on la lui attribuait à tort. Dans une lettre à Mgr Dupanloup (i), il lui demanda comme un acte de justice le retrait public de la citation : « Votre Grandeur a cité comme étant des expressions du post-scriptum de ma lettre pastorale et répété trois ou quatre fois avec des guillemets et en lettres majuscules, les paroles suivantes : « séparément et indépendamment de l'épiscopat ». Le mot « indépendamment » se trouve très exactement dans mon texte ; le mot « séparément » ne se trouve nulle part. L'ensemble de votre phrase n'existe pas dans le post-scriptum: cette proposition n'est jamais sortie de ma plume. Votre commentaire dénature entièrement ma thèse. Il s'agit exclusivement de l'acte pontifical d'un jugement ex cathedra dans un sens qui exclut la thèse de Mgr Maret, et non pas, en général, de l'union perpétuelle et indissoluble du chef de l'Eglise avec le corps épiscopal. Mgr Maret soutient que le souverain pontife parlant e.v cathedra, n'est pas infaillible, sinon avec le concours ou la consultation de l'épiscopat. J'ai formulé la thèse contradictoire, et j'affirme que le pontife parlant e.v cathedra est infaillible apart from, c'est-àdire sans le concours ou la consultation de l'épiscopat. // Les expressions de Votre Grandeur « en dehors et séparément » emportent l'idée de scission ou d'opposition, et dénaturent tout à fait le sens évident de ma thèse. »

Les termes employés par Algr Manning ont, en effet, le sens qu'il leur attribue ici, et en ce sens ils expriment exactement le dogme. La traduction française pouvait donner

(1) 25 novembre. Cecconi, loc. cit. Doc. GCLXXIV. — Gfr. C. V. 1284 c. sq.

lieu à ce malentendu que la doctrine de l'infaillibilité pontificale séparait le pape des évêques, la tête du corps,. Il est vrai, le pape agit seul dans une définition ex cathedra et sans la coopération des évêques (apart from), mais il n'est pas pour cela séparé d'eux.

M*-'1' Dupanloup répondit (i) qu'il était injuste d'attribuer à l'archevêque l'idée d'opposer le Saint-Siège aux évêques, l'idée de séparer la papauté de l'épiscopat; il se hâtera de l'expliquer publiquement, selon le désir de Mgr Manning. Lui-même ne lui avait point attribué une pareille idée, il n'avait fait que citer ses paroles. Si la traduction était inexacte, le blâme en retombait non pas sur lui, mais sur les amis de M6* Manning, car il s'était servi de la traduction de 1' Univers à qui l'archevêque avait envoyé son post-scriptum. D'ailleurs, au témoignage d'Anglais, de professeurs de langue anglaise et d'un écrivain anglais qu'il avait interrogés, la traduction de I'Univers était bonne.

M.8* Manning se déclara satisfait de la réponse de Msr Dupanloup et de son explication d'après laquelle il ne lui attribuait point l'idée d'une séparation ou d'une opposition entre le pape et l'épiscopat. Il ajouta pourtant que la traduction était inexacte et que la phrase citée par Mgr Dupanloup ne se trouvait pas dans son post-scriptum (2). La discussion fut

ainsi terminée.

fin

ipe a

(1) 15 décembre. — Ceccoxi, loc. cit. Doc. GGLXXV. — Cfr. C. V 1284 d.

(2) 20 décembre. — Cecconi, loc. cit. Doc. CCLXXVI. — Cfr. C. V. 1284 d.

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