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CHAPITRE XII

Accueil fait par les églises Orientales non unies à l'invitation de prendre part au concile.

Xous avons raconté dans le premier livre (i) comment le pape invita au concile, par une lettre spéciale (2), les éveques des églises Orientales non unies. //

Le nombre total des chrétiens appartenant à ces églises s'élève environ à soixante-dix millions, qui, sous les noms de Coptes, Jacobites, 'N'estoriens, Arméniens, Grecs et Russes, sont dispersés en Egypte, en Palestine, en Syrie, en Grèce, en Turquie, en Perse et en Russie. Ces communautés, plus ou moins grandes, qui se sont, à différentes époques, séparées de l'église catholique, continuent à vivre indépendantes les unes des autres. Elles s'accordent en ce point, qu'elles nient la primauté de l'évêque de Rome. Quant aux autres doctrines de l'Eglise catholique, elles les ont conservées, à l'exception d'un petit nombre, sur lesquelles elles ne sont pas non plus d'accord entre elles. Elles ont gardé la hiérarchie ecclésiastique et il n'est pas douteux que leurs évêques et leurs prêtres soient validement ordonnés. C'est pour ce motif que les Orientaux furent invités au concile, tandis que les protestants, qui n'ont point d'évêques, ne recevaient aucune invitation.

De temps immémorial, les diverses nations de l'Orient

(1) P. 161 et suiv.

(2) Arcano divinse Providentise .

célèbrent la Sainte Messe dans les anciennes langues et avec des rites particuliers. L'Eglise ne fait pas de l'abandon de ces rites, que leur antiquité rend vénérables et légitimes, ou de l'adoption du rite romain, une condition de la réunion. Tous ces rites se trouvent aussi dans les églises qui sont unies avec l'Eglise romaine. Tout comme ces dernières, les non-unis, s'ils rentraient dans l'unité de l'ancienne Eglise, garderaient leurs rites traditionnels (i). C'est ce qu'il est essentiel de faire remarquer, car les ennemis de la réunion ne cessent d'agiter aux yeux des Orientaux le spectre de la latinisation, comme si Rome voulait leur arracher cet héritage de leurs pères, ces rites antiques, auxquels toute leur âme est attachée.

// A Rome on ne se laissait pas aller à des espérances exagérées pour le succès de l'invitation des Orientaux au concile. Le patriarche de Jérusalem, Msr Joseph Valerga, provicaire apostolique d'Alep et prodélégat de Syrie, avait été prié par le cardinal-préfet de la Propagande, de se renseigner, au cours d'un voyage de Constantinople à Jérusalem, sur les dispositions de l'épiscopat schismatique à l'égard du concile (2). Dans sa réponse (3), il se montrait tout disposé à remplir cette mission, mais ajoutait que sa connaissance de l'Orient ne lui laissait que peu d'espoir de voir les évèques

(t) Ces rites sont au nombre de six : le rite grec se trouve en Grèce, en Turquie,dans les îles Ioniennes etl'Archipel.et aussi (quoiqu'en différentes langues) chez les Bulgares, les Serbes, les Valaques, les Monténégrins, les Géorgiens et les Russes ; — le rite arménien est propre au peuple arménien qui est répandu en Russie, en Turquie, en Perse, en Galicie, à Venise et dans d'autres pays. Le rite chaldéen est en usage chez les Xestoriens de la Turquie, de la Perse et de Malabar et chez les Ghaldéens unis. Le rite syrien est celui des Jacobih-s de Syrie et de Mésopotamie. Le rite copte et le rite abyssin sont en usage en Egypte et en Abyssinie. Voir Lamy : les Orientaux et le Concile œcuménique, dans la Revue Catholique (Louvain), nouvelle série, tome I (1869), p. 152 et suiv. Dans ce volume et dans le suivant de la même revue on trouvera une exposition de l'origine, du développement et de l'histoire des églises séparées d'Orient, ainsi que des difficultés qui s'opposent à la réunion.

(2) C. V. 1110 a sq. — Cecconi, loc. cit. Doc. LXXII1.

(3) C. V. 1110 b sqq. — Cecconi, loc. cit. Doc. LXXIV. — Cfr. plus haut, p. 162.

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