LA LETTRE D INVITATION AUX ORIENTAUX
scliismatiques donner suite à rinvitationxiontificale.il rappelait l'accueil défavorable fait à l'encyclique que le Saint-Père, au début de son pontificat, avait adressé aux Orientaux, les rapports des églises non unies avec la Russie, les dispositions du peuple, très peu préparé, particulièrement dans la Turquie d'Europe, à un rapprochement. Naturellement, l'improbabilité du succès ne saurait détourner le Saint-Siège de renouveler sans cesse aux chrétiens séparés ses invitations à revenir à l'unité, et les Orientaux eux-mêmes, dit M81" Valerga dans la même lettre, ne manqueraient pas de blâmer le Souverain Pontife, si celui-ci avait négligé de les inviter au concile.
La lettre pontificale d'invitation fut envoyée aux délégués, vicaires et préfets apostoliques de l'Orient, en un grand nombre d'exemplaires, pour être remis à chacun des prélats scliismatiques, qui résidaient dans leurs districts. Le cardinal préfet de la Propagande, en leur transmettant ces j)ièces, les priait, dans une lettre du 28 septembre 1868, (1) annexée à l'envoi, de le renseigner sur l'exécution de ses ordres ; il désirait qu'on lui fit savoir le nom, le titre et la résidence de tous ceux à qui les lettres apostoliques auraient été remises ; on devait aussi lui rendre compte de la manière dont les prélats les auraient reçues et surtout, des dispositions qu'ils laisseraient paraître. Malheureusement, la lettre pontificale d'invitation parut dès le 22 septembre dans le Giornale di Roma, ce qui, non seulement provoqua dans la presse une fâcheuse polémique, mais rendit très difficile la présentation de la lettre, à tel point que plusieurs prélats se dirent obligés, par ce seul motif, de ne pas l'accepter. //
La présentation de la lettre au patriarche grec de Constantinople et au patriarche arménien résidant dans cette ville fut faite, en l'absence du délégué apostolique, M-1' Brunoni,
(1) C. V. 1111 b.s.q. — Gbgcom, loc. cit. Doc LXXV.
par son vicaire général, l'abbé Testa, qui, dans une lettr au cardinal préfet, fait un récit détaillé de ces deux entre vues (i).
Le i5 octobre il fit prier les deux patriarches, par Tinter médiaire de deux prêtres, de lui fixer un jour et une heure pour sa visite. Tous deux choisirent la matinée du 17, de 9 heures à 11 heures. Le moment venu, l'abbé Testa, accompagné de trois prêtres, se rendit d'abord chez le patriarche grec. Ils furent courtoisement reçus par le protosyncelle (vicaire général), qui les mena dans ses appartements : là s trouvaient le métropolite d'Ephèse et un dignitaire de l'église de Chalcédoine. Après les salutations d'usage, ils furent introduits auprès du patriarche. Celui-ci se leva pour les recevoir et l'abbé Testa, après les compliments d'usage, lui présenta les lettres apostoliques; en même temps, comme il savait la langue grecque, il dit en peu de mots leur contenu, et expliqua comment, en l'absence du délégué apostolique, i avait lui-même l'honneur dé remettre ces lettres au patriarche. Celui-ci, sans lever les yeux, lui fit signe de la main de déposer la lettre sur le divan : mauvais augure pour le succès de l'entrevue. L'abbé Testa déposa tranquillement la lettre et s'assit. Alors le patriarche toujours sans lever les yeux, prononça quelques paroles, qui paraissaient préparées d'avance : le protosyncelle les traduisait en français avec des développements. Voici à peu près comment il s'exprima :
« Si nous ne connaissions pas déjà par les feuilles publiques le contenu de ces lettres, nous les aurions peut-être acceptées, dans l'ignorance des principes qui y sont émis. Mais comme nous savons par les journaux que le pape n'entend se départir en rien des principes de son encyclique de 1848, à laquelle nous avons répondu, nous ne j>ouvons les accepter.
(1) C. V. 1111 d sqq. — Ceocoxi, loc. cit. Doc. LXXVII. — Cfr. Civilta cattoi.u:a, sér. VII, vol. 5, p. 331 et suiv.
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