‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 131 sur 213 · L ATTITUDE DU PATRIARCHE GREC DE COXSTAXTIXOPLE 3G · texte numérisé non relu

L ATTITUDE DU PATRIARCHE GREC DE COXSTAXTIXOPLE 3G

journal, n'ont été prononcées ni par le patriarche, ni par le protosyncelle. Par exemple, je n'hésite pas à affirmer qu'en ma présence on n'a pas parlé avec tant d'irrévérence du pape et de l'Eglise romaine. / Quoi qu'il en soit d'ailleurs, le récit peut être considéré comme l'expression des sentiments du patriarche ; le protosyncelle n'aurait pas eu l'audace de lui attribuer ses propres idées. Par l'ensemble de l'article, on voit clairement que l'auteur a puisé ses doctrines aux sources protestantes ; or, on sait que le protosyncelle actuel a fait ses études en Allemagne. »

La relation grecque attira l'attention générale à Constantinople et l'attitude du patriarche fut diversement jugée. Voici ce que raconte à ce sujet Mgr Hassoun, le patriarche arménien catholique, dans une lettre qu'il écrivait quelques jours après (27 octobre) au préfet de la Propagande : « Les journaux où le récit était publié furent vendus, le soir même (23 octobre), et mis en circulation dans tous les lieux de rendez-vous de la bonne société, particulièrement sur le Grand Cours et sur les bateaux à vapeur fort nombreux qui font le service du Bosphore. Les banquiers et les négociants grecs, qui sont ici les hommes les plus importants, lisaient et commentaient avec ardeur ces journaux. J'en fus moimême témoin à bord d'un bateau à vapeur où se trouvaient un bon nombre de notabilités grecques. Après avoir lu l'article, ils se divisèrent en deux camps :les uns prétendaient que leur patriarche avait très bien fait de repousser une lettre conçue en termes outrageants pour leur Eglise et pour leur nation — les journaux non catholiques cherchaient, en effet, à altérer les expressions de la lettre pontificale — ; les autres estimaient que la conduite de leur patriarche avait été incivile, et ils la condamnaient. Comme ils ne se doutaient

(1) Ceccoxi, sez II, p. 47, note 1 .

pas que je comprisse le grec, ils s'exprimaient librement et sans réserve. »

Le jour choisi par le patriarche grec pour son audience avait été aussi choisi, nous l'avons vu, par le patriarche arménien. Chez celui-ci, l'abbé Testa et ses compagnons trouvèrent un accueil plus bienveillant. Reçus à la porte de la résidence patriarcale par deux dignitaires, ils furent aussi tôt introduits dans la salle d'audience, où le patriarche les attendait. Celui-ci reçut la lettre avec tout le respect convenable, et, après s'être entretenu quelque temps de la nécessité de l'union pour combattre les ennemis de l'Eglise, il insista sur le peu d'importance des points qui séparent les deux églises;// puis, s'adressant à M. Testa, il lui demanda s'il était chargé de transmettre la même lettre au catholicos d'Etchmiadzin. — Non, répondit l'abbé Testa, Etchmiadzin se trouve en dehors des limites de la délégation apostolique de Constantinople. — En tout cas, reprit le patriarche, il est de mon devoir de faire connaître au catholicos la démarche que vous venez de faire auprès de moi. De même, avant de vous donner une réponse définitive, je dois en conférer avec les évêques mes collègues... L'abbé Testa lui dit qu'il était chargé de remettre un exemplaire des lettres apostoliques à chacun des évêques arméniens de la délégation de Constantinople et il le pria de lui en procurer la liste avec leurs adresses. Le patriarche, après un instant de silence, reprit : « Avez- vous remis ces lettres au patriarche grec ? Que vous a-t-il répondu ?...» L'abbé Testa ne voulait pas parler du mauvais accueil qu'il avait reçu ; il se contenta de dire que le patriarche avait trouvé bien difficile de troubler la paix et i de reprendre les discussions après tant de siècles de séparation ; il eut soin de ne pas prononcer le mot de refus. Le patriarche arménien changea légèrement de couleur et devint pensif : peut-être cherchait-il un moyen de se débarrasser de la lettre. « Mais, dit-il enfin, cette lettre ne porte j)as mon

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