REPONSE DES PATRIARCHES ORIENTAUX
Le vicaire apostolique crut devoir conclure de la présence des trois évêques et d'un laïc grec instruit, qui parlait fort bien le français, que les Grecs avaient l'intention d'entamer une controverse sur quelques points de doctrine. Il y coupa court en déclarant que le but de sa visite était uniquement de présenter les lettres apostoliques et non de discuter. M>T Xilo maintint fortement ce qu'il avait d'abord déclaré, qu'une entente eût été possible si l'on s'y était pris autrement pour l'invitation. Msr Ciurcia répondit : « Espérons que le Saint-Esprit nous éclairera tous et que l'élévation de Votre Grandeur sur le trône patriarcal d'Alexandrie sera comme le «•âge de l'union tant désirée, o
Durant l'entretien, on était venu à parler de la primauté de l'evèque de Rome. Les Grecs lui accordaient une primauté d'honneur, mais non de juridiction. Mgr Ciurcia leur fit observer que l'Eglise, pour être une, ne devait avoir qu'un seul chef. Mais il évita autant que possible la discussion, afin de ne pas donner lieu à des publications désagréables dans les journaux. L'entretien resta tout le temps aimable, mais peu animé (i). MK1 Xilo rendit la visite et répéta ce qu'il avait déjà dit.
A peine MKl Ciurcia avait-il quitté Alexandrie que le journal grec l'Ecno du 9 mars 1869 publia, comme « provenant du palais patriarcal », un compte rendu fort inexact de sa visite à Msr Xilo (2). L'entretien y était reproduit de manière à donner aux Grecs une sorte de victoire sur les Latins. M-1 Ciurcia, qui reçut l'article au Caire, s'adressa aussitôt à M"'' Xilo pour s'en plaindre : il déclarait à plusieurs reprises qu'il ne pouvait et ne voulait pas attribuer l'article au prélat et exigeait un désaveu complet et sincère; dans le eas contraire, il se verrait obligé de prendre une mesure peu
(1) Cecconi, loc. cit., Doc. CXI, p. 84. (2).Ceccon-i, loc. cil. Doc. CX1I. CI. G. Y Ail
favorable au but si désiré de l'union (i). A ce qu'il semble, il n'y eut pas de rectification.
Dans le territoire de la délégation de M-1 Ciurcia habitaient, outre les Grecs, les Coptes schismatiques. C'était donc encore à lui que revenait la tâche de transmettre à ceux-ci la lettre pontificale.
Les Coptes d'Egypte, de Xubie et d'Abyssinie sont monophysites comme les Jacobites de Syrie, de Mésopotamie et des provinces environnantes. Leur chef suprême porte le titre d patriarche d'Alexandrie et prend la qualité de successeur de Tévangéliste saint Marc. Il réside au Caire. Au-dessous de lui sont quatorze évèques, neuf dans la Haute Egypte, deux dans la Basse Egypte, un au Soudan, un en Abyssinie et un au Caire (2). Sur la remise de la lettre pontificale et l'accueil que lui firent les évoques coptes, nous avons un rapport officiel de M61" Ciurcia au cardinal préfet de la Propagande (3). Ce prélat chargea le vicaire apostolique des Coptes catholiques d'inviter les évèques schismatiques de la Haute Egypte; pour la Basse-Egypte, il délégua les missionnaires présents sur les lieux. Quant au patriarche, résidant au Caire, il se chargea de lui présenter lui-même la lettre pontificale.
Le patriarche avait fixé pour cette audience la matinée du 8 janvier, la troisième fête de Noël pour les Coptes. M81 Ciurcia se rendit à l'heure marquée à la résidence patriarcale, accompagné d'un prêtre copte catholique Antoine Kabis et du P. Xetherda, missionnaire. Le patriarche était absent, mais il avait fait prier de l'attendre. Bientôt se présenta l'évèque copte du Caire. La conversation tomba sur le concile, et bientôt sur les frais du voyage. Mgr Ciurcia fit remarquer que les évèques riches voyageraient à leurs frais,
(1) Cecconi, loc. cit. Doc. CXIV. Cf. 6'. V. 1123 b.
(2) Revue catholique (Louvain), 18(39, I, p. 5*it: et suiv. — Cecconi, loc. cit. ])..,-. CX. - Cf. 6'. V. 1123 a.
3 Ceci >\i, loc. cit.