ATTITUDE DES PROTESTANTS D ANGLETERRE
laquelle il niait la primauté de l'évèque de Rome et renouvelait les erreurs de l'anglicanisme (i).
Le D1 Cumming, pasteur de l'église presbytérienne d'Ecosse exprime bien, lui aussi, le désir de paraître au concile; mais ce souhait ne peut que difficilement être pris pour un témoignage favorable à la lettre pontificale. Dans une lettre à Pie IX il demande si les protestants auront, au Concile, la liberté de la parole et la permission d'exposer pour quels motifs ils sont séparés de l'Eglise romaine. L'archevêque Manning de Westminster, à qui, dans plusieurs lettres, il avait posé la même question, lui avait répondu que seule l'autorité souveraine dans l'Eglise pouvait le renseigner là dessus (2). La lettre, semble-t-il, ne parvint pas au pape qui en fut informé seulement par les journaux. Il écrivit donc à l'archevêque de Westminster que des erreurs condamnées une fois par l'autorité souveraine et infaillible, ne pouvaient pas être l'objet d'une nouvelle discussion (3) Plusieurs protestants semblèrent en conclure qu'ils n'auraient au Concile absolument aucune occasion d'exposer leurs doctrines et leurs vues. Le pape écrivit donc une seconde lettre à M81- Manning; il y proclama son désir de voir les protestants rentrer dans le sein de l'Eglise catholique, et affirma son dessein de leur offrir des facilités exceptionnelles pour exposer leur doctrine et leurs raisons ; sans doute, ils ne pourraient le faire dans les séances même du concile, mais ils trouveraient à Rome, des théologiens compétents, choisis par lui-même, à qui ils pourraient développer leurs vues et leurs raisons, et qui les examineraient et discuteraient à fond. A la fin, le pape exprimait le désir que beaucoup de protestants vinssent au concile dans ce but (4). D'après une
(1) Cf. Cecconi, loc. cit. p. 293\
(2)6'. V. 1114b. sq. — Cecconi, loc. cit., Sez. IJ, Doc, CXN.XI
(3) C. V. 1144 d. sqq. — Cecconi, loc. cit. Doc. CXXXII.
(4) C. V. 1145 d. sqq. - Cecconi, loc. cit. Doc. CXXXIII.
remarque faite par le Dr Cumming à une réunion tenue à Leeds, ce n'était nullement pour travailler à l'union avec Rome qu'il désirait aller au concile : « Si je recevais une invitation (personnelle) au concile oecuménique//, aurait-il dit, je m'efforcerais de montrer aux prélats assemblés que l'unité de l'Eglise chrétienne, dans son acception la plus haute et la plus auguste, existe actuellement chez les chrétiens d'Angleterre et d'Ecosse. Je voudrais prouver que tandis que dans l'Eglise protestante il y a unité et non pas uniformité (uniformity), dans l'Eglise romaine il y a parfaite uniformité mais pas d'unité, et je soutiens que l'unité est la note la plus élevée, la plus noble, de l'Eglise protestante (i). » — Les sociétés religieuses fourmillant en Angleterre et en Ecosse, il serait difficile d'en déduire cette unité, qui dans la volonté du Christ doit être une note de son Eglise, et nous ne voyons pas que Cumming ait tenté de l'exposer à Rome durant le concile.
Parmi les témoignages de bienveillance à l'égard du concile, nous devons compter aussi un ouvrage d'Urquhart (2],et une lettre au pape de plusieurs protestants anglais (3).
Urquhart réclame dans son écrit la restauration du droit des gens. Seule l'Eglise catholique, dit-il, est à même de mener à bout cette tâche, et le concile doit proclamer le droit des gens. La lettre de plusieurs protestants contient une requête au pape, le priant de prendre en main la cause de <•<■ même droit à faire observer vis-à-vis des nations non encore civilisées.
Les dispositions d'une grande partie des unionistes se reflètent aussi très nettement dans une brochure de Gérard Cobb : « Quelques mots sur la réunion et sur le prochain
(1) Stimmen aus Maria-Laach. Neue Folge Het't V (1869), p. 176.
(2} Appel d'un prolestant au pape pour le rétablissement du droit des nations. Voir la lettre que l'auteur envoie au pape avec son ouvrage dans C. V. 1309 c. sq . — Cecconi, loc. cit. Doc. CCXCVIII.
(3) C. V. 1310 b. sq. — Cecconi, loc. cit. Doc. CGXCJX.