ATTITUDE DES PROTESTANTS D ANGLETERRE
concile à Rome » (i). Il essaie d'entraîner à la réunion avec Rome ceux de ses coreligionnaires qui laisseraient passer cette occasion. « Le temps favorable pour réaliser franchement la réunion avec Rome est arrivé; si nous laissons siéger ce concile, sans nous rapprocher aucunement de lui, nous aurons perdu une excellente occasion qui peut-être ne reviendra jamais, et cette négligence rendra bien plus difficile toute tentative ultérieure de réconciliation (2). » Cet ouvrage montre une volonté véritable et sérieuse de mettre fin à la séparation; il renferme pourtant quelques idées fausses, celle-ci par exemple, qui revient habituellement chez les protestants anglais : d'après eux, les particuliers ne doivent pas revenir isolément à l'Eglise-Mère, c'est la communauté entière qui doit opérer sa réunion. « Xotre séparation se fit en corps, dit Cobb, ainsi doit se faire aussi notre réconciliation (3). » Il regarde comme valide l'ordination des évêques et des prêtres anglicans et pense qu'ils sont convoqués au concile où ils trouveront un très cordial accueil.
Plusieurs amis de l'union adressèrent quelques questions au Bollandiste Victor de Buck S. J. de Bruxelles. La réponse parut dans le Church Times, sans nom d'auteur (4), et ne satisfit qu'en partie ceux qui l'avaient provoquée. Dans ses remarques sur la lettre, le journal expose le grand désir qu'a son parti de s'unir à Rome, et il exprime l'idée que le prochain concile pourra bien poser les bases de l'union, mais ne la mènera pas à terme (5). De nouvelles questions ayant été posées au P. de Buck, le Bollandiste se rendit à Rome pour y
(1) A h'ewWords on Réunion and the conung Council at Home. By Gérard F. Cobb. M. A. Fellow of Trinity Collège, Cambridge. London, 1869. — Voir le compterendu dans Stimmen aus Maria-Laach. NeueFoIgeHeft V (1869), p. 120 sq.
(2) Cobb., loc. cit., p. 45.
(3) Cobb., loc*. cit. p. 7.
(4) Elle est citée tout entière par Cecooxi, loc. cit. Sez. 1, p. 3201 sq (trad. fr. t. II, p. 279 sqq).
(5) Cf. Cecconi, loc. cit/v 330 (trad. fr. t. II, p. 288).
prendre des informations plus précises. L'affaire fut remise à la congrégation du Saint-Office, et après une longue délibération, il fut décidé le 17 novembre 1869 que le P. de Buck interromprait les négociations avec les unionistes (1). On n'indique pas les raisons de cette décision (2).
Quelque favorables à la réunion avec Rome que fussent les dispositions dans des sphères assez considérables de l'église anglicane, nous voyons pourtant que ce grand travail avança peu à l'occasion du concile. La cause du fait est due, en partie aux difficultés inhérentes à l'entreprise, en partie à l'hostilité que beaucoup de catholiques même ne ménageaient pas au concile. On le comprendra sans peine : les écrits haineux dirigés contre le concile, ceux surtout qui parurent en Allemagne et entraînèrent dans l'erreur d'excellents catholiques agissaient défavorablement sur les protestants et devaient paralyser les efforts des unionistes.
Parmi les jansénistes de Hollande, comme parmi les anglicans, des voix s'élevèrent qui manifestaient l'espérance de voir la petite communauté chrétienne mettre le concile à profit, pour se réunir à Eome.
Le journal catholique De Tijd d'Amsterdam, dans son numéro du 19 octobre, demandait si les évêques jansénistes se rendraient au concile (3). « Les évêques du vieux clergé (Clerezij)(4), dit-il, prétendent être évêques catholiques; il est certain qu'ils sont évêques de rite latin ; certain aussi qu'ils sont illégitimement élus et établis en contradiction avec les prescriptions et les lois de l'Eglise. » Néanmoins, il se sont toujours donné l'apparence de vouloir s'unir au pape; ils ont
(l)Ibid., p. 340(trad. ir. t. II, p. 293).
(2) Les raisons présumées dans Cecconi, loc. cit. p. 340 sq. (trad. fr. t. II, p. 294 sqq).
(3) L'article est dans lr collection de Cecconi, sous le n° CCCVIII (loc. cil. p. 1499 sq. (trad. ir. t. IV, p. 339 sqq.). Ce numéro comprend plusieurs documents qui se réfèrent aux jansénistes. Les chiffres arabes désignent les pages.
(4) Le nom de Clerezij désigne aussi chez les jansénistes la communauté entière.