L ATTITUDE DES JANSENISTES DE HOLLANDE
universelle un jugement d'appel (i). Une nouvelle lettre du 9 novembre (2) donnait une explication suffisante de ces mots. L'auteur repousse l'idée qu'un concile général puisse juger avec « préventions et préjugés » ; il retire sa première expression comme inexacte.
Plus importante encore est une autre lettre, (3) que la rédaction du Tijd reçut en même temps que la précédente, mais qui est d'une date antérieure. Elle montre clairement que la question de l'assistance des évêques jansénistes au concile, avait préoccupé la communauté séparée avant même l'article du Tijd. Ses auteurs, deux laïques, S. L. Boers et S. W. II. M. Oolombijn, tous deux membres du conseil de la paroisse catholique romaine de la C levez ij épiscopale à Dordreclit, l'envoyèrent (Juillet 1868) en plusieurs exemplaires, à tous les prêtres jansénistes de Hollande, aux membres de l'administration ecclésiastique, et à beaucoup de laïques de la même secte (4).
La convocation d'un concile par Sa Sainteté le pape Pie IX, dit la lettre, est pour la Clerezij un événement de la plus haute importance ; si les laïques se préoccupent d'en profiter, c'est une preuve du vif souci qu'ils apportent aux choses de la religion et à la prospérité de l'Eglise en Hollande. Les auteurs posent alors la question suivante: « Tous les efforts nécessaires sont-ils faits par notre clergé // pour se faire représenter au prochain concile afin d'y défendre les~ intérêts de notre Eglise et travailler, autant que possible, à supprimer la triste séparation qui depuis un si grand nombre d'années nous tient éloignés de nos frères dans la foi? »
Ils ajoutaient que, catholiques romains par conviction, ils étaient membres de la Clerezij à cause de la confiance qu'ils
(i) CecConi, loc. cil. p. (1501) âq.(trad. tï. t. IV, p. 79rf). (2)Ibid., p. (1510) sq'. (trad. Ir. t. IV, p, 799).
(3) Ibid, p. (1491) sq. (trad. fr. t. IV, p. 779).
(4) Cf. Cecconi, loc. cit. p. (1511), (trad. fr. t. IV, p. 795).
avaient en leurs prêtres. Le fondement de cette confiance était leur appel réitéré à un concile général, comme au seul juge dont ils pouvaient reconnaître la compétence en cette affaire. Or, le concile général allait se tenir; leurs prêtres devaient donc s'y rendre. Des protestations écrites avaient peu d'utilité, l'histoire le démontrait. Les évêques devaient paraître en personne : l'épiscopat leur donnait droit à l'admission. Les grandes difficultés à surmonter ne devaient pas les retenir. Au concile plus d'un évêque les soutiendrait. Si les prélats se tenaient à l'écart ou n'employaient que des moyens insuffisants, la confiance d'un grand nombre de laïques serait ébranlée, si bien qu'en conscience ils se demanderaient s'ils pouvaient encore suivre leurs anciens guides dans les choses de la foi.
Cette lettre trahit un grand désir d'union avec Borne; mais il y parait aussi, en dépit des expressions les plus respectueuses, une certaine défiance à l'endroit du clergé. Quelques affirmations erronées que le Tijd releva et qui provoquèrent une nouvelle lettre au journal (i),sont pour nous sans intérêt. Tous les laïques ne partageaient point les sentiments exposés dans l'écrit dont nous venons déparier, cela va de soi, et une lettre postérieure d'un laïque janséniste, adressée au Tijd, établit expressément cette divergence (2).
Dans la patrie du protestantisme, le bon accueil fait à l'encyclique papale, fut l'exception (3). La grande masse des protestants d'Allemagne témoigne plutôt un mécontement tirs marqué. La plus haute autorité de l'Eglise nationale prussienne, le Conseil supérieur ecclésiastique de Berlin, crut qu'il devait prendre position par une protestation publique. Il reconnaît que dans sa lettre, à côté d'injustes accusations,
(l)Cf. Cecconi, loc. cil. p. (1511i sq. (trad. fr. t. [V, p. 800).
(2) Cf. ibid, p. (1514) sq. (trad. fr. t. IV, p. 802sq.).
(3) Voir supra, p. 395 sq.