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LES DEUX MEMOIRES DE MUNICH

rite (i), l'autre de la minorité (2) des professeurs de théologie. On confia d'abord au professeur Schmid, comme l'écrit (3) le nonce apostolique au cardinal Antonelli, le soin d'élaborer un mémoire. Lorsque l'auteur en présenta le plan à ses collègues, Dollinger proposa des modifications auxquelles plusieurs d'entre eux et en particulier Schmid, déclarèrent ne pouvoir donner leur adhésion. On composa alors un nouveau mémoire dans les idées de Dollinger, et ce travail retouché bien entendu sur beaucoup de points, reçut l'approbation de tous, sauf de Schmid. Ce dernier remit son propre mémoire auquel le professeur Thalhofer avait adhéré bien que son absence l'ait empêché de signer.

Le mémoire de la minorité s'accorde dans ses grandes lignes avec celui des théologiens de AYurzbourg; il concluait en ces termes : « Des réponses particulières faites aux cinq questions, ressortent les conclusions dogmatiques suivantes : L'approbation éventuelle par le prochain concile général du Syllabus tel qu'il est, et la définition parle même concile de l'infaillibilité du pontife romain parlant ex-cathedra, ne pourraient amener directement et par elles-mêmes le changement du statu quo entre l'Etat et l'Eglise. Elles n'entraîneraient pas pour chaque chrétien, l'obligation en consciencede reconnaître comme de droit divin la suprématie du pape sur les souverains et les gouvernements ; encore moins l'origine divine des immunités personnelles et réelles du clergé, aussi bien en général qu'en particulier. Enfin, à les prendre simplement en elles-mêmes, elles n'exerceraient aucune influence modificatrice sur renseignement populaire

(i) Stirnmen aus Maria-Laach. Xeue Folge, t. V (1869), p. 166 sqq. — Friedber<;, Sammlung der Ahtensliicke ium ersten Vatikanischen Konzil, p. 298. — La traduction italienne de Cecconi, loc. cit. Doc. GLXXII. —Ci. C. V. 1200 d.

(2) Stirnmen aus Maria-Laach. Xeue Folge, t. VI (1870), p. 196 sqq. — Friedberg, loc. cit., p. 303 sqq. — La traduction italienne de Ceccoxi, loc. cit., Doc. CLXXUI. Cf. C. V. 1201 a.

(3) Dépêches du 18 juin et du 23 août 1869.

pour ce qui regarde les rapports de l'Eglise et de l'Etat (i) ».

Le mémoire de la majorité parle tout autrement. Comme les questions adressées par le ministère, la réponse est inspirée de l'esprit de Jani s : le même savant, Dollinger (2), n'estil pas, en effet, l'auteur et le principal rédacteur de la consultât ion. Cette dernière ne met pas en un jour favorable l'esprit ecclésiastique et la valeur tliéologique de ses auteurs. Une impression pénible se dégage déjà du seul fait que des théologiens Catholiques soumettent à une critique de blâme une déclaration doctrinale telle que le Syllabus, adressée par le chef suprême de l'Eglise à tous les chrétiens de la catholicité. Au jugement de ces théologiens, plusieurs propositions du Syllabus, au moins dans la forme positive que leur a donnée le P. Schrader, peuvent avoir pour les Etats des conséquences funestes; ou bien elles représentent un système en opposition absolue avec les principes généralement admis par eux, ou bien elles les attaquent directement. Voilà comment les auteurs du mémoire croient devoir juger la 44e thèse du Syllabus ainsi formulée par Schrader sous sa forme positive : « Le pouvoir civil ne peut s'immiscer dans les choses de la religion, de la moralk, et du droit ecclésiastique. Il ne peut donc pas porter de jugement sur les instructions que les pasteurs de l'Eglise publient, conformément à leur charge, pour servir de règle aux consciences ».

C'est une pareille proposition que des théologiens trouvent dangereuse ! Veulent-ils donc réellement dénier à l'Eglise le pouvoir suprême d'enseigner les choses de la morale et prétendre qu'un Etat catholique peut exercer une

(1) Cecconi, Doc. CLXXIII. (Note du traducteur.)

(2) Dans les milieux libéraux, on fit ressortir la concordance du mémoire avec l'ouvrage deJanus, en particulier dans la réponse à la quatrième question, On remarquait aussi que « l'avis de la majorité des théologiens de Munich rendait un témoignage irrécusable à la valeur et à la sûreté de doctrine de cet écrit »(!)— Cf. M. Merkle, professeur de théologie et conseiller épiscopal ecclésiastique à Dïllingen : Krilik des Gtttachltns, etc. (Dillingen, 1869), p. ta).

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