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L ATTITUDE DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS 4SI

A la première question. Baroche répondit que les évêquea seraient absolument libres de se rendre au concile; à la seconde, il déclara qu'aucun accord préalable entre le gouvernement et les évoques n'avait été prévu. « Us se rendront à Rome, dit Baroclie, avec leur dignité personnelle, avec leur indépendance, avec leur conscience, avec leur patriotisme.» Quant à la troisième question, celle des représentants auprès du concjje, le ministre ne put encore y faire de réponse (i).

Le gouvernement français penchait alors, semblait-il, à envoyer des ambassadeurs au concile; et pendant l'été de 1869, il engagea des négociations avec le Saint-Siège, par l'organe de son ambassadeur* en vue de décider comment cette représentation pourrait se faire (2). Il parait que Pie IX se montra tout prêt à donner aux ambassadeurs accès au concile (3). Mais en fin de compte, le gouvernement français décida de s'abstenir d'envoyer au concile un représentant spécial (4); et cette décision fut même prise, comme l'empereur Napoléon III le dit dans la suite au nonce à Paris (5), malgré l'avis contraire de quelques évoques.

Le prince de la Tour d'Auvergne, ministre des affaires étrangères, communiqua cette décision le 8 septembre, aux agents diplomatiques de la France à l'étranger (6). Il y revendique comme un droit pour les gouvernements, la faculté de se faire représenter au concile, non pas évidemment, pour intervenir dans une discussion dogmatique, mais bien pour

(i) Ibid., 1230 a sqq.

(2) Revue du monde catholique, XXV,89I, d'après le Mémorial diplomatique, Cf. Revue, etc ,XXV1, 127.

(3) Ibid. — En outre : Ollivier (L'Eglise et l'Etat, etc , 1,508 sq) nous assure que Pie IX et le cardinal Antonelli avaient manifesté à plusieurs reprises aux ambassadeurs français leur intention favorable d'admettre au concile des représentants du gouvernement. — Voyez plus haut, page 154.

(4) Lettres du nonce Chigi au cardinal Antonelli. 31 août et 7 septembre 1869.

(5) Le même au même, le 7 octobre 1809.

(6) C. V. 1231 b. sqq. — Cecconi, toc. cit. Doc. CLXXX1X.

y défendre les privilèges de l'Etat. Cependant le gouvernement impérial, au dire du ministre, verrait aujourd'hui dans l'usage de ce droit de sérieux inconvénients; son intervention pourrait rengager dans des débats pénibles, sans lui donner la certitude d'y l'aire prévaloir son avis et l'exposerait au danger de fâcheux conflits. Bien cpie les lois du pays suffisent pour défendre ses droits, le gouvernement est loin de considérer comme sans intérêt pour lui l'assemblée convoquée par le Saint-Père. C'est un événement de la plus haute importance. Le gouvernement impérial y fera usage de son influence, mais sans recourir à un ambassadeur extraordinaire; il confiera cette mission auprès du concih à son représentant ordinaire près le Saint-Siège.

Le cardinal Antonelli exprima sa satisfaction de ce que le gouvernement impérial ne voulût point envoyer de représentant au concile. C'est ce que le vicomte de Croy, chargé d'affaires ele France à Rome, écrivait le 22 septembre ai ministre eles affaires étrangères (1).

Le prince de la Tour d'Auvergne se mit donc, conformément aux décisions du gouvernement, à élaborer, de concert avec M. Duvergier, ministre des cultes, une instruction (2) pour l'ambassadeur à Rome, qui fut révisée par l'empereur Xapoléon (3) : « Tout en réservant, y est-il dit, d'une manière formelle, la liberté de notre jugement et de nos résolutions ultérieures, notre intention est de manifester loyalement, par les organes habituels de nos communications avec la cour de Rome, chaque fois que nous croirons pouvoir le faire utilement, nos impressions sur la marche que prendront les délibérations du concile, sur l'opportunité des questions

(1) C. V. 1232 cl. sqq. — Cecconi, loc. cit. Doc. CXC. — Pareille assertion se retrouve plus tard dans un rapport émané du marquis de Banneville, le nouvel ambassadeur de France à Rome. C. Y. 123b' c. sqq. — Cecconi, loc. cit. Doc. GXCI.

(2) C. Y. 1233, b. sqq.

(3) Ollivier, L'Eglise et l'Etal, etc., I, 519.

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