ATTIDUDE DES ETATS EUROPEENS
pour supprimer les droits de l'Eglise. Le cardinal cite encore toute une série de ces dispositions, et expose ce que laRussie doit faire pour garantir la dignité du cierge : si l'on écoute ces avis, l'attitude du clergé sera modifiée. — Pour les effets salutaires du voyage des évêques à Rome, personne n'en pourra donner de meilleures garanties que le concile luimême qui est assisté du Saint-Esprit.
Cette lettre fut communiquée au prince (Jortschakow. Celui-ci répondit au baron d'UxkiUl que le cardinal Àntonelli ne pouvait avoir envisagé sa lettre au nonce comme une réponse sérieuse au document russe. De pareilles accusations ne frayent point le chemin de la paix, et leur répondre mènerait à la fois trop loin et serait absolument inutile. D'ailleurs les exigences du Saint-Siège reposeut sur des principes exagérés qui ne sont plus admis de nos jours. Le prince avait espéré que le bon vouloir du cardinal rendrait possible à Sa Majesté l'Empereur d'autoriser quelques évoques de Russie à se rendre au concile, mais la lettre du cardinal indique tout l'opposé du bon vouloir. Dès lors aucun prélat de Russie ne sera autorisé à prendre part au concile. Le chancelier renvoie en même temps les deux circulaires qui lui avaient été transmises, et enjoint au chargé d'affaires d'informer le nonce des décisions prises par le gouvernement (i).
La Russie fut, nous l'avons dit, le seul Etat qui interdit aux évêques toute participation au concile. Après elle, la Bavière montra les dispositions les plus hostiles, la Bavière qui fut jadis le rempart de l'Eglise catholique contre les "Novateurs.
Les Etats européens se montrèrent en général peu favorables. Xous ne trouvons guère de traces de bienveillance envers une assemblée de tous les évêques catholiques de l'univers entier, qui avait à traiter des plus nobles devoirs de l'huma-
(1) C. V. 1253 d. sqq. - Cecconi, loc. cit. Doc CCV.
nité // et était destinée à attirer sur les Etats eux-mêmes comme tels les plus abondantes bénédictions. Les sentiments qu'inspire le concile sont généralement des sentiments de jalousie et de défiance, et de toute part on croit devoir, par des menaces, limiter sa liberté d'action.
Rien de pareil n'était à redouter de la part des gouvernements extra-européens. Quelques-uns même prirent soin de venir en aide à l'Eglise dans l'exécution de sa grande œuvre. Par un décret législatif du Ier juillet 1869, le Brésil attribua aux évêques se rendant à Rome une somme en rapport avec leur haute condition, pour couvrir leurs frais de voyage et d'entretien dans la Mlle Eternelle. De son côté, le sénat du Chili accorda à l'archevêque et aux trois évêques de cette république la somme de 20,000 dollars (1) pour faire face aux dépenses du voyage.
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(1) CrviLTA cattolica, ser. Vil, vol. 8, p. 97 sqq.