CHAPITRE PREMIER
Dispositions prises au sujet des assemblées plénières des Pères du concile.
Tandis que le mouvement des esprits provoqué par l'attente du concile se propageait de plus en plus, et, particulièrement en Allemagne et en France, agitait le monde intellectuel jusqu'en ses profondeurs les plus intimes, à Rome, les préparatifs du concile suivaient leur marche tranquille.
Un double travail s'imposait : il y avait d'abord à décréter les mesures nécessaires pour la célébration du concile, et ensuite déterminer avec précision les objets des discussions, et élaborer les schémas des futurs décrets.
Le premier de ces travaux incombait surtout à la Congrégation directrice des travaux préparatoires ou Commission centrale; le second, et tout spécialement la rédaction des schémas, regardait les commissions particulières qui avaient été créées pour chaque groupe de questions, et qui soumettaient à leur tour leurs travaux à la revision de la Commission centrale. //
Nous mentionnons d'abord ce qui fut délibéré et ordonné au sujet des assemblées conciliaires. Nous puiserons pour cela surtout dans le procès-verbal (Verbale) delà Congrégation directrice. Si, parlant des délibérations de cette congrégation, nous mentionnons seulement le jour où elles ont
eu lieu, c'est que nous nous référons, sans autre indication, à ce procès-verbal.
On admit sans discussion, et comme allant de soi, qu'au concile du Vatican, à l'instar du concile de Trente qu'il imita en un très grand nombre de points sinon en tous (i), les Pères s'acquitteraient de leur tâche collective en deux sortes de réunions : dans les congrégations générales et dans les sessions publiques.
Les congrégations générâtes étaient les réunions où l'ensemble des Pères ayant droit de vote examinaient le fond et la forme des matières proposées, les discutaient, les modifiaient, et enfin les acceptaient ou les rejetaient dans une sentence définitive. C'est là que les décrets revêtaient 1 forme sous laquel leil sdevaient être définitivement approuvés et publiés comme décisions conciliaires universellement obligatoires.
Les sessions publiques avaient pour but principal d'élever les canons préparés dans les congrégations générales au rang de décrets ayant leur pleine valeur, et de les revêtir enfin de leur force obligatoire universelle. C'est ce qui avait lieu par le vote suprême et solennel de tous les Pères et sa confirmation par le pape, qui présidait en personne les sessions publiques. Les décrets une fois approuvés par le pape et le concile dans les sessions publiques, l'œuvre du concile était terminée ; dès lors, sans qu'il fût besoin d'une promulgation ultérieure, les décrets s'imposaient à l'observation de tous (2).
Etaient membres avec pleins droits des deux sortes d'assemblées, tous ceux qui avaient été convoqués au con-
(1) La Congrégation directrice demanda au cardinal secrétaire d'Etat les actes du concile de Trente, pour se guider sur eux dans les mesures à prendre. Cf. le procès-verbal du 11 août 1867.
(2) Procès-verbal des 4, 14, 25 juillet 1869. — Cf. la lettre du cardinal Antonelli aux nonces du 11 août 1870. — C. V. 1715 c. sq.