CHAPITRE IV
Rédaction d'un règlement du concile.
Il est surprenant que nul règlement fixe n'ait été établi par
les conciles antérieurs. Les procédés employés dans chacun d'eux ont varié sur bien des points. Dans les conciles d'Orient, il n'existait aucune règle fixe pour la tenue de ces assemblées, on célébrait les conciles comme la nature des choses l'exigeait 11 faut en dire exactement autant des premiers conciles d'Occident. C'est au Concile de Constance seulement,que nous voyons avant sou ouverture les Docteurs exprimer, dans un mémorandum à l'adresse du Pape Jean XXIII, le désir que certaines règles soient adoptées pour les délibérations; quand ces règles furent composées, le pape les soumit à l'examen du concile (i). Au cinquième Concile de Latran, le pape lui-même avait rédigé à l'avance un règlement ; mais à la première séance il demanda au concile si le règlement lui agréait (2). En dehors de quelques règles traditionnelles, le Concile de Trente ne possédait aucun règlement fixe, déterminé d'avance; et dans les cas particuliers où ce défaut se fit sentir, le concile y suppléa par lui-même (3). Ce furent précisément les malheureuses expériences
(1) Mansi XXVII, 534 sq. — Cf. Hefele, Konziliengeschichte, VU, 2i.
(2) Paroles du cardinal Bilio à la séance de la commission préparatoire le 27 juillet 1869.
(3) L'Ordo celebrandi concilii generalis Tridentini sub PauloIIl.JidioIHetPioIV sninmis Pontificibus observatus qui fut adressé à la commission préparatoire du Concile du Vatican (publié par Gegconi, loc. al. vol. I, Doc. LV) n'est pas un règlement qui fut à l'usage du Concile de Trente, mais un exposé rédigé après le Concile par son secrétaire Angelo Massarelli, de la méthode suivie dans les travaux de ce Concile.
faites au Concile de Trente, // qui déterminèrent le plus puissamment la Commission préparatoire du concile du Vatican à dresser, avant même l'ouverture de l'auguste assemblée, des règles déterminant sa manière d'être et d'agir. A Trente, en effet, le manque de règlement préalable avait fait perdre beaucoup de temps et de peine; car le concile avait dû tout d'abord discuter et trancher des questions de fort minime importance à plus d'un point de vue. Aussi le D' Hefelé, le savant et célèbre historien des conciles, lors de la préparation de celui du Vatican. poussa-t-il avec énergie, en sa qualité de consulteur de la Congrégation directrice, à l'adoption de ces trois points : Premièrement, a trancher et solutionner par voie d'autorité, d'une manière claire et définitive, dès avant l'ouverture du concile, les questions qui dans d'autres conciles avaient causé un si grand nombre de querelles, de temporisations, avec une perte de temps si considérable ». Deuxièmement, « faire préparer par des commissions spéciales toutes les matières à proposer aux congrégations générales, avant qu'elles ne fussent soumises à celles-ci ». Troisièmement enfin, « dans les congrégations générales, discuter et définir, d'après les règles fixées, les matières élaborées et proposées par les commissions spéciales (i) ». Le Dr Hefelé recommande donc une méthode de travail à rédiger avant le concile et à fixer par voie d'autorité: il ne peut être mis en doute, ajoute-t-il, que, si elle répond bien à son but, une méthode de travail ne soit extrêmement profitable à l'activité conciliaire.
Auparavant déjà, la Commission centrale avait décide de rédiger un plan de règlement déterminant le genre de vie des Pères au concile et l'ordre à suivre dans leurs travaux. Le ii août 1S67 il est déjà question d'un semblable Regola-
lt C. Y. 1087 d. sq.