LE DROIT DU PAPE 50S
Le Pape a-t-il le droit d'imposer de sa propre autorité un règlement au concile avant l'ouverture de celui-ci? Cette question semble n'avoir même pas été posée dans la Congrégation. Vraisemblablement il ne vint même point à l'esprit de ses membres qu'un doute pourrait jamais s'élever làdessus. Aussi bien ce droit est-il clairement impliqué dans la plénitude de puissance dévolue au Pape. Le Pape, en effet, a le plein pouvoir de gouverner l'Eglise, et par conséquent, celui de prendre pour lui le rôle d'ordonnateur, dans toutes les choses où le divin Fondateur de l'Eglise n'a pas lui-même établi les règles nécessaires. C'est en cette qualité d'ordonnateur qu'agit le pape quand, avant un concile, il trace les règles que ce dernier devra observer (i). Si elles sont bien faites, elles ne peuvent que profiter aux travaux de l'auguste assemblée./: Sont-elles mauvaises, enlèvent-elles, par
lenda e vi è anche l'esempio dell' ulliino Concilio laleranense, in cui il Regolamento fu lelto in publica sessionè domandando ?7Placet ni Padri reuniti in Concilio. Si è pero confideralo, chequesta d'scussioneoltre al suscitarei robabilmente questioni,che conveniva evilare. avrebbe Iratto molto in lungo et consumalo mollo tempo, et se ne aveva un argumenlo da vedere, chelastessa Congregasione Direilrice, composta di pochi scellissimi Porporali, ha dovulo appunto per la difficulté délia cosa impiegarvi, corne gia si è detlo, un cospicuo numéro di sessioni. D'altronde si è anche ponderato, che il dirilto di presiedeve e diriggere liconcilii spella incontestabilmente alla S. Sede, e cite il futuro Concilio sarà presieduto dat S. Padre : si è percio giudicato nulla exservi di straordinario che Sua Santitâ, primo che cominci il concilio, fissi le norme ed il metodo da serbarsi nel concilio stesso. — In vista di tutlo ciù, Sua Santita si degnaia approvare il divisamento délia Congrega&ione Direilrice e di or dinar e, che il Hegolamento formera il soggeltodi un a Apostolica Lellera ossia Brève, che verra publica la in una Humione Prosinodale,cui si degnerà radunare tutti H Padri prima delT apertvra del Concilio, [acenrto ad essi, se lo vorrà, un brève paterno discorso. »
(1) Hinschius (Das Kirchenrecht der Katholiken und Proleslanten in Deutschland, III, <il2) accorde que la Primauté, telle qu'elle est exercée dans l'Eglise catholique, fonde le droit de dicter au Concile le règlement de ses travaux. Cet auteur remarque en même temps que la mesure prise par Pie IX n'est pas sans antécédents analogues. Déjà dans les Conciles du moyen âge la curie rédigeait à elle seule les schémas des canons, et les synodes étaient exclus de toute participation active à la confection et à la rédaction des matières proposées (loc. cit., p. 611). Hinschius allègue une foule d'exemples de ce fait (ibid. p. 362'). Toutelois, pour parvenir à ce résultat, il n'est point nécessaire de partir comme Hinschius (ibid., p. 612 sq.) de cette idée fausse que.d'après la doctrine catholique, l'Episcopat réuni en concile général n'est tout simplement qu'un conseil, un sénat du Pape. Un corps peut avoir un vrai pouvoir législatif et judiciaire, alors même qu'il reçoit d'un autre les règles qui en déterminent l'exercice.
oOG HISTOIRE Dl" CONCILE OU VATICAN
exemple, au concile la liberté de ses débats et de ses veto, dans ce cas, le concile a évidemment le droit de protester contre ces règles et d'en réclamer la modification.
De ce que, dans les anciens conciles, les papes n'ont pas trace semblables règles, il ne s'ensuit pas qu'ils n'avaient pas le droit de le faire, mais seulement qu'ils n'ont point usé d'un pouvoir qu'ils avaient. Les funestes conséquences qui résultèrent pour plusieurs conciles de l'absence d'un règlement ferme, furent précisément la raison qui détermina le Pape et ses conseillers à prendre d'avance, pour le Concile du Vatican, des dispositions bien arrêtées.
Dans la séance1 du 16 août, la Congrégation directrice se demanda si elle proposerait au pape de publier le règlement du concile sous forme de constitution papale dans une reunion présynodale, ou bien dans la première session. Il fut décidé que le pape lui-même trancherait la question, et le cardinal Capalti fut prié de lui faire un rapport sur cette décision. Ce l'apport fut rédigé par écrit après la séance du 22 août, et remis au pape en même temps que le Regolamento. Le Saint-Père se prononça pour la promulgation en séance présynodale. Le règlement du concile subit encore quelques petites retouches dans plusieurs séances de la Commission centrale, et fut enfin porté par le pape à la connaissance des Pères dans la séance présynodale du 2 décembre. Il n'est autre que les lettres apostoliques bien connues Multipliées in ter, sur lesquelles nous aurons encore souvent à revenir dans la suite.
CHAPITRK V.
Délibérations et décrets sur lu profession de foi
imposée aux Pères
et sur le serment des officiers et des auxiliaires.
Dans un rapport (i) que lui demanda la Commission centrale, M-1' Tizzaui, archevêque de Xisibe, donna son avis sur la profession de loi que les Pères avaient à faire au commencement du concile. La première partie de ce mémoire traite des prières qui devaient être prescrites avant le concile, nous en parlerons plus loin. La seconde partie répond aux questions suivantes qui avaient été posées au consjulteur : i° Faudrait-il faire une profession de foi, laquelle, qui devra la faire, quand, comment, en présence de qui, et faudrait-il rappeler dans la formule le dogme de l'Immaculée Conception de la Sainte-Vierge? i>" Proposera-t-on aux prélats du rite oriental, la môme profession de foi qu'à ceux du rite latin, ou bien une autre et laquelle? 3" Cette prescription concernerat-elle aussi les Pères qui arriveront au concile après son ouverture?
Cette profession de foi, ainsi que l'expose Mgr Tizzani, peut être considérée, soit comme le signe et la preuve de l'unité de foi, soit comme l'affirmation de vérités ou la réprobation d'erreurs dont, pour des circonstances particulières on exige la profession ou l'abjuration., Nous trouvons dans les conciles
(1) Voto del Heverendinsimo Monsignor Ti&Mtni Arcivescovo di Nisibi sopra le preijhiere da intunarsi innan-J ail' apertura del Concilio ; e sopra la professione di lede da farsi dai vescovi. Giuyno 18G8.
généraux des exemples des deux sortes de professions de foi, les documents historiques nous les fournissent. L'une de ces professions reste invariable, la même dans l'Eglise, c'est celle de Xicée et de Constantinople, l'autre change suivant les circonstances; la formule en est rédigée dans les conciles ou par le pape, quand il est nécessaire. Il est clair, dit M-1' Tizzani, que dans les conditions actuelles, telles du moins (pie je les connais, il n'y a aucun motif d'imposer aux évêques pour le prochain concile une profession de foi spéciale, différente de celle de Xicée ou de Constantinople. Parmi les évêques catholiques ne règne aucune dissension sur le terrain dogmatique, ni de schisme en ce qui concerne la soumission due au pape. L'Episcopat n'a même jamais été aussi uni qu'à présent, et dans la défense des vérités catholiques, et dans sa soumission au pape. Proposer aux évêques une profession de foi spéciale serait donc leur faire injure. Par contre, il convient et il est juste que peu après leur convocation, les Pères du concile prononcent le symbole de Constantinople ; et il sied à la dignité de la sainte assemblée d'ouvrir la série de ses travaux par la profession de ce sjmibole qui est le fondement et le signe de toute notre foi catholique.
La réponse de M81" Tizzani aux autres questions est courte. Les Orientaux devront faire la même profession de foi que les Latins, et on l'exigera aussi des Pères qui arriveront après les autres. On ne pourra admettre au concile des évêques qui appartiennent à une autre confession religieuse, si ce n'est après qu'ils auront abjuré leur erreur; jadis, au second concile de Xicée, on avait demandé la même chose de Basile, évèque d'Ancyre, et d'autres fauteurs de l'hérésie des Iconoclastes.
La Commission centrale, qui délibéra le 21 juin 1868 sur le rapport de Mgr Tizzani, se mit d'accord en substance sur cette décision : il fallait maintenir sans addition la for-