PROPOSITIONS DE ONZE EVEQUES FRANÇAIS :,X
tion du concile dn Vatican ou d'un concile ultérieur (i).
Les évêques souhaitent ensuite une diminution des censures et des cas réserx es au pape,' ils demandent qu'à chaque changement de pontife i! soit dressé et publié un catalogue de ces cas (2).
On propose aussi d'abroger une série d'empêchements dirimants du mariage et de transformer celui de clandestinité en empêchement prohibant. On désire voir accorder aux évêques de plus amples pouvoirs de dispense, une plus rapide expédition des dispenses sollicitées à Rome, une réduction des vacances prises par les congrégations romaines et tribunaux ecclésiastiques, et une simplification du style prescrit pour les demandes de dispenses, ainsi que des règles qu'il y faut observer (3).
Les règles de l'Index, pensent le&évêques, ont besoin d'être adaptées à notre temps, et dans la condamnation des livres, il est désirable qu'on emploie des procédés plus doux. Le bréviaire a besoin d'être réformé, la méthode dans la distribution des indulgences changée, la loi de l'abstinence et du jeune adoucie : on demande une vigilance particulière sur la diffusion d'images religieuses, les relations de miracles et L'introduction de pratiques de dévotion (4).
On prie instamment le concile de prendre des mesures pour reprimer les écarts de certains journaux catholiques. On énumère les maux qui en résultent : ils défigurent la vraie doctrine et exercent une influence désastreuse sur la piété chrétienne; simples organes de personnes privées, ils prononcent des censures théologiques sur des opinions ou des personnes que l'Eglise n'a point condamnées; ils introduisent des dissensions et la désunion parmi les catholiques
1 (.. V. 840 a. sq.
2 Ibid. 840 c. sqq.
(3 Ibid. 842>. s<|(i.
(4) Ibid. 843 d. sqq.
:;:u histoire du concile du Vatican
et même dans le clergé; ils diminuent le respect et la soumission dus aux évêques; ils excitent une vive haine contre l'Eglise et le Saint-Siège; et tous les jours on voit s'immiscer dans les affaires de l'Eglise, non sans extrême danger et scandale, des gens sans mandat, dont la plupart sont mal renseignes et manquent à la fois de prudence e1 d'impartialité: l'on voit enfin les catholiques et le clergé lui-même conduits par des laïques dans des affaires purement ecclésiastiques. Aussi est-il de l'intérêt même du concile de prendre dés son ouverture les mesures qui empêcheront la presse de se mêler a ses affaires et d'exercer sur ses travaux son influence troublante (i).
Le concile est, en outre, prié de tracer une méthode pour la conversion des incrédules, des schismatiques et des hérétiques, et quelques dispositions sont recommandées comme favorables à ce résultat 12).
En rédigeant les formules par lesquelles sont condamnées les erreurs, il faut user de beaucoup de prudence, à cause des journaux qui les répandent dans le monde entier et les accompagnent de leurs commentaires. Ces formules doivent être avant tout claires et précises, avec un expos*' bref des raisons de la condamnation; le style devra être modère et sans aucune vivacité d'expression contre ceux qui se sont trompés. — « En considération de l'état actuel de l'Eglise <-t de la société humaine, disent les evéques, il semble prudent et raisonnable de ne rendre aucune nouvelle définition de loi. à moins que l'on n'y soit forcé par la nécessité la plus extrême et lapins évidente; en particulier, dans les matières pour lesquelles les circonstances de temps et de caractère des contemporains font facilement prévoir et craindre de l'agitation dans les esprits ou du scandale (3). »
1 C. K. 845 b. sqq.
2) Ibid. 8i5d. sqq.
:] Ibid. >S4S h. sqq. Tous les signataires des postulata étaient contraires à ■* définition de l'infaillibilité pontificale.