POSTULATA DE DIVERS EVEQUES S
Au nom de plusieurs évêques du centre de Yllalie. M-'1' Hindi, évêque de Pistoia et Prato, présenta une série de propositions ayant en premier lien pour objet, une fois de plus, la diminution des empêchements <le mariage et la concession plus rapide des dispenses. Parmi les autres figure aussi le vœu d'une revision du Corpus juris canonici (i).
L'évêque «le Coneordia province de Venise, résidence à Portogruaro) demande la suppression de l'abstinence du samedi; de plus, l'extension des pouvoirs des évêques en matière de dispenses matrimoniales. Il désire qu'une loi prescrive pour les fiançailles une certaine solennité sous peine de nullité; en vertu de la même loi, les fiançailles deviendraient nulles de plein droit si dans le courant d'une année elles n'ont point été renouvelées. On doit accorder aux évêques plein pouvoir pour priver" de leurs bénéfices les curés ou autres benéficiers inamovibles, dès qu'ils seront convaincus de fautes assez graves pour ne plus pouvoir, sans scandale, de l'avis de l'évêque et des juges, demeurer en possession de leurs bénéfices. On doit cependant laisserai! titulaire des bénéfices le droit d'en appeler au Saint-Siège.// Tl faut défendre aux ecclésiastiques, sous des peines sévères, de faire imprimer et publier quoi que ce soit sans permission écrite de l'Ordinaire. Enfin, l'évêque demande l'institution d'un nouveau titre d'Ordination, celui de « Servîtutis Ecclesiae» (2).
M-' Farina, évêque de Vicence (province de Venise), fait, lui aussi, quelques courtes propositions (3).
Les archevêques et évêques des provinces ecclésiastiques de Québec et d'Halifax présentèrent de concert divers postulata. Le premier vise encore la réforme et la codification de tout le droit ecclésiastique; le second, la diminution des empêchements du mariage et l'extension des pouvoirs
il> C. V. 881 esqq.
(2) Ibid. 882 c sqq.
(3) Ibid. 885 1,.
540 HISTOIRE m CONCILE DU VATICAN
de dispense accordés aux évêques. Quatre autres postulata traitent de quelques empêchements en particulier : on souhaite que, dans les demandes de dispense pour les empêchements de consanguinité et d'affinité, il n'y ait plus obligation de déclarer la circonstance du péché d'inceste. Un dernier postulat a trait au bréviaire. On désire qu'il soit modifié de telle sorte que chaque semaine le psautier soit récité en entier et que l'office soit abrégé les jours où les curés et les confesseurs sont d'habitude surchargés d'occupations (i).
M8* Spalding, archevêque de Baltimore, dans une lettre (2) datée du i5 août 1869, présenta une liste de projets de décrets doctrinaux et disciplinaires; ils concernent les rapports mutuels des deux pouvoirs, L'indifférentisine religieux, le châtiment de l'hérésie, l'appel au bras séculier, la théorie du progrès, l'infaillibilité du pape, l'inamovibilité des cures, les droits d'étole dans l'administration des sacrements, enfin les sociétés secrètes. Entrer dans le détail de ces différents points nous conduirait trop loin. Cependant comme plus tard, lors du concile, une controverse s'éleva au sujet de la position prise par M-' Spalding vis-à-vis de la définition de l'infaillibilité pontificale, mettons seulement en évidence les premiers mots du paragraphe qu'il consacre à cette doctrine : « La doctrine de l'infaillibilité du pape est tellement évidente, que de tous les évêques on en trouverait à peine quelques-uns pour la mettre en doute.» Tout au plus peut-on se demander si la définition est nécessaire ou opportune. / Peut-être vaut-il mieux se contenter d'une définition implicite, quelque chose comme un développement de la définition de Florence. Que si le concile préfère une définition explicite, il doit déterminer avec beaucoup de -tiiu les limites de l'infaillibilité, afin (pie l'on puisse se
(1) C.V. 87!»cp<|(|.
(2j Conservée aux archives 'lu concile.
POSTI I.ATA DE DIVERS EVEQI ES :» i 1
former un jugement certain sur la portée <les allocutions ou décrets pontificaux antérieurs.
M*-'1 Adames, vicaire apostolique du Luxembourg, dans un postulatuni qu'il présentait (i), demandait qu'on exposât certaines doctrines concernant lepape, le pouvoir ecclésiastique, le pouvoir civil, l'éducation de la jeunesse, les prétendues libertés (de conscience, des cultes et celle de manifester ses opinions), enfin la bienfaisance chrétienne.
Les autres postulata n'ont chacun pour objet qu'un seul point. Les deux cardinaux Riario-Sforza, archevêque de Xaples, etPecci, évèque de Pérouse, demandent la condamnation d'une certaine forme de l'ontologisme. Dans les délibérations au sujet de la Constitution Dei Filins, M-1' Gasser, prince-evéque de Brixen, rapporteur de la députation de la foi, avait au nom de celle-ci rejeté un projet de modification qui renfermait une condamnation de l'ontologisme. parce que le sujet n'avait point été suffisamment traité (2). Là-dessus les deux cardinaux présentèrent un postulatuni (3) tendant à faire condamner une forme particulière d'ontologisine en contradiction manifeste avec la doctrine catholique : à savoir cette proposition : « La connaissance directe et immédiate de Dieu est naturelle à l'homme. » Suivent de nombreux motifs qui exigent la réprobation de cette asser tion et qui montrent la nécessité qu'il y a de la condamner. Le concile ne prit point le postulatuni en considération. Mais le cardinal Pecci,le second des deux postulateurs, a plus tard comme pape sous le nom de Léon XIII, condamné l'ontologisme.
Deux postulata, l'un de Mgr Dechamps, archevêque de Malines (4), l'autre de Mgr Colet, évêque de Luçon (5), sont
(1) C. V. 853 b sqq.
(2) Ibid. 153 a.
(3) Ibid. 849 b sqq,
(4) Ibid. 854 c sq«|.
(5) Ibid. 855 b sqq .
relatifs à un parti schismatique existant en France sous le
nom de Petite Eglise et en Belgique sous celui de secte d"s Stevenistes. Ce parti est formé par les descendants des catholiques qui mécontents du concordat conclu en 1801 entre Pie VII et le gouvernement français, // considèrent comme illicites tous rapports avec les éveques institués à cette époque par le pape. M*-'1' Dechamps dit qu'il y a dans son archidiocèse environ quatre cents Stevenistes : on leur serait utile, pense-t-il, en déclarant par voie conciliaire que leur parti est schismatique; et il demande par suite qu'on insère dans la Constitution sur l'Eglise une clause relative à ces schismatiques. M-1' Colet ne t'ait point de proposition déterminée; il dit seulement que les partisans de la Petite Eglise ont les yeux tournés vers l'assemblée de Rome, et qu'on recevra avec bienveillance les moyens que le concile jugera propres à les ramener vers l'Eglise.
.M-1 Greith, évêquede Saint-Gall, présente deux postulata. L'un concerne les écoles mixtes de la Suisse allemande, c'est-à-dire ces écoles non catholiques que les catholiques sont, eux aussi, contraints de fréquenter (i). Il fait un bref exposé de l'origine et du caractère de ces établissements, ainsi que des dangers qu'offrent ces sortes d'écoles tant élémentaires que supérieures. 11 propose ensuite au concile de désapprouver ces écoles, de mettre sérieusement en garde contre elles les éveques, les curés et les parents, et d'exhorter les gouvernements séculiers à rendre aux catholiques, à qui on les a arrachées contre tout droit, ces écoles qu'ils avaient fondées et à reconnaître aux parents la liberté qui leur appartient dans l'éducation de leurs enfants.
Le second postulatum a trait aux mariages mixtes (2). L'évêque découvre les périls qu'ils offrent et demande un
il) G. V. 857c sqq.
(2) Ibid. 88! id sqq.