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CHAPITRE V

Centenaire du martyre des princes des apôtres : le pape annonce le concile en consistoire public. //

Le pape avait songé d'abord à fixer l'ouverture du concile au jour très proche du dix-liuitiènie centenaire du martyre des saints Pierre et Paul, le 29 juin 1867. Mais il apparut bientôt que les préparatifs ne pourraient pas être finis à cette date Les événements vinrent d'ailleurs les entraver ; la guerre éclata entre l'Italie et l' Autriche et les inquiétudes au sujet du sort réservé à Rome amenèrent une longue interruption dans les travaux. Les nuages sombres de la tempête s'amoncelaient au-dessus de la Ville Eternelle et l'on est saisi d'étonnement et d'admiration lorsqu'on voit avec quel courage et quelle confiance en Dieu le grand pape poursuivait, malgré ces menaces, son projet de convoquer un concile à Rome.

Depuis longtemps déjà le royaume de Piémont travaillait à l'aire de toute la péninsule italienne un Etat unique ; son plan se trouvait même presque entièrement réalisé; de toutes les principautés italiennes il ne lui restait plus à soumettre que la Vénétie et le patrimoine de Saint-Pierre. //

L'annexion de la Vénétie se fit en 1866. Le 8 avril de cette année, le royaume d'Italie — c'est le nom qu'avait pris le nouvel Etat et que lui avaient reconnu plusieurs des puissances européennes — conclut un traité avec la

Prusse, alors sur le point d'attaquer l'Autriche; il se promettait que cette alliance lui ferait obtenir de l'Autriche la cession de ses territoires italiens. La guerre, dans la seconde moitié de juin et au commencement de juillet en Bohême et dans le Nord de l'Italie, fut courte, mais sanglante ; l'Italie y fut battue sur mer et sur terre; mais la Prusse triompha. Vaincue à Sadowa, l'Autriche céda la Vénétie à l'empereur des Français et se déclara prête à accepter sa médiation. La paix fut signée entre elle et la Prusse le 23 août. D'après le traité, l'empereur Napoléon III déclarait qu'il considérait la Vénétie comme appartenant à l'Italie et comme devant lui être annexée; l'empereur d'Autriche acceptait cette déclaration. L'Italie recevait donc la Vénétie des mains de la France. Sur le désir de Napoléon un plébiscite sur l'union avec le royaume d'Italie eut lieu au mois d'octobre dans la Vénétie et le Mantouan. Une députation de Venise en porta le résultat au roi Victor-Emmanuel, a Aujourd'hui, dit celui-ci en la rece vaut, disparaît pour toujours de la péninsule toute trace de la domination étrangère. L'Italie est faite ; mais non encore achevée.» Le sens de ces paroles n'échappa à personne.

Le patrimoine de Saint-Pierre, qui seul manquait encore à l'achèvement de l'Italie, était sous la protection de la France. Cette année même l'appui français allait lui manquer. Le il décembre 1866 le drapeau tricolore qui depuis le 3 juillet 1849 flottait au-dessus de Rome disparut du château Saint- Ange; par la convention du i5 septembre 1864 l'empereur des Français avait promis au roi d'Italie de rappeler dans le délai de deux ans la garnison qu'il entretenait à Rome, en retour le roi d'Italie s'était engagé à respecter le territoire pontifical et à le défendre par les armes contre toute attaque.

C'est donc au roi de Piémont que se trouve maintenant confiée la protection de ce reste échappé à son avidité : le domaine du pape est sous la garde de celui qui, un mois

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