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RETRAIT DES TROUPES FRANÇAISES

auparavant en annexant la Vénétie, avait prononcé les paroles significatives que nous avons dites.

Le 6 décembre, // le comte de Montebello, commandant de la garnison française, son état-major et les officiers présents à Rome prirent congé du pape; le général donna l'assurance au souverain pontife que l'appui moral de la France restait assuré à la capitale de la chrétienté. « Je l'ai déjà dit à vos autres compagnons d'armes, lui répondit le pape; il ne faut point se faire illusion : la révolution viendra ici, elle l'a annoncé, proclamé, vous avez entendu, vous avez compris. C'est dans la bouche d'un prince qu'on a placé cette parole : « L'Italie est faite, mais elle n'est pas achevée ! »

En répondant aux vœux offerts par le Sacré-Collège, le jour de Noël, le pape parla aussi de la tristesse des jours que l'on traversait.

Et cependant Pie IX voulait donner au dix-huitième centenaire des princes des apôtres, qui tombait l'année suivante, le plus de solennité possible. Il fit donc adresser par le cardinal préfet de la Congrégation du concile une lettre aux évoques de l'univers entier les invitant à assister à des fêtes pendant lesquelles devaient avoir lieu des canonisations nombreuses. C'est aussi cette occasion qu'il choisit pour annoncer publiquement le prochain concile général.

Plusieurs centaines d'évêques, des milliers de prêtres et de laïques de tout rang accoururent à Rome pour ces solennités. « Trente nations, écrit un des cardinaux qui s'y trouvaient, étaient représentées par leurs patriarches, archevêques, primats et évêques ; à Rome on entendait alors parler toutes les langues, dans les rues on voyait tous les costumes ; on disait la population presque doublée par l'afflux des catholiques de toutes les parties du monde (i). » C'est, en cette cir-

(1) Henry Edward (Manning), cardinal-archevêque de Westminster : True Story of the Vatican Cotincil,\>. 44 sq.

constance, le 26 juin, dans la salle située au-dessus du grand portique de Saint-Pierre que Pie IX tint le consistoire public où il adressa à son nombreux et illustre auditoire une allocution annonçant le concile (1).

Après avoir parlé de cette unité que le Christ a si instamment recommandée aux siens et constaté qu'en l'ait l'union la plus étroite régnait entre le Saint-Siège et l'épiscopat, le pape ajouta : « Quant à nous, vénérables Frères '/, nous ne désirons rien tant que de recueillir de votre union avec le Siège apostolique le fruit que nous estimons le plus salutaire et le plus heureux pour L'Eglise universelle. Depuis longtemps, nous méditons un dessein dont nous avons déjà eu l'occasion de faire part à plusieurs de nos vénérables Frères et que nous espérons mettre à exécution dès que les circonstances seront propices à notre désir; ce dessein est de tenir un sacré concile œcuménique et général de tous les évèques du monde catholique, où seront recherchés, avec l'aide de Dieu, dans l'union des conseils et des efforts, les remèdes nécessaires aux maux qui affligent l'Eglise. Grâce à ce concile, nous en avons le plus ferme espoir, la lumière de la vérité catholique répandra sa clarté salutaire au milieu des ténèbres qui obscurcissent les esprits et leur fera connaître, avec la grâce de Dieu, la voie véritable du salut et de la justice. Il en résultera aussi que l'Eglise, semblable à une armée invincible rangée en bataille, repoussera les assauts de ses ennemis, brisera leurs efforts et, par son triomphe, étendra et propagera sur la terre le règne de Jésus- Christ (2). »

Le Ier juillet suivant, les évèques présentèrent au pape une adresse de félicitations (3), où ils s'exprimaient en ces termes

(1)C. V. 1029 c. sqq.

(2) C. V. 1032 c. sqq.

(3) C. V. 1033 a. sqq. Pour dresser le projet de cette réponse à l'allocution du pape, une réunion générale des évèques eut lieu au palais Altieri; des

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