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ROLE DES EVEQUES AU CONCILE

une doctrine, avec le devoir de l'accepter, mais simples porte-voix du peuple, ils témoignent de ce que le peuple croit, et s'ils y ajoutent quoi que ce soit, le peuple refusera de l'accepter. Qu'ont donc fait les apôtres? Ont-ils reçu du peuple leur doctrine et leur pouvoir, ou n'ont-ils pas plutôt, de par un pouvoir reçu du Christ, prêché au peuple une doctrine elle aussi reçue du Christ? Si donc les évêques tiennent du peuple leur doctrine et l'enseignent en vertu d'un pouvoir reçu du peuple, comment sont-ils les successeurs des apôtres?

Sur la nature de l'autorité des évêques et leur rôle dans le concile, hien plus exacte est l'opinion du canoniste protestant Hinschius,qui au nom des faits réfute le système imaginé par les adversaires du concile. « Il est historiquement faux, dit-il (i), que ces assemblées (les conciles anciens) se soient réunies pour le but que l'on dit. Elles n'étaient pas destinées à témoigner de la foi ; au contraire, elles ont été convoquées à l'occasion de controverses dogmatiques qui s'étaient élevées et bouleversaient l'Eglise, pour décider quelle était la saine doctrine et juger ceux qui s'en écartaient. Le rôle judiciaire du concile et des évêques qui s'y assemblaient est donc le motif capital, efficace de ces réunions. » Plus loin il établit la justesse de cette vue pour le cas particulier du concile de Trente. Il ne résulte nullement des actes de ce concile, dit-il (2), « que dans les discussions les évêques soient simplement venus rendre témoignage de la foi de leurs églises et de leurs communautés ; tout au contraire, sans perdre de vue, cela va sans dire, la tradition de l'Eglise et les résultats acquis de la science théologique, ils ont exprimé leurs opinions, leurs avis, et formulé leurs votes conformément à leurs propres conceptions. Dans quel but

(i) Dax Kirchenrechi der Katholiken und Protestanlen in Deutschland , III, 341. (2) Loc.cit., (316.

avait-on fait venir au concile toute une série de Theologi minores et utilisé leurs conseils /pour des travaux préliminaires? Afin qu'ils missent au service des évêcpies leur compétence théologique et les aidassent à se former un jugement par l'élaboration scientifique des matières. S'il s'était agi de déposer un simple témoignage touchant la foi, ces théologiens auraient été plus gênants qu'utiles puisqu'ils avaient à préparer un texte dogmatique sur lequel les évoques devaient ensuite délibérer. Comment enfin, par le moyen d'une simple déposition de témoignage, d'un simple examen, comme l'entendent Dollinger et Schulte, le concile de Trente aurait-il pu, soit atteindre le but voulu à l'origine par l'empereur : provoquer une union avec les protestants, soit accomplir la tâche que lui assignait avant tout la coin de Rome : préciser et définir la doctrine catholique en regard de la doctrine protestante? »

La théorie inventée pour faire pièce au concile du Vatican n'est pas seulement en contradiction avec l'histoire des conciles, elle est encore inconciliable avec la notion môme de concile considéré connue assemblée elélibérante.

Pour prouver cpie les procureurs des évèejues absents auraient dû être admis, Friedrich (i) allègue qu'aux premiers temps les conciles généraux étaient précédés de synodes particuliers destinés à établir cpielle foi était pro fessée élans les diverses Eglises. « C'est de cette foi, et noi de son sentiment personnel que l'évêque avait à témoigner e>r, il pouvait le faire aussi bien par ses mandataires ou ses légats. » Le rôle de l'évêque ou de son mandataire eut done été. de partir pour le concile en emportant dans son bagage h vote exprimé par ses diocésains, et là ele déposer ce vote toui formulé, intangible? A quoi bon alors une délibération, une discussion? Dans quel but les discours prononcés au con

(1) Gescliichle der Vatikan. KomiLi, 701.

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