‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 51 sur 213 · IU · texte numérisé non relu

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et ajouta que, parmi les abbés généraux qu'on admettrait au concile, l'abbé de Solesmes ne devait pas être omis; le secrétaire répondit que cette mesure ne contrariait en rien le vote de la Congrégation (i).

La commission spéciale se réunit le 9 septembre 1869. Elle adopta la décision prise par la Commission centrale de ne reconnaître comme convoqués que les abbatc.s nullius et les abbés généraux, et l'expliqua en ce sens qu'il fallait aussi ranger parmi les abbés généraux les présidents de ces groupes qui, formés de plusieurs monastères, se sont constitues en congrégations indépendantes avec l'approbation du Siège apostolique.

On commença l'enquête sur les revendications des abbés bénédictins, en prenant pour base le tableau de l'ordre communiqué par le cardinal Pitra. D'après ce document, l'ordre se divise en dix congrégations : 1" celle d'Italie (congregatio Cassinensis, ayant à sa tête D. Henri Corvaja); 2° celle de France (supérieur: D.Prosper Guéranger, abbé de Solesmes); 3" celle d'Angleterre (supérieur: D. Placide Burchall, abbé de Saint-Pierre à Westminster); \" celle de Hongrie (supérieur : D. Jean-Chrysostôme Kruesz, abbé-; évèque de Saint-Martin, abbas nullius) ; 5" celle de Bavière (supérieur : D. Otto Lan g, abbé de Metten); 6" celle de Suisse (supérieur : D. Henri Schmid, abbé d'Einsiedeln); 7" celle de Subiaco (supérieur : D. Pierre Casaretto, abbé du monastère de Sainte-Scbolastique) ; 8" celle d'Amérique, c'est-à-dire des Etats-Unis (supérieur : I). Bonii'acc Wimmer, abbé du monastère de Saint-Vincent de Pensylvanie); 9" celle du Brésil (supérieur : D. Emmanuel Pinto, abbé du monastère de Saint-Sébastien, à Bahia); 10" celle d'Australie (supérieur: D. Rudesinde Salvado, en môme temps évèque de Port- Victoria et abbas nullius de Xouvelle-Xursie). Le mémoire

(1) Verbale, après la séance du 11 juillet.

CONVOCATION DES ABBES 12o

<lu cardinal Pitra demandait droit de séance et de suffrage au concile pour les supérieurs de toutes ces congrégations; il nommait, en outre, dix abbayes particulières dont les abbés méritaient d'être admis, à cause de leur zèle pour la réforme:// Saint-Boniface à Munich, Augsbourg, Rajhrad, Gries, Atlinont, Lambacb, Miehelbeuern, Beuron et Saint-Martin dans le diocèse de Poitiers, en France.

Le résultat de l'enquête de la commission spéciale fut d'abord que sept des supérieurs mentionnés devaient être admis comme tels à siéger et voter au concile, savoir : ceux d'Italie, de France, d'Angleterre, de Bavière, de Suisse, d'Amérique et du Brésil, mais non les supérieurs des congrégations de Subiaco, de Hongrie et d'Australie. Dans celle de Subiaco, on ne vit qu'une portion de celle d'Italie (i); celle d'Australie parut aussi en dépendre ; celle de Hongrie n'était pas à proprement parler une congrégation, puisqu'il n'y avait qu'un seul monastère dans sa région. Cependant l'archi-abbé Kruesz et l'abbé Salvado furent admis, le premier comme abbas nullius, le second comme évêque, en sorte que des dix abbés présentés neuf obtinrent gain de cause. Quant aux dix abbés de monastères isolés, nommés par le cardinal Pitra, la congrégation, conformément aux règles posées, leur refusa le droit de prendre part au concile.

La commission avait encore à délibérer sur quatre autres abbés bénédictins, au sujet desquels le chargé d'affaires du Saint-Siège en Suisse avait interrogé le cardinal Antonelli; c'étaient les abbés de Dissentis, Engelberg, Mariastein et Rheinau. Leurs prétentions furent écartées. Pour Rheinau seulement, les conditions exigées par la congrégation

(l) La Congrégation de Subiaco démontra plus tard qu'elle était depuis quelque temps indépendante de celle d'Italie. Cependant la Commission centrale ne modifia pas sa décision, et celle-ci fut de nouveau approuvée par le Saint-Père à la fin de novembre. Cfr. le procès-verbal des séances de la congrégation préparatoire, séance du 25 novembre 1869.

auraient été remplies, mais cette abbaye avait été supprimée par le gouvernement du canton de Zurich.

Nous ne «lirons qu'un mot des autres décisions de la commission spéciale sur les droit- des abbés et prélats qui avaient t'ait l'objet de questions ou de requêtes, La réponse fut négative pour D. Louis Tosti, du Mont-Cassin, revêtu de la dignité abbatiale, pour l'abbé cistercien d'Osseg en Boliême, pour les abbés des deux congrégations de Cisterciens réformés ou Trappistes et pour un chanoine de Polizzi, dans le diocèse de Cefalù en Sicile, en faveur duquel on avait l'ait valoir qu'il appartenait à la catégorie des prélats nul lins Sur d'autres cas, il fallut une sérieuse empiète : par exemple, le prieur des chanoines réguliers de Saint-Augustin du Grand Saint-Bernard était-il prélat nulliiis? l'abbé prémontré Jean Chrysostôme de Swert. de Tongerloo, en Belgique, élu par ses collègues de Belgique, avec l'approbation du nonce, poulies représenter au concile, était-il supérieur d'une congrégation formée de plusieurs monastères? les Prémontrés d'Allemagne (Autriche, Hongrie) formaient-ils une ou plusieurs congrégations ayant chacune un président? le supérieur général des Croisiers, qui réside à Sainte-Agathe près Grave, dans le diocèse hollandais de Bois-le-Duc, gouverne t-il un ordre où l'ou émet des vœux solennels? On ne fit pas d'enquête spéciale au sujet des chanoines de Latran et des Cistercien-, parce qu'ils ont à Rome leur abbé général.

Les décisions de la commission spéciale furent soumises le 12 septembre à la Congrégation directrice, qui les approuva. Dans l'audience du 9 (i3?) du même mois, elles furent ratifiées par le Saint-Père.

D'après les informations que reçut le secrétaire de la congrégation, des nonces de Vienne et de Bruxelles, du chargé d'affaires en Suisse, de la Propagande et du supérieur général des chanoines de Latran à Saint- Pierre-aux-Liens, huit des neuf monastères de Prémontrés en Autriche-Hongrie for-

LES ABBES ET LES PRÔCUEEURS 12/

inaient une congrégation sons l'abbé de Strahov (Prague), Mgr von Zeidler, tandis que les monastères du même ordre en Belgique riaient indépendants. On attribua donc droit de siège et de suffrage à l'abbé de Strahov, niais non à celui de Tongerloo. On reconnu! que le prieur du couvent du Grand- Saint-Bernard n'était pas un prélat niillius et par conséquent n'avait aucun droit. Pour le supérieur général des Croisiers en Hollande, la décision fut favorable, car on constata que dans l'ordre on taisait des vœux solennels.

Quant aux abbés des deux congrégations de Cisterciens réformés ou Trappistes, la réponse fui négative, comme nous l'avons vu. A l'audience dans laquelle le pape approuva les conclusions, il glissa un mot en leur faveur ; mais la mesure ne fut pas changée. Le procureur général de l'ordre s'adressa dans la suite au Souverain Pontife, le priant de faire admettre les deux abbés. Le pape y consentit (i). En effet, nous les trouvons tous deux au concile, l'abbé Thimothée Gruyer de la Grande Trappe en France, et l'abbé Ephraïm van der Meulen d'Oelenberg en Alsace.

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