‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 59 sur 213 · LETTRE DE DIX PROCUREURS · texte numérisé non relu

LETTRE DE DIX PROCUREURS

11 ne nous reste que deux partis à prendre : ou bien revenir chez nous les mains vides, sans pouvoir en compensation montrer le moindre avantage retiré d'un voyage si long et de frais si considérables, — et Votre Sainteté comprend assez ce qu'il y aurait là de désagréable pour nos évoques, de surprenant pour nos compatriotes et de pénible pour nousmêmes: — ou bien rester ici oisifs jusqu'à la fin du concile, ce qui entraîne des inconvénients plus graves encore. » Ils ajoutent qu'à côté de la foule des évéques du concile du Vatican, la petite troupe des procureurs — ils sont trente à peine — n'a aucune importance, et que ni par la place qu'ils ■occuperont, ni par les discours qu'ils prononceront, ils ne seront à charge aux Pères. // L'entrée aux congrégations générales leur fut accordée non comme un droit, mais comme une faveur (i). Déjà auparavant, le i3 décembre 1869, soixante-quatre évéques du concile avaient proposé au président de leur donner voix consultative dans les congrégations générales et de leur assigner une place après les abbés et les généraux d'Ordres. Les procureurs étaient des hommes savants et pieux, quelques-uns venus de fort loin ; si ce privilège leur était concédé, ils auraient ensuite plus d'empressement et de zèle pour rapporter dans leurs pays les décrets du concile et en recommander partout l'acceptation (2).

Les motifs allégués dans ces deux lettres ne furent pas trouvés convaincants, et les décisions de la Congrégation préparatoire restèrent en vigueur. Si, dans les conciles futurs, on ne veut pas profiter de la facilité des communications épistolaires pour supprimer la loi qui oblige les évéques légitimement excusés à envoyer des procureurs, on pourrait facilement éviter l'inconvénient dont nous venons de parler

<1' La lettre est dans les Archives.

(2) Une copie de la lettre est dans les Archives, sans le nom des signataires; il «st dit seulement qu'ils étaient 64.

I i-> HISTOIRE 1)1 CONCILE DU VATICAN

en réglant que les absents doivent choisir leurs procureurs parmi les évêques se rendant au concile.

Y. — La Question de l'Admission ai Concile des Vicaires capitulaires.

La Commission centrale, nous le voyons, avait sans cesse devant les yeux la parole si souvent répétée depuis le troisième concile œcuménique, concilia episcoporum es.se, ei ne se prononçait pour la convocation de ceux qui n'étaient pas évêques que quand des traditions historiques bien nettes l'exigeaient, Nous pressentons par là quelle réponse elle devait faire au sujet de l'admission des vicaires capitulaires qui ne sont pas évêques. Jamais, aux conciles antérieurs, ils n'avaient été convoqués.

D'après les procès-verbaux des séances, cette matière fut mise en discussion le 14 mars 1869; on fait remarquer cependant qu'elle avait déjà été abordée auparavant. On rappelle qu'il est d'autant plus nécessaire de l'étudier avec soin, qu'a cause des récentes modifications dans la situation des Etats, beaucoup d'évèehés sont alors vacants. Considérant que les vicaires capitulaires ne sont ni des évêques, ni' des abbés millius, mais de simples représentants du chapitre, gouvernani en son nom pendant la vacance du siège, les cardinaux décidèrent de ne leur donner aucune part aux travaux du concile ; l'histoire de l'Eglise ne fournit, d'ailleurs, pas le moindre indice qu'ils y aient jamais été admis.

Yne requête des vicaires capitulaires de Sicile, comme aussi une brochure de Nicolas Messina ( 1 ), vicaire capitulaire de Xoto, ne réussirent pas à modifier la résolution de la < lommission centrale (2).

I // concilio ecumenico e i vicari capitolari.

2) Procès-verBal du 29 octobre 1869. — On devait croire que Friedrich serait satisfait de cette décision. Il a toujours Thistoire à la bouche: elle seule doit

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