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LA POLEMIQUE EN ALLEMAGNE

liant de laïques, parurent encore en France avant 1869, mais ils étaient sans importance ( 1 ), et nous pouvons les laisser de coté.

En Allemagne, deux brochures ouvrirent la polémique contre le concile. Dans la première (2), « un ecclésiastique catholique » se dresse en l'ace du pape, des évêques et de toute l'Eglise, pour dérouler à leurs veux la liste de leurs péchés et leur donner d'un ton d'autorité des instructions sur la manière de tenir le concile / et sur les décisions qu'il y faudra prendre. Il promet d'exposer sa pensée sur ces deux objets « du point de vue de l'histoire et des nécessites actuelles ». — Effectivement, ses propositions n'ont aucun fondement théologique ou canonique. Quant à l'histoire, voici comment il y puise ses arguments :

Quand un concile a pris une mesure qui va à sa thèse, il L'érigé en règle obligatoire pour tous les autres. Le concile de Trente est pour notre auteur le moins important, et du haut de sa compétence il prononce sur des points essentiels une sentence de réprobation Le concile qui a ses préférences, le modèle à suivre selon lui, dans l'avenir, c'est celui de Bâle, qui aboutit à un schisme patent. En effet, ce concile est gallican, il part de ce préjugé que la constitution de l'Eglise est démocratique (3).

Au concile doivent être convoqués — ainsi parle 1' « ecclésiastique catholique » — non seulement les évêques, mais tous les chrétiens. La chrétienté l'attend, « c'est son droit » (4).

(1 C. V. 1151 b. — Cecconi op. cit. Doc. CXXXVHI.

(2) Das nachste allgemeine Konz-il itnd die wahren Bediirfnisse der Kirclie. Ein Wort an aile wahren Cliristen geistlichen und weltlichen Standes, von eine.m katholischen Geistlichen. Wenigen-Iena, 1<S6'.>.

(3) Cet écrit, et d'autres, est péremptoirement réfuté dans la Civtlta cattolica Ser. VII, vol. 5, p. 722, sqq.; vol. 6, p. 341, sqq. , 467 sqq.

(4) L'auteur parle ainsi, après que le pape a convoqué les évêques seulement.Ce factum a été écrit avant la bulle d'indiction, mais publié après elle, p.l. Note.

Dans un concile œcuménique, on traite d'une affaire générale intéressant tonte la chrétienté, et pas seulement les évêques et les ecclésiastiques, qui n'en sont pas encore arrivés à prétendre constituer seuls toute l'Eglise. « Un concile général doit représenter l'Eglise entière Or, l'Eglise entière ne peut être représentée que si la convocation s'adresse à tous ceux qui ont foi et bonne volonté (i). »

Le peuple pourtant ne doit pas prendre part à la rédaction des décrets doctrinaux; son rôle au concile se borne à « expo ser aux pères assemblés sa foi, ses misères, ses désirs, ses besoins, ses vœux et ses griefs (2).

Mais en fait, le but de l'auteur est d'affaiblir l'autorité des pasteurs légitimes, en fortifiant l'influence du troupeau, de même qu'il veut amoindrir la puissance du pape au bénéfice des évêques. Il insiste sur la <( liberté du concile » : « Ce ne sont pas seulement la force extérieure, lintimidation et d'autres vexations violentes, dit-il, qui peuvent porter atteinte a la liberté du concile: <dle se trouve déjà cruellement lésée si par un déploiement abusif d'autorité ou d'influence ou paï d'autres manœuvres, le pape ou ses légats veulent exercer une pression morale, une violence intime sur les Pères assembles, de façon à lesmettre dans cette alternative ou de donner sur tous les points un assentiment respectueux et silencieux, ou a voir toute contradiction librement exprimée stigmatisée comme un attentat à la foi et à la piété, comme une proposîtio haeretica haeresiin sapiens, schismatica,impia,sedi-

(1) P. 1 sq. — L'auteur oublie que « constituer toute l'Eglise » et « représenter toute l'Eglise » sont des choses bien différentes. Au temps des apôtres, lorsque déjà l'Eglise s'étendait sur de vastes contrées, les apôtres et les évêques ne constituaient pas non plus toute l'Eglise, mais ils la représentaient à eux seuls, quand il s'agissait d'enseigner et d'édicter des lois. Ce qui était vrai d'eux l'est iiio ire de leurs successeurs. Si l'auteur veut résoudre la question « au point de vue de l'histoire », il doit admettre le principe fermement posé par les plus anciens conciles : concilia episcoporum sitnt.

(2) P. 3. — Alors quel besoin de mettre en mouvement tout le monde chrétien? Les évêques rassemblés île toutes les parties du monde n'y sullisent-ils pas '.

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