LA SECONDE BROCHURE D UN ECCLESIASTIQUE CATHOLIQUE
maintien très ferme de « la liberté de pensée pour les catholiques, en tout ce qui n'est pas de foi... contre les efforts d'un parti qui veut nous imposer d'injustes chaînes », de même la prompte suppression de YIndex (i); il insinue que l'Eglise agirait plus sagement en n'obligeant plus sous peine de péché mortel à l'observation de ses commandements : a-t-elle même le droit de le faire, l'auteur hésite à l'affirmer (2) ; au sujet du célibat ecclésiastique, il réclame qu'on donne à chaque prêtre la liberté de quitter le service de Dieu, et, sous condition de ne plus exercer son ministère, la permission de se marier (3) ; il déconseille la fondation des universités catholiques (4) et l'éducation dans les petits séminaires (5) des jeunes gens destinés à l'état ecclésiastique. Le pouvoir suprême dans l'Eglise réside dans le concile uni au pape ; mais si le collège épiscopal est infaillible, le pape (6) seul ne l'est pas. Le journal de Mayence, Katholik, les jésuites et la Congrégation romaine de YIndex forment un parti qui tyrannise les théologiens catholiques (7). L'écrivain libéral en veut tout particulièrement à la Compagnie de Jésus : elle n'est plus appropriée aux besoins du temps, elle est nuisible, et on lui prédit une seconde suppression (8).
Sur le terrain dogmatique l'auteur se montre très faible. Pourtant ses opinions sont sensiblement plus mesurées que celles de la première brochure et ses pages ne respirent pas à beaucoup près la même insolence et le même orgueil. Elles laissent l'impression que l'écrivain, un ecclésiastique bavarois, sans doute, bien qu'adversaire du concile, se soumettra pourtant à ses décisions.
(2) P. 45sqq.
(8) P. 86 sq.
La lutte se préparait surtout eu France et en Allemagne. Mais dans d'autres pays également les libéraux prenaient dès le début une position hostile. « Malheur au concile, s'écriait le député italien Castagnola dans la séance du 5 juillet 1867, s'il se tient en dehors du mouvement scientifique moderne et du progrès de la civilisation ! Malheur au concile s'il définit l'infaillibilité des Syllabus de ses papes! Malheur à lui si le parlement italien oppose ses propres décisions à des décisions destructrices de la liberté (1) ! » En Angleterre, une campagne de brochures et de journaux commença dès 1868 avec l'apparition de l'opuscule de Renouf contre l'infaillibilité du pape. Xous en parlerons plus loin. //
(1) Civilta Cattolica. Ser. VII, vol. 5, pp. 345 et suiv. C. V. 1157 d. sq. Cecconi, Storia, etc., vol. II, Sect, II, Doc.CXL.