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CHAPITRE III

La correspondance française de la Civilta Cattolica (février iS6g).

Une recrudescence de la polémique contre le concile en France et surtout en Allemagne fut causée en 1869 par la publication d'une correspondance française dans le premier numéro de février de la Civilta Cattolica. On a prétendu, à tort, que cet article avait été l'origine de tous les troubles et même qu'il avait été écrit précisément pour provoquer l'hostilité contre l'assemblée.

Quand l'article parut, les troubles avaient commencé et l'histoire de sa publication — nous la raconterons à la fin de ce chapitre — fait tomber d'elle-même la seconde accusation.

La vérité est que cette correspondance a eu pour effet de révéler les secrètes pensées de bien des cœurs. Elle expose l'attitude de la France vis-à-vis du concile ; elle traite successivement : 1) des dispositions du gouvernement ; 2) des sentiments de l'épiscopat; 3) des espérances et des craintes des fidèles // ; 4) de l'hostilité des non-catholiques ; 5) des vœux relatifs aux définitions doctrinales ; 6) des opinions exprimées par la presse.

Les passages qui provoquèrent les plus violentes attaques se trouvent dans la troisième et la cinquième partie. Dans la troisième, les catholiques sont divisés en catholiques libéraux et en catholiques tout court. Les catholiques libéraux, dit-on,

craignent que le concile ne veuille définir les doctrines du Syllabus et aussi l'infaillibilité dogmatique du souverain pontife. Pourtant ils se bercent encore de l'espoir que le concile atténuera ou interprétera certaines propositions du Syllabus dans un sens favorable à leurs idées, et que la question de l'infaillibilité du pape ou bien ne sera pas soulevée ou du moins ne sera pas résolue. Les catholiques proprement dits, c'est-à-dire la grande majorité des fidèles, ont des espérances tout opposées. Dès maintenant ils se soumettent d'esprit' et de cœur aux décisions qui seront promulguées. La plupart d'entre eux sont convaincus que « le futur concile sera fort court et ressemblera sous ce rapport à celui de Clialcédoine. Cette idée ne tient pas seulement aux difficultés dont chacun a conscience, elle procède surtout du sentiment que les évêques du monde entier sont d'accord sur les questions principales, en sorte que la minorité, si éloquente qu'elle puisse être, ne pourra fournir une longue opposition. » Dans la cinquième partie, il est dit expressément que les catholiques souhaitent la définition des doctrines duSyllabus. Le concile pourrait mettre sous forme affirmative en les accompagnant des développements nécessaires les propositions contenues dans ce recueil sous la forme négative. En outre, ajoute la correspondance, « les catholiques accueilleront avec bonheur la proclamation de l'infaillibilité dogmatique du souverain pontife. » Par là serait anéantie la déclaration du clergé gallican de 1682. On ne se dissimule pas cependant, ajoute la correspondance, que le souverain pontife ne voudra peut-être pas prendre lui-même l'initiative d'une proposition qui semble le toucher personnellement. Mais on espère que l'explosion unanime de l'Esprit- Saint, par la bouche des Pères du futur concile œcuménique la définira par acclamation. » Beaucoup de catholiques émettent en outre le vœu que le dogme de l'Assomption de la Vierge soit aussi proclamé. //

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