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LES CINQ ARTICLES DE ,, L ALLGEMEIXE ZEITUNG

semaines (pas plus que le concile de Chalcédoine) ' le 29 décembre 1869, le monde catholique romain se sera enrichi des vérités suivantes, etc. »

Les articles témoignent chez leur auteur de connaissances historiques peu communes, mais doctrines et faits sont dénaturés pour être opposés avec malveillance auSyllabus, à la croyance en l'Assomption de Marie et surtout à l'infaillibilité du pape. Plus tard, quand nous parlerons du livre de Janus, nous nous étendrons davantage sur ses assertions.

Peu après l'apparition des articles, le nonce de Munich les appréciait en ces termes (1) : « Je tiens pour impossible d'imaginer un écrit plus impie, plus pervers, plus destructeur. Toutes les attaques sont concentrées sur la doctrine de l'infaillibilité pontificale. L'ironie, l'hypocrisie, la falsification voulue des pensées, les artifices les plus subtils, l'étalage de l'érudition historique, tout cela est mis en œuvre pour faire rejeter cette doctrine romaine comme fausse et contradictoire, pour la rendre exécrable aux yeux de tous, si c'est possible. L'auteur n'a rien négligé de ce qui peut réveiller les susceptibilités nationales, les préjugés haineux contre le prochain concile. »

Le ton résolu, l'air de supériorité que sait se donner l'écrivain, l'ironie dont il assaisonne son exposition, les connaissances, dont il fait montre, l'art avec lequel il sait tout dénaturer n'étaient en effet que trop propres à séduire des lecteurs peu au courant des matières théologiques et à gagner les esprits sans défiance. Le nonce était bientôt obligé de mander au secrétaire d'Etat (2) que les cinq articles avaient eu l'influence la plus funeste qu'on pût rêver. « Peu de catholiques sont assez pervertis pour admettre toute cette série de mensonges, de méchantes calomnies. Mais ils sont

(1) Dépêche au cardinal Antonelli du 17 mars 1869. Cecconi, l.c. Sec. I, p. 509 et suiv. (trad. tr. t. II p. 437).

(2) Dépêche du5 avril 18(39. Cecconi, l.c, p. 510 sq. (trad. fr., ibid.)

rares ceux qui n'y trouvent pas quelque chose à louer, chez tous ils éveillent le soupçon. Dernièrement, plusieurs membres du Reichsrat se sont rendus chez leur collègue l'archevêque, pour savoir si réellement les affaires du concile à Rome procéderaient de la façon décrite dans les articles de I'Ai/lgemeine Zeitung. Le roi lui même demanda au nonce s'il était déjà décidé / qu'on ferait un dogme de l'infaillibilité du souverain pontife. Rien n'est encore décidé, répondit le nonce, et alors personne ne peut savoir ce que définira le concile ni sur ce point, ni sur quelque autre sujet que ce soit (i).

L'auteur des cinq articles était le prévôt I. von Dollinger, qui dès lors apparaît comme l'âme du mouvement anticonciliaire en Allemagne.

Ignace von Dollinger, fils du célèbre plrysiologiste P. Dollinger, débuta à la Faculté de théologie de Munich comme professeur d'histoire ecclésiastique, en 1826, à l'âge de vingt-sept ans. Professeur de l'enseignement supérieur, écrivain, zélé défenseur des intérêts ecclésiastiques, il mérita grandement de l'Eglise d'Allemagne, et s'acquit une réputation de savoir et de talent extraordinaires. « Depuis près de vingt-cinq ans, écrivait Charles Werner, en 1866 (2), Ignace von Dollinger passe pour un des théologiens les plus savants de l'Allemagne catholique; sans conteste, c'est un des esprits les plus distingués qu'ait produits l'Eglise catholique à notre époque. » C'était bien le jugement que, vers le milieu du XIX0 siècle, on portait en général sur Dollinger; il excitait surtout l'enthousiasme de ses élèves qui se répandaient ensuite par toute l'Allemagne. Beaucoup se voyaient revêtus de hautes dignités ecclésiastiques ou s'illustraient eux-mêmes comme professeurs ou comme écrivains.

(1) Dépêche du 8 mai 1869.

(2) Geschichte der katholischen Théologie seit dem Trientev Komil bis zur Gegenwart. (Mûnchen 1866), p, 470.

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