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LA ,, CIVILTA " A-T-ELLE ENGAGÉ LA POLÉMIQUE

adversaires s'accordent à lui en laisser la responsabilité ; toutes les considérations (i)// qui avaient empêché d'admettre que les articles fussent sortis de la plume du célèbre historien furent naturellement réduites à néant par son attitude ultérieure.

Revenons à la correspondance française de la Civilta. Sans aucun doute elle a notablement accentué le mouvement hostile au concile. L'a-t-elle provoqué? Les adversaires du concile, nous l'avons dit, voudraient qu'on la considérât comme l'origine et la cause des troubles; ils cherchent à faire retomber sur la Civilta tout l'odieux de ces discussions. C'est surtout la thèse de Friedrich.

Son premier chapitre sur ce sujet a pour titre : La Curie engage la polémique sur le concile (2). D'après lui, c'est à dessein que la cour romaine provoqua le conflit. Le but principal de la convocation étant la définition de l'infaillibilité papale, et tout le synode n'étant qu'une série d'intrigues pour y arriver, il fallait à tout prix que la curie pût alléguer un motif de la proposer. « Elle avait besoin, ainsi s'exprime Friedrich, qu'on attaquât la doctrine de l'infaillibilité pontificale, pour pouvoir dire qu'elle était contrainte d'en proposer la définition. » Pour provoquer cette opposition elle fait intervenir au cours des événements comme un purgatif énergique (ein recht drastisches Mittel), le fameux article de février de la Civilta (3). Friedrich dispose tout d'après cette conception : il faut que le lecteur admette que les discussions au sujet du concile n'ont commencé qu'en février 1869.

confiance. Je vous en prie, d'un seul mot arrachez à ces gens leur arme la plus puissante !» (Friedrich, Geschichte, etc., II, 61).

(1) Friedrich, biographe de Dbllinger, le représente simplement comme l'auteur de la lettre (Ignaz, von Dbïllinger,lll,ç. 478 et s). D'après Friedrich (1. c. p. 486, etc.), Dollinger était très attentif à ue point se trahir sur ce point.

(2) Geschichte, etc., 11,3.

(3) Ihid.,p.6.

M. Emile Ollivier (i) observe avec raison que M81' Àlaret en composant son ouvrage en 1868, « a été le premier agresseur ». Friedrich exécute sommairement l'ancien ministre français : sa remarque n'est qu' « une boutade dont il ne faut pas tenir compte (2) ». Quant aux écrits hostiles au concile parus en Allemagne avant l'article de la Civilta, c'est à peine si Friedrich les mentionne (3) à propos des troubles conciliaires, et seulement après avoir bien mis en avant la malheureuse correspondance, origine de toutes les controverses. Naturellement, il ignore les violentes attaques contre la doctrine de l'infaillibilité antérieures à février 1869, que la curie n'avait pas eu besoin de provoquer.

Nous avons sous les yeux // une lettre du i5 janvier 1869, du nonce de Munich, M-1 Meglia, au cardinal Antonelli (4) : « Quelques-uns, écrit-il, redoutent que le concile ne définisse de nouveaux dogmes et par là, ne restreigne le champ laissé libre à la science. On craint surtout la définition de l'infaillibilité du pape. On entend parfois dire à de bons catholiques qu'il serait peut-être préférable, par charité, de laisser cette doctrine dans la phase où elle se trouve actuellement. Il y en a qui craignent que cette définition ne devienne l'occasion d'un schisme. » Le nonce devienne, Mgr Falcinetti, écrit également le '25 janvier au secrétaire d'Etat (5) que le Neue Freie Presse (Dollingcr?) attaque l'infaillibilité du pape et suscite l'agitation anti-conciliaire. En Angleterre, la controverse sur l'infaillibilité était menée très vivement dès 1868, depuis que Page-Kenouf avait violemment attaqué cette doctrine (6). En France, la même année, elle se trouvait au premier plan delà discussion. Si la curie souhaitait des

(1) L'Eglise et l'Etat, etc., 1.405.

(2) Friedrich, 1. c. p. 7.

Cl) Ibid.,p. 20. Plus tard seulement (p. 285et suiv.) il entre dans les détails.

(4j La lettre est aux Ar-b.vjs.

(5) Idem.

(G) Cf. infra ch. XI.

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