HISTOIRE DE LA CORRESPONDANCE DE LA ,, CIVILTA
débats encore plus animés, elle n'avait qu'à attendre l'apparition de l'ouvrage de M" Maret, qui aurait été publié même sans l'article de février de la Civilta.
Ces dates prouvent que Friedrich, apprécie mal le but de cette correspondance; du reste son erreur est établie par l'histoire même de l'article en question. Xous la rapportons ici brièvement telle que nous l'a racontée à nous-même feu le P. Cardella, jadis rédacteur à la Civilta et qui fut chargé de la traduction et de l'impression de ce morceau. Xous nous référerons en même temps à une série de documents qui mettent hors du doute la véracité de son récit.
La rédaction de la Civilta avait décidé de publier sur le concile des communications périodiques fournies par les différents pays. Afin d'avoir des renseignements tout à fait sûrs, le rédacteur en chef, le P. Piccirillo, se rendit chez le cardinal Antonelli, secrétaire d'Etat ; il attira son attention sur l'utilité qu'il y aurait à être exactement informé des mouvements d'opinion qui se produisaient alors dans la chrétienté ; il lui communiqua le plan de la revue et le pria de procurer partout, par l'intermédiaire des nonces, des hommes de confiance à qui l'on pût demander des correspondances périodiques. Le cardinal répondit qu'il avait déjà, de son coté, médité un pareil projet et qu'il ferait droit à la requête.
Au commencement de décembre 1868, il envoya donc une circulaire // aux nonces (1) : Pour l'heureux succès du futur synode, disait-il, il serait avantageux que des différentes capitales on envoyât à Rome des informations périodiques sur le concile ; ces renseignements fourniraient aux commissions préparatoires une connaissance exacte, aussi complète que possible, des mouvements politiques et religieux provoqués par l'attente de la grande assemblée; en second lieu, ils
(1) Voir la circulaire, C. V. 1146 c. sq. Cecgoni, 1. c. Sez. II, Doc. CXXXV.
serviraient à maintenir toujours vive cette attente dans tous les pays, donnant une publicité convenable aux opinions, écrits ou actes relatifs à cet événement extraordinaire. Il priait donc les nonces de choisir des hommes en état de rendre ce service et dignes de confiance, cpii réuniraient des notes sur les points indiqués dans une feuille jointe à la circulaire (i) ; les nonces les transmettraient à la curie tous les quinze jours. Les points indiqués étaient les suivants : i° attitude des gouvernements à l'égard du concile; 2° actes épiscopaux : 3° disposition du peuple, ses espérances et ses craintes; 4 attitude des non- catholiques; 5° opinions de la presse ; 6" livres et écrits sur le concile; 70 vœux et besoins du pays. Bientôt arrivèrent de partout les rapports réclamés. Ceux-là seuls nous intéressent qui ont trait à la correspondance française de la Civilta.
Le nonce apostolique de Paris, Mgr Flavio Chigi, obtint le concours de quatre ecclésiastiques de la capitale. Dans sa lettre au cardinal Antonelli, le 8 janvier 1869, il les présente comme des hommes de talent, de science, de saine doctrine, sur la parole desquels on peut compter (2). Le 12 janvier, il pouvait déjà envoyer deux des correspondances (3). Le cardinal Antonelli les remit à la Civilta, sans dire comment il avait obtenu ces informations. A la Civilta, on croyait que les auteurs écrivaient pour la revue, et comme le prochain numéro allait bientôt paraître, on se bâta de traduire en italien le second mémoire et les renseignements donnés par le premier sur la presse : l'article sans modification essentielle fut présenté aux lecteurs comme une correspondance de France //. Voilà toute l'histoire de la célèbre correspondance de la Civilta du 6 février 1869.
(1) Voir cette feuille, C. V. 1147 a, b. Ceccoxi, 1. c.
(2) Voir cette lettre du nonce, C. V. 1147 b sqq. Ceccoxi, 1. c. Doc. CXXXVI.
(3) Voir la lettre du nonce, C. V. 1147 d, sqq. Ceccoxi, 1. c. Doc. CXXXVII,
(4) Voir les correspondances C. V. 1148 c sqq., 1153 b sqq. Ceccoxi, 1. c.Doc. CXXXVI1I, CXXX1X.