HISTOIRE DE LA CORRESPONDANCE DE LA ,, CIVILTA
On remarquera, en passant, l'inanité de la première accusation portée contre la Civilta : à savoir, qu'elle s'était fait adresser de France une correspondance conforme à ses désirs ; les ecclésiastiques qui l'écrivirent étaient inconnus à la revue; ils n'avaient pas été désignés par elle, mais par le nonce; de plus, la circulaire du cardinal Antonelli ne parle pas de doctrines dont la définition pourrait être indiquée comme un vœu du peuple chrétien, elle ne demande des informations que sur les souhaits réellement formés dans les divers pays. Si le correspondant du nonce a prêté à ses compatriotes des désirs qu'ils n'avaient pas, la responsabilité en retombe sur lui seul.
L'exactitude du récit du P. Cardella est établie jusqu'à l'évidence par les documents. On possède la circulaire du cardinal Antonelli, la liste des points sur lesquels il demandait des informations, la réponse du nonce de Paris sur le choix des correspondants, sa lettre accompagnant l'envoi des correspondances, les deux correspondances elles-mêmes, enfin l'article de la Civilta. Friedrich connaissait ces pièces et toute l'histoire de l'article; — Cecconi les avait déjà publiés (i) ; — pourtant, après les avoir lus, il écrit encore : « Xous n'avons rien à rectifier dans notre précédent exposé des événements de janvier et de février 1869; au contraire, les nouveaux renseignements de Cecconi ne font que le confirmer, le compléter même sur quelques points et le rendre plus clair (2). »
Pour en finir avec cette histoire, notons que les rapporteurs français furent mécontents de la publication de leurs mémoires ; ils s'en plaignirent au nonce. Travailler non pour le Saint-Siège, mais pour une revue, n'était pas la mission importante et honorable qu'ils avaient cru accepter. Le cardinal Antonelli fit à bon droit observer à Mgl Chigi qu'en
(1) L. c. Sect. 1, p. 411 sq.
(2) Geschichte, etc., II, p. 16.
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demandant ces informations il s'était, entre antres choses, proposé de les publier, afin de rendre plus vive l'attente du concile. De fait, dans la circulaire du secrétaire d'Etat (i), ce dessein avait été expressément indiqué.
(1) C. V. 1162 d. sqq. Cecgoni, 1. c, sect. I, Doc. CXLI.
(2) C. V. 1163c. d. Gkccom, 1. c, Doc. CXLTV.