‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 89 sur 213 · ARTICLES DE L ALLGEMEINE ZEITUNG · texte numérisé non relu

ARTICLES DE L ALLGEMEINE ZEITUNG

Cependant les collaborateurs de I'Allgemeine Zeitung, hostiles au concile, n'étaient pas, eux non plus, restes inactifs. Signés de cette même double croix qui avait dissimulé l'auteur îles cinq fameux articles, quelques autres avaient paru, plus étendus, conçus dans le même esprit, mais moins historiques que les premiers. Leur but était de louer la circulaire du prince de Holienlolic, de faire planer sur les noms les plus marquants des commissions préparatoires du concile un soupçon d' « incapacité scientifique », de faire craindre la dénonciation du concordat bavarois et enfin de reprocher à la presse catholique d' « être servie par des hommes sans culture historique, politique, ni théologique et dont, par suite (!), le principal cauchemar était l'existence de l'Etat moderne. La matière de ces correspondances officieuses était sans doute fournie par l'auteur des cinq articles (i).

Pour résumer et couronner dignement toute cette campagne, un des articles ultérieurs de I'Allgemeine Zeitung // conclut : A l'heure actuelle, un concile œcuménique est une impossibilité, car ses membres manqueraient des qualités les plus indispensables, à savoir : un jugement indépendant et une suffisante culture scientifique. Le rédacteur s'attribue donc à lui-même l'autorité suprême dans l'Eglise et, comme il suppose que la très grande majorité des évêques de l'univers entier pense autrement que lui, il déclare qu'ils ne sont absolument bons à rien, qu'en particulier ils ne sont pas aptes à former un concile. La raison de cette infériorité de

il est «connu comme un homme de vie pure et . austère,extrêmement adonné à la prière et au jeune, un partisan -de saint Augustin, un admirateur de Port-Royal, un ami du célèbre Thiersch (un disciple d'Irving),dont l'ouvrage sur les temps apostoliques est bien connu d'un grand nombre de nos lecteurs, etc. » (Das Ùkumenische Konùl. Stewmen aus Maria-Laach. Nout. série, fasc. V (1869, 106 et suiv.).

(1) Histor. polit. Bl^tter 1869, II, 329 et suiv. Nous empruntons ce que nous disons du contenu des articles, aux fascicules de cette revue parus à cette époque.

l'épiscopat est, d'après ses idées, pour la plus grande partie du clergé « l'absence de formation scientifique dans les grands séminaires, où on ne distribue qu'un misérable enseignement théologique ». Et ce sont précisément ces évêques qui seraient la majorité au concile, en particulier ceux des Etats romains. Les évêques anglais suivraient leur Manning, les irlandais leur Cullen, les autrichiens leur Fessier. Le pire contingent serait celui des évêques allemands. Les uns ont été élevés par les jésuites, d'autres n'iraient pas à Rome, d'autres ne comprendraient rien et d'ailleurs n'auraient pas là-bas les ouvrages « avec lesquels ils pourraient se mettre rapidement au courant des questions ». Ainsi arriverait-on à ce résultat déplorable : « à ce concile, personne ne parlerait au nom de l'Allemagne, au nom des vingt-cinq millions de catholiques allemands ». « Qui l'oserait d'ailleurs, à qui même donnerait-on la parole ? » 11 est vrai, parmi ceux qui partagent la manière de voir de I'Allgemeine Zeitung, il y a bien « un petit groupe » d'évêques français, l'évèquc d'Orléans, par exemple, disait expressément un des articles suivants (i).

« Une chose encore qui me surprend et me déplaît d'une façon particulière, écrirait avec raison Jôrg (2), c'est cette injurieuse épithète d' « adulateurs du pape » qu'à la fin de sa première partie l'auteur de ces articles applique à tous ceux qui ne pensent ni ne parlent, comme lui permet de le faire sa prodigieuse impiété. Sa dernière parole est, du reste, une plaisanterie blasphématoire : <c comme pendant du brigandage d'Ephèsc de 449>ûit-il,On aura désormais la« flatterie » de 1869. » Je le demande à l'auteur : que gagne-t-on aujourd'hui à « flatter » le pape? Par définition un flatteur est celui qui cherche à tirer quelque avantage de celui qu'il flatte. Or

(1) Historisch-poltt. Bl.etter, loc. cit. p. 330 sqq.

(2) Ibid. p. 351 sqq.

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