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LES DEPUTES AU PARLEMENT DOUANIER

L'évêque de Trêves ne répondit pas kl' Adresse, comme on s'y attendait (i), parce qu'elle avait été publiée avant de lui être parvenue. L'archevêque de Cologne le fit en quelques lignes envoyées au professeur Bauerband, un des signataires de l'adresse de Bonn (2). Voici le passage principal de sa lettre : « II m'est absolument impossible de souscrire entièrement à toutes les idées et à tous les vœux exprimés dans cette adresse; je ne laisserai pourtant pas de profiter, à l'occasion des indications qu'elle renferme. Je suis heureux, de voir l'insistance avec laquelle ses signataires protestent de leurs sentiments de foi et de leur soumission filiale à l'Eglise, car je m'assure que les décisions du futur concile, qu'elles soient ou non conformes à vos idées et à vos désirs, seront reeues par vous avec l'humble et respectueuse obéissance due aux paroles du Saint-Esprit. » /

Une autre manifestation à propos du concile se préparait encore, elle ne devait pas être adressée à un évèque en particulier, mais à tout l'épiscopat allemand. Ses auteurs étaient ces hommes, qui, plus tard, ont mérité grandement de l'Eglise comme chefs des catholiques pendant le Kulturkampf : le peuple allemand les considère aujourd'hui avec admiration et reconnaissance. Sans doute jusque-là la plupart des signataires de l'adresse de Coblenz et de Bonn passaient avec raison pour des fils dévoués de l'Eglise, pourtant l'esprit qui avait provoqué ce mouvement était bien

festation m'a touché et réjoui ; elle est sans défaut pour le fond et la l'orme. J'en signerais volontiers chaque ligne. J'ai cru voir un éclair perçant les ténèbres; j'ai enfin entendu une parole virile et chrétienne au milieu des déclamations et des flatteries dont on nous assourdit. » G. V. 1181 b. et suiv. Cecconi loc. cit. Doc. CLIX. — Cf. la réponse ibid. Doc. CLX. Malheureusement le généreux champion de la liberté de l'Eglise en France manifesta à plusieurs reprises avant et pendant le concile des mauvaises dispositions à son égard. Il mourut avant l'ajournement de l'assemblée.

(1) Ibid. p. 4 et 5.

(2) G. V. 1180 de suq. Cecconi loc. cit. Doc. CLVIII.

ce même esprit hostile à l'Eglise qui dominait clans les libelles de Janus. Tout autre était l'inspiration de la démonstration dont il nous faut parler : il suffit de nommer l'un de ses principaux artisans, le rédacteur fort distingué des Historischpolitischen Bl.ettek dont nous avons déjà appris à connaître la vaillante campagne contre DÔllinger (i) Jôrg : C'est lui qui, au moment même, où il écrivait ses articles vigoureux contre DÔllinger et ses partisans et en particulier contre Y Adresse des laïques de Coblentz (2) travaillait à cet acte. « Tout d'abord, raconte-t-il lui-même, le projet de la lettre à l'épiscopat allemand, n'était que pour prendre franchement position contre les récentes dépêches du concile publiées par le prince de Hohenlohe (3) ».

Voici sur l'histoire de cette démonstration les renseignements précis, qu'au nom de tous les hommes qui y prirent part, le docteur Jôrg, donnait le 29 août 1869 à l'archevêque de Munich : « En juin dernier, au Parlement douanier allemand s'étaient rencontrés bon nombre de sérieux catholiques de la Confédération du Nord et de l'Allemagne du Sud. Sans l'avoir prémédité, ils conférèrent entre eux du prochain concile général. Bientôt se forma un comité plus restreint, composé de Pierre Reichensperger, conseiller supérieur au tribunal de Berlin, du D1' Probst, avocat à Stuttgart, du D1' Windthorst, ancien ministre du Hanovre, du Dr Ereitag, avocat à Munich, du conseiller Hosius, conseiller au tribunal du district de Xeuwied et de votre très obéissant serviteur. Bien que dans ce groupe fussent représentées des tendances politiques différentes, on se mit pourtant d'accord sur le projet d'adresse que nous vous présentons ici avec toute la déférence possible, comme l'expression de la plus sainte des

(DP. 210, 225.

(2) Historisch-polit. Bl.etter, 1869 II, 239 sqq.

(3) Ibid. 1872, 1, 885.

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