LES DEPUTES AU PARLEMENT DO PANIER
convictions. Mais une réunion plus considérable, comprenant les députés catholiques les plus marquants, convoquée /pour le môme objet, manifesta des manières de voir nettement divergentes sur l'opportunité d'une telle manifestation et aussi sut la manière de la faire parvenir à XX. S S. les êvêques. Votre très obéissant serviteur a été chargé de recueillir de plus amples informations et d'agir ensuite en conséquence. Or, dans la mesure où il lui a été possible, autant qu'il lui a été donné de s'acquitter par correspondance de cette commission, il en est arrivé à reconnaître qu'on ne désirait ni publier une adresse, ni réunir des signatures, mais plutôt faire une communication confidentielle et toute confiante à XX. SS. les archevêques et évêques réunis à Fulda. A cette fin, le très obéissant soussigné prend la liberté de se hasarder à s'adresser à Votre Excellence comme à son très Révérend Ordinaire et la prie en même temps de vouloir bien attribuer la démarche qu'il fait en son nom et au nom de tous ceux qui l'en ont chargé, au zèle qui l'anime pour la sainte cause de l'Eglise (i) ».
Le projet (2) dont il est parlé dans cette lettre contient, après le préambule, la déclaration suivante : « Par la bouche de l'épiscopat uni au Saint-Père en concile œcuménique, nous parlera le Saint-Esprit; et nous sommes prêts à obéir avec respect à ses décisions, à suivre ses avertissements. 0
Un concile ne crée point de dogme nouveau, ajoute notre document, mais proclame seulement ce qui est déjà contenu dans la tradition ; suit une phrase qui appellerait bien des explications : « L'assemblée des fidèles est la dépositaire de cette perpétuelle tradition ; et les laïques eux-mêmes, dans la mesure de leur zèle pour la cause de Dieu sur la terre, ne se
(1) Histcrisch-polit.-Bl.etter,1872, I, 884 sqq. G. 7.1187 a. sqq. Cecconi loc. cit. Doc. GLXII.
(2) Historisch-polit.-Bl.etter loc. cit. p 886. C. V. 1185c. sqq. Cecconi loc. ctt. Doc. CLXI.
2G(i HISTOIRE DU CONCILE DU VATICAN
sont jamais vu refuser le droit de témoigner des aspirations et des tendances de la communauté chrétienne...
)> C'est pourquoi, lit-on plus loin, nous nous sentons pressés de déclarer qu'une pleine liberté d'action et de décision doit être garantie au saint concile contre toute intervention des puissances temporelles. L'Etat ne peut pas entraver les libres résolutions de l'Eglise, quoique son autorité puisse aviser aux mesures à prendre pour l'exécution des décisions conciliaires touchant à son domaine / ou destinées à se traduire en faits extérieurs.
m Nous avons sans cesse devant les veux les principes qu'a rappelés le Saint-Père sur les rapports établis par Dieu entre l'Eglise et l'Etat; mais, comme dans les temps troublés où nous poursuivons nos fins surnaturelles, il est impossible, même aux hommes de bonne volonté, d'avoir les mêmes conceptions des moyens extérieurs de salut, nous ne contestons sa valeur relative à aucune des opinions politiques qui respectent la foi religieuse, et ne mettent pas d'obstacle à la vie catholique, pas même à celle qui, pour mieux sauvegarder la liberté de l'Eglise, croit qu'il est nécessaire de séparer son domaine de celui de l'Etat. En cette délicate matière, l'Eglise se borne à demander aux fidèles que dans leur action politique comme dans toute leur vie, ils fassent droit aux exigences de la foi et de la charité chrétiennes. »
Le texte remis à l'archevêque de Munich proteste contre l'idée des Eglises nationales, mais il espère qu'on respectera «dans l'avenir, comme on l'a fait dans le passé, l'individualité des différents peuples et leurs coutumes particulières.
« Au Saint-Père, gardien de l'unité, revient la charge d'avertir, d'exhorter, d'interdire, quand par hasard on veut exposer ou imposer comme catholiques des doctrines que dans sa connaissance de la vérité, il ne juge pas conformes à la foi. »
Autrefois, par suite de circonstances étrangères au dogme