‹ Histoire du Concile Oecumenique du VaticanChapitre 23 sur 49 · DE LA RÉVÉLATION · texte numérisé non relu

DE LA RÉVÉLATION

La même sainte Église, notre mère, tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu par les lumières naturelles de la raison humaine, au moyen des choses créées *. Cependant, il a plu à la sagesse et à la bonté de Dieu de se révéler lui-même à nous et de nous révéler les décrets de sa volonté par une autre voie, qui est la voie surnaturelle, selon ce que dit l’Apôtre : » Dieu, qui a parlé à nos pères par les prophètes de plusieurs manières, nous a parlé en ces derniers temps et de nos jours par son Fils ’. »

C’est à cette révélation divine que tous les hommes doivent de pouvoir, même dans l’état présent du genre humain, promptement connaître, d’une absolue certitude et sans aucun mélange d’erreur, celles des choses divines qui ne sont pas de soi inaccessibles à la i-aison humaine. Ce n’est pas à dire que la révélation soit pour cela absolument nécessaire, mais c’est que Dieu, dans sa bonté infinie, a ordonné l’homme pour une fin surnaturelle, c’est-à-dire pour participer aux biens divins qui surpassent absolument l’intelligence de l’homme, car l’œil de l’homme n’a point vu, son oreille n’a point entendu, son cœur n’a pu s’élever à comprendre ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment’.

' Rom., i, 20.

> Hébr,, i, 1-2.

’ I Cor., Il, 9.

Hæc porro supernatnralis revelatio, secundum universalis Eccle.siæ fidem, a saiictaTridentiiia Synodo declaratam, coiitinetur iii libris scriptis et sine scripto traditioiiibus, quæ ipsius Christi ore ab Apostolis acceptas, aut ab ipsis Apostolis Spiritu Saiicto dictante (}uasi permaïuis traditæ, ad nos nsque perveneriint *. Qui qiiidein veteris et novi Testamenti libri integri cum omnibus suis partibiis, prout in ejiisdeni Concilii decreto recensentiir, et in veteri vulgata latina editione habentnr, pro sacris et caiionicis suscipiendi sunt. Eos vero Ecclesia pro sacris et canonicis habet, non ideo qiiod sola humana industria concinnati, sua deinde auctoritate sint approbati ; nec ideo diimtaxat, quod revelationem sineerrore contineant ; sed propterea quod Spiritu Sancto inspirante conscripti Deiim liabent auctorem, atque ut taies ipsi Ecclesiæ traditi sunt.

Quoniani vero, quæ sancta Tridentina Synodus de iiiterpretatione divinæ Scripturæ ad coercenda petulantia ingénia salubriter decrevit, a quibusdam hoininibiis prave exponiintiir, Nos, idem decretum rénovantes, banc illius mentem esse declaramiis, ut in rebus ddei et moruni, ad œdificatioiiem doctrinæ Cliistianæ, pertinentium, is pro vero sensu sacixe Scripturæ habendiis sit, queni teniiit ac tenet Sancta Mater Ecclesia, cujus est jiidicare de vero sensu et interjiretatione Scripturarum sanctariim ; atque ideo nemini licere contra hune sensum, aut etiam contra unauimem conseiisum Patnim ipsam Scripturam sacram interpretari.

‘ Concil. Trid. Sess. IV. de Can. Script.

Or, celle révélation surnaturelle, selon lu foi de l’Église universelle qui a été proclamée par le saint Concile de Trente, est contenue dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues de la bouche de Jésus-Christ même par les Apôtres, ou transmises comme par les mains des Apôtres sous l’inspiration du Saint-Esprit, sont venues jusqu’à nous *. Et ces livres de l’Ancien et du Nouveau-Testament doivent être tenus pour saints et canoniques en entier dans toutes leurs parties, tels qu’ils sont énumérés dans le décret du Concile de Trente et dans la vieille édition latine de la Vulgate. Ces livres, l’Église les tient pour saints et canoniques, non point parce que, composés par la seule habileté humaine, ils ont été ensuite approuvés par l’autorité de l’Église, non-seulement parce qu’ils contiennent la révélation sans erreur, mais parce que, écrits sous l’inspiration de l’Espril-Saint, ils ont Dieu pour auteur et ont été livrés comme tels à l’Église elle-même.

Mais parce que quelques hommes jugent mal ce que le saint Concile de Trente a décrété salutairement touchant l’interprétation de la divine Écriture, afin de maîtriser les esprits en révolte, Nous, renouvelant le môme décret, Nous déclarons que l’esprit de ce décret est que, sur les choses de la foi et des mœurs qui concernent l’édifice de la doctrine chrétienne, il faut tenir pour le vrai sens de la sainte Écriture celui qu’a toujours tenu et que tient notre sainte môre l’Église, à qui il appartient de déterminer le vrai sens et rinlerprélalion des saintes Écritures ; en sorte qu’il n’est permis à personne d’interpréter l’Écriture contrairement à ce sens, ou même contrairement au sentiment unanime des Pères.

‘ Concile de Trente, session IV. Décret de Can. Script.

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