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état de l’Église; — 13® Décision sur les controverses et extermination des erreurs; — 16® Choses concernant la piété et l’Église universelle ; — 17* Matières de re • ligion.
On pourrait étendre cette nomenclature ; cela suffit pour montrer combien large et générale est cette simple formule : Dans la foi et dans les mœurs, qui est l’expression traditionnelle de l’objet de riufailUbilité de l’Église.
Il est clair que toutes ces phrases sont équivalentes. Elles sont plus ou moins explicites, mais elles ont toutes, au fond, la même signification, savoir, que l’Église est infailliblement guidée en ce qui concerne les matières de foi, de mœurs, de piété, et le bien général de l’Église elle-même.
L’objet de l’infaillibilité n’est donc p.as autre chose que la Parole de Dieu révélée et tout ce qui a une telle connexion avec la vérité révélée, que, sans cela, la Parole de Dieu ne pourrait être gardée, exposée et défendue; comme, par exemple, les déclaratitîlis de l’Église sur les Canons des Écritures, sur leur authenticité et sur leur vraie interprétation, etc.
Il est clair, en outre, que l’Église est infailliblement guidée, non-seulement dans les matières révélées, mais aussi dans les matières qui sont opposées à la révélation. En eflfet, l’Église ne pourrait accomplir sa mission d’enseigner toutes les nations, si elle n’était pas en état de proscrire avec une certitude infaillible les doctrines en désaccord avec la Parole de Dieu.
D’où il résulte encore que l’objet direct de l’infaillibilité est la Révélation ou la Parole de Dieu, et que son objet indirect est tout ce qui est nécessaire pour l’exposer ou la défendre, eu même temps que tout ce qui est contraire à la Parofle de Dieu, c’est-à-dire à la foi et aux mœurs. L’iîglise ayant reçu de Dieu la charge de condamner les erreurs dans la foi et les mœurs^ est par conséquent infailliblement assistée pour discerner et proscrire les fausses philosophies et la fausse science h C’est de ce chef que vient la condamnation des textes hérétiques, tels que les Trois-Chapitres, proscrits au cinquième Concile, VAugustinus de Jansénius, etc,, et aussi les censures, majeures ou mineures, telles, par exemple, que celles d’hérésie et d’erreur, à cause de leur opposition avec la foi, et celles de témérité, de scandale, etc,, à cause de leur opposition avec la morale.
L’autorité doctrinale de l’Église n’est pas restreinte aux matières de la révélation.
11 est donc évident que l’autorité doctrinale de l’Eglise n’est pas restreinte aux matières de la révélation, mais qu’elle s’étend aussi aux vérités positives qui ne sont pas révélées, toutes les fois que son auto-
* Porro Ecclesia, quæ nca cum apostolico munere docendi, mandatum accepit fidei deposilum custodiendi, jus eliam et ollicium divioitus habeat fdlsi nominis scienliam prohibendi, ne quis decipiatur per philosophiam et inanem fallaciam (Coloss., Il, 8), Conslitutio prima de Fide catholica, cap. iv. De Fide et Ratione. Appendix, n° v.
rite doctrinale ne peut pas dûment s’exercer dans la promulgation, rexi)lication et la défense de la révélation sans qu’elle juge et prononce sur ces matières et ces vérités. Les propositions suivantes vont éclaircir ce point :
Vérités de science.
1“ L’autorité doctrinale >ie l’Eglise e.st infaillible dans toutes les matières et dans toutes les vérités nécessaires à la garde du dépôt de la foi.
Cela s'étend à certaines vérités de la science naturelle, comme, par exemple, à l’existence de la substance; et à des vérités de la raison naturelle, comme à l’immatérialité de râme, qui est la forme du corps et autres choses semblables. Cela s’étend aussi à certaines vérités de l’ordre surnaturel, qui ne sont pas révélées, comme l’authenticité de certains textes ou de certaines versions des Saintes Ecritures.
Le Concile de Trente a déclaré, par un décret dogmatique et sous peine d’anathème, que l’édition de la Vulgate est authentique. 11 y a là une définition ou jugement dogmatique qui doit être cru sur l’autorité infaillible de l’Eglise ; mais il n’y a pas là une vérité ou un fait révmlé.
Vérités d’histoire.
2" Il y a des vérités d’histoire purement humaine, qui, par conséquent, ne sont pas révélées, mais sans
' Concil. Later. v. lialla Ajmtlolici /î-ÿ/mniit.
lesquelles le depot de la foi ne peut être enseigné ou gardé dans son intégrité ; par exemide, que saint Pierre a été évêque de Rome; que le Concile de Trente et le Concile du Vatican sont œcuméniques, c’est-à-dire légitimement célébrés et confirmés; que Pie IX est le successeur de Pierre en vertu d’une succession légitime.. Ces vérités ne sont pas révélées. Elles ne tiennent aucune place dans l’Ecriture, et, à l’exception de la première, elles n’iippartiennent pas davantage à la tradition. Cependant elles sont si nécessaires à l’ordre de foi, que cet ordre tout entier serait miné, si elles n’étaient pas infailliblement certaines. Or, une telle certitude infaillible ne peut reposer sur les seuls moyens de l’histoire et de l’évidence humaine.
Faits dogmatiques.
5® 11 y a des vérités d’interprétation qui ne sont pas révélées, et sans lesquelles le dépôt de la foi ne peut être préservé.
Le Concile de Trente' déclare qu’il appartient à l’Eglise déjuger du vrai sens et de l’interprétation de l’Ecriture. Or, le sens de l’Ecriture est double, c’est-àdire qu’il y a le sens littéral et grammatical, ou, comme on l’appelle, le seimis quis, et le sens théologique et doctrinal, ou semus qualis. L’Eglise juge infailliblement dans les deux cas. Elle juge, quand il s’agit de savoir si tel ou tel mot, tel ou tel texte ont tel ou tel sens lit-
■ Sess. IV.
téral ou grammatical ; elle juge également de la conformité ou de la contradiction de ce sens avec la règle de foi. La première question est une question de fait, la dernière, une question de dogme. Personne, excepté des hérétiques, n’a jamais nié que cette dernière tombe .sous l’infaillible jugement de l’Eglise. Pour la première, des catholiques, qui ont continué de l’être, ont contesté pour un temps l’infaillibilité de ce jugement, parce qu’il y a là, en effet, une question de faits dogmatiques. Mais les jansénistes n’ont jamais essayé d’étendre leurs négations au texte même de l’Ecriture, quoique la question soit absolument la même. L’Eglise a la môme assistance d’en haut pour juger le sens grammatical et le sens théologique des textes, que ce soient des textes sacrés ou des textes humains, et c’est un droit qu’elle a exercé dans tous les temps.
Uii exemple. Le pape ïïorniisdas > dit : « La véné-
< rable sagesse des Pères a prudemment défini quelles « sont les doctrines qui sont catholiques, en détermi- « liant ceux des anciens livres qui doivent être reçus « comme authentiques et inspirés du Saint-Esprit, de « peur que le lecteur, suivant sa propre opinion... « n’aflSrme, non ce qui tend à l’édification de l’Eglise, « mais ce que sa propre fantaisie a conçu. >
Le pape Nicolas 1" écrit’ : « Par leur décret (c’est- « à-dire des Pontifes romains , les écrits des autres au-
< teurs sont n[)prouvés ou condamnés, de sorte que ce
« Hormisdæ Epist. Lxx. Labbe, Concil., tom. v. p. C64.
> Nie. Ep. ad Univ. Episc. Galliæ. Labbe, Concil., tom. x. p. 282.
« qui est approuvé par le Siège apostolique doit être « aujourd’hui reçu, et que ce qui a été rejeté, doit être « estimé comme de nul effet, etc. »
Le pape Gélase, dans un Concile tenu à Eorae, a porté ce décret ; a Pour les écrits de Cæcilius Cypria- « nus (saint Cy[>rien), martyr, évêque de Carthage, ils a doivent être intégralement reçus ; également pour les « écrits du bienheureux Grégoire, évêque de Nazianze;... a également, pour les écrits et traités des Pères ortho- « doxes, qui n’ont eu rien dévié de leur fidélité à l’Ea glise romaine, et qui ne se sont pas séparés de sa foi a et de son enseignement, mais qui, par la grâce de a Dieu, ont participé à sa communion jusqu’au dernier a jour de leur vie, nous décrétons qu’on peut les lire'.
’Yoici ce que dit ïurrecremata : « On doit croire a que le Pontife romain est guidé par le Saint-Esprit a dans les choses de foi, et que, par conséquent, il ne <1 peut errer en ces matières ; autrement, on pourrait « dire aussi facilement qu’il y a eu erreur dans le choix a (ouïe discernement) des quatre Évangiles, des Epîtres a canoniques et des livres d’autres docteurs, les uns a étant appi’ouvés, les autres désapprouvés, et il est « évident, pourtant, que ce choix a été déterminé par B les papes Grégoire et Gélase L» Il dit encore ailleurs : a La sixième espèce de vérités catholiques se compose « de celles qui sont affirmées par les docteurs, approu-