‹ Histoire du Congrès de ParisChapitre 27 sur 43 · PROTOCOLE N» XXII · texte numérisé non relu

PROTOCOLE N» XXII

Séance du 8 avril

Présents : les Plénipotentiaires

de r Autriche,

de la France,

de la Grande-Bretagne,

de la Prusse,

de la Russie y

de la Sardaignc,

de la Tui-quie.

•Le protocole de la précédente séance est lu et approuvé. M. le comte de Cbâendoa rappelle que, dans la dernière réankm, et attendu que tous les Plénipotentiaires n'étaient pas enooie en me- . sure d^accéder à d'autres propositions, le Congrès s'est borné à oon*

venir de la levée des blocus. U annonce que les Plénipotentiaires de Id (iiaiide-Bretagne sont aiijoiii d hui autorisés à faire savoir que les di^cisions rcstnctircs iniji >l'os, à l'occasion de la guerre, au commerce et à la navigation, sont à la veille d'être rapportées.

MM. les Plénipotentiaires de la Russie ayant renouvelé la déclaration analogue qu'ils ont fiiite dans la séance du 4 avril, et tous les autres Plénipotentiaires ayant émis un avis favoraUe, le Congrès arrête que toutes les mesures, sans distinction, prises à rotigine ou en vue de la guerre, et ayant pour objet de suspendre le conuneioe et la navigation avec TÊtat ennemi, sont abrogées, et qu'en tout ce qui concerne soit les transactions commerciales, sans en eicepter la coolii haïuK' Je guen-e, soit les exixiditions de marchandises et le traitement des bâtiments de coitiriierce, les l1iosi\< sont rétablies part Hil, à dater de ce jour, sur le pied où elles se ti'OUNaieiit Hv;iiit la guerix*.

MM. les Plénipotentiaires de la Russie annoncent qu'ils ont reçu Tordre de déclarer, en réponse à la demande qui leur en a été faite, que le port de Sébastopol sera ouvert aux bâtiments des Puissances alliées, afin d'accélérer l'embarquement de leurs troupes et de leur matériel.

nu CONGRÈS DE PARIS 109

Ils ajoutent que les instnicttons qui leur sont poircnucs leiu' permettent d'assurer que révacnation du territoire Ottoman en Asie, par rirmée Rime, commeiicera immédiateiiieiit apiès Técliange des ra- UMioiiB; qu*a sm procédé, dès q[ue la saison et Télat desnnitcs k pennettront, an tian^rt des inagarins et du matériel de gneire, et qne le moavemeiit général de l'armée Russe s*opàm simuUanément «fee eefail des aillés, et se terminera à la même ëpo<}ue, et dans les délais Ihës pour ré>acnation des autres territoircs.

An nom de la ronuuissioii chaigee d'en pn>p()ser la rédaction, M. le Baron de BMui ijUPney donne lecture d'un projet d'instnictlons destinées aux Commissaires qui de\ ront se rendre dans les Principautés, aux termes de Tarticle 23 du Trailé de paix.

M. le Comte de darendon fait remaïqoer iiue le Congrès s'est, afiDt tout, proposé, en s*oeenpant des Provinces DandMennes, de provoquer Teipiession, lilneroent émise, des Tmui dtt populations, et ifue cet objet pourrait ne pas se réaliser, si les Hospodars restaient en possession des pouvoirs dont ils disposent, et qu'il y aurait lieu peut-être de rechercher mw coiahiiiaison de nature à assurer une lihi'iti' fomplète aux Divans nd hor.

M. lo ;i\emier rK'iiij)t»{entiaire de i'Aulriche répond qu'on ne doit toucher à 1 administration, dans un moment de transition comme celui que les Principautés vont traverser, qu'avec une extrême réserve, et qne ee serait tout compromettre que de mettre fin à tous les pouvoin avant d*en avoir constitué de nouveaux; que c'est à la Me, dans tous les cas, que le Congrès devrait laisser le soin de picndre les mesures qui pourraient être jugées nécessaires.

Aalt-Paelia expose que l'administration actuelle ne présente pas, peut-être, toutes les garanties que le Congrès pourrait désirer; mais qu'on s'exposerait à tomber dans l'anarchie, si 1 ou tentait de sortir de l'ordre léiral.

Lord Clarerulnn représente qu'il n'entend nullement pro[ioser le lenversemcnt de tous les pouvoirs ; et, avec d'autres Plénipotentiaires, il nppeile que l'autorité des Hospodars actuels loaclie au terme fixé fÊt ranmgment qui la leur a eonllée, et ipie, pour rester dans les Mmiles de Tordre légal, il 7 a précisément lien d'aviser.

HusiennPlénipotentialpes rappellent ^^alement qne la lolorganique

frétait rinlerruption du pouvoir des Hospodars.

Ii9 fllSTÛlHË

Après ces explications, le Congrès décide qu*il s'en réfère à la Su* blime Porte pour prendre, s'il y a lieu, ù l'expudlioii ik s pouvoirs des Hospodai's actuels, les raesm*cs nécessaires et prtipres à reni' plir les intentions du Congrès , en combinant la libre exprc&i>i«)n de»» vœux Û0& Divans avec ia mainUen de l'ordre et le respect de l'état légal.

Sur la proposition de MM. les pfemiera Piénipoteotlaires de la Grande-Bretagne et de la France, pour prévenir tout conflit ou des dlsaiesions regrettaUes, il est égtlement convenu que le fltman qui doit ordonner la convocation des Divans ad hoc fixera les règles

qui devront être suivies, en ce qm concerne la présidence de ces Assemblées et le mode de leurs délibérations.

Après avuii' pris ces résolutions, le Congrès adopte, sauf quelques modifications qui y sont introduites, les instructions dont M. ie Baron de Bourqueney a présenté le projet, et qui sont annexées au présent protocole.

M. le Comte Walewski dit qu'il est à désirer que les Plënipoten<' Uairesy avant de se séparer, échangent leurs idées sur difiérenli si^ele qui demandent des solutions, et dont il pounait être utile de s'occuper afin de prévenir de nouvelles complications. Quoiqne réuni spédale-

roent pour régler la question d'Orient , le Congrès , selon M. le premier Plénipotentiaire de la France, poumit se reprocher de ne pas avoir pioUle de ia cii cuiislancc, qui met en pivsence les Représentants des principales Puissances de l Europe, pour élucider certaines questions, poser certains principes, ejitpriaier des intentions, toi\jours et uniquement dans le but d'assurer, pour ravenir, le repos du monde, en dissipant» avant qu*il8 ne soient devenus menaçanls» lea nuages que Ton voit encore poindre à rhodion pc^tique.

« On ne saurait disconvenir, ditril, que k Grèce ne soit dans una » situation anormale. L*anarchie à laquelle a été livré ce pa^s a iâ>ligé » la France et l'Angleterre à envoyer des troupes au Pirée, dans un » moment ou leurs années ne manquaient cependant pus d'emploi, w Le Congrès sait dans ijuol état étail ki (it î ce ; il n'ignore pas non tt plus que celui dans lequel elle se trouve auj^an tl tiui est loin d r ti r- » satisfaisant. Ne serait-il pas utile, dès lors, que les Puissances re- » présentées au Gongiàs manitostassoni le désir de voir les trois » Cours protectrices ^«ndre en mûre considération la situation dé*

DU CONGRÈS DE PARIS iii

» plorable du Royaume qu*eUfis ont créé, en avisant au moyeu d'y

» poun oir? »

M. le Comte Waiewski ne doute pas que Lord danodou ne m joigne à lui» pour déclarar que les deux GouTenwmenls attendenl avec impatience le moment où 0 leur sera pennis de faire oesaar une occupation à laquelle, cependant, ils ne sauraient mettre ân sans de Irès-séri^ix inconvénients, tant qu'il ue sera pas apporté do modiûcations réelles à l'état actuel des choses en Grèce.

M. le premier Plénipotenliaire de la traiice rappelle ensuite que les Ktats Ponti(icau\ sont également dans une situation anormale; que la nécessité de ne pas laisser le pays livré à l'anarchie a déter> miné la Fiante, aussi bien que T Autriche» à répondre à la demande du Stâolf^iége, en taisant occuper Rome par ses troupes» tandis que les troupes Autrichiennes occupaient les Légations.

D expose que la Fkance avait un double motif de déférer, sans hé-j sitaHon, à la demande dn Saint-Siège, comme Puissance catholique et comiiie ('ui>sance Européenne. Le litre de Fils aîné de l'Église, dunt le souveraiii de la lYance se glorifie, f lit un devoir à l'Empereur de prêter aide et soutien au Souverain l'ont if»» ; la ti'anjpulllté des Étais Romains, dont dépend celle de toute l'Italie, touche de tiop près au maintien de l'ordre en Europe pour que la France n'ait pas un intMt nuyeur à y concourir par tous les moyens en son pouvoir. Mais» d^rn antre côté» on ne saurait méconnaître ce qn*il y a d^anormnl dans la situation d*uDe Puissance qui» pour se maiatenirj a te» soin d*étre soutenue par des trompes étrangères,

M. le Comte Walewskt u'hësite pas à déclarer, et il espère que M. le ('omte de Buol s'associera en ce qui coucerno l'Autriche à celte d^lai-alion, que liou-M'uliMnent la France est prrte à retirer ses troupes, mais qu'elle appelle de tous ses vœux le moment où elle pouira le l'aire sans compromettre la tranquillité intérieure du pays et f autorité du Gouvernement Pontifical, à la prospérité duquel TEmperenr, son auguite sourerain, ne cessera jamais de prendre le plus vir intérêt

M, le piwiiier Plénipotentiaire de la France représente combien il est à dérfrer, dans Vtntérèt de l'équilibre Européen, que le Gmrw* nement Romain se consolide assez fortement pour que les troupes

fruiiçaisos et Autrichiennes puissent évacuer, sans inconvénient , les

Ëtatii Pontificaux^ et il ci-oit qu'un vœu exprimé dons ce sens pourrait ne pas être sans utilité. 11 ne doute pas, dans tous les cas, que les «sfiuaDces <iiii seraient donnëes par la France et par rAutriche nur leurs Intentions à cet ^gard, ne produisent partout une impression tkvoraUe.

PonrsulTant te même ordre d'idées, M. le Comte Walewsld se demande s'il n'est pas à souhaiter que certains Gouvernements de la

Péninsule !tali<{ue , appelant à eux , par des actes de clémence bien entendus, les esprits égarés 1 1 inui jun vei mettent fin à un système qui va directement contre son but, et qui, au lieu d'atteindre les ennemis de l'ordre» a pour elfet d'ankiblir les Gouvernements et de donner des partisans à la démagogie. Dans son opinion, ce serait rendre un service signalé au Goufemement des Deux-Siciies» aussi bien ipi'à la cause de Pordre dans la Péninsule Italienne, que d'éclairer ce GouTemement sur la finisse voie dans laquelle il 8*est engagé. 11 pense que des avertissements, conçus dans ce sens et pro* venant des Puissances représentées an Congrès, seraient d'autant mieux accueillis que le Cabinet Napolitain ne saui ait mettre en doute les motifs qui les auraient dictés.

M. lo premier Plénipotentiaire de la France appelle ensuite Paltention du (-lon^nès sur un sujet qui , bien que conccniant plus paiiiculièrementla France, n'en est pas moins d'un intérêt réel poiu* toutes les Puissances Européennes. 11 croit superflu de dire qu'on imprime chaque Jour , en Belgique , les publications les phis injurieuses, les plus hostiles contre la Franoe et son Gouvernement; qu*oo y prfiehe ouvertement la révolte et Passassinat. n rappelle que, récemnoent encore, des joumanx belges ont osé préconiser la sodélé dite la Mariatme, dont on sait les tendances et Pobjet ; que toutes ces publications sont autant de machines de guerre dirigées contre le ix'pos et la tranquillité inUrieure de la France parles ennemisMc l'ordre social, cfui, forts de l'impunité qu'ils trouvent à l'abri de la léj^isiation belge , nourrissent l'espoir de parvenir à réaliser leurs coupables desseins.

M. le Comte Walewslû déclare que Punique désir du Gonvemeraeat de PBmpereur est de conserver les meilleurs rapports avec la Belgique. 11 se hâte d*iyouter que la Ftw» n*a qu*à se louer du Cabinet de BmieUes et de ses ellbrts pour attàmer un état de choses

DL CUxNGRË^S DE PARIS 113

qu'il n'c^t pa» À même de changw» sa MgisbUiop ne kii penncttaiii ni de réprimer les eieës de la prasie, ni de prendie riottialiipe d'une réÊoum devemie ebsolninent indispensable, « Noos regreHerioas, 9 Hê^û^ d^êlre placés dans robligaûon de fiùre comprendre nous- » mêascsà la Belgique la nécesBHé rigoureuse de modifier une logis- » ktionqni ne permet pas à son Gouvcrnemcnl de remplir le premier « des devoii-s mU ] nationaux, celui de ne pas tolérer chez soi des nic- » tjctô >i\.uit [ii'iu liiil ,(\Mih'dr pf>rter atteinte à la îr;ini|u,iililc des « Etats vuâauàa. Le» lepreaciilaliotis du plus fort au hh'Hi^ fort iws- » semblent trop à la menace pour que nous ne cherchions pas à évi- » ter d'y ajroir recours. Si leS représenf uits des grandes Puissances

* de noofoif^ appréciant, au même point de vue que nous, celte né- » ceasiiéy jqgeaieDt opportun d'émettre leur opinion à cet 4gard, il » est fvoWilfl que le Gouvernement Belge, s'appuyant sur la grande » majorité du pays, se trouverait en mesure de mettre fin à un état » de dioies qui ne peut manquer, tôt ou tard, de faire naître des dif- » licultés ol nu [lie des daiigei"s, qu'il est de riutérèt de la Belgique

M. le Comte Walcwsk.! propose an rnn:;ics de teinniiei suo ojuvie par une dcclaratiou qui cunaUtuerait un progrès notuhle dans le droit intemalk^nal, et qfui serait accueillie par ic monde entiei* avec un eentimenlde vive reconnaissance.

« le. Gonflés de Wea^dialie, igoute-t-il, a consacré la iil^rté de

* gWff^qwg» la Congrès de Vienne l'abolilion de la traite des noirs et

* la llberfé de la navigation des fleuves.

n 11 serait digne du Congrès de Paris de mctli-e fin à de trop longues tt dissidences en posant U^s hases d'un droit maritime uniforme, en » lernp* de guerre. Les quatre principes suisauls atteindraient coni- » plétemeiil ce hut :

9 l'' Abolition de la course j

» S» Le pavillon neutre couvre lamarcliaDdisc ennemie, excepté la

» conMbande de guerre; « 30 mftftlM>«dî«A neutre, excepté la contrebande de guerre,

« n*est poâ saiaissaMe même sous pavillon ennemi ; » 4* Les blocus ne sont obligatoires qu'autant qu*ils sont cflèctirs. »

M. le Comte de CUrendon, partageant les opinions émises par M. le Comtf^ \\ aie^\ ski, dcclaï c que, comme la France^ TAnglcterre entend

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114 HISTOIRE j

mppeler l«8 troupes qn'dle & &é dans robltgaUon d*eiiToyer en Grèce, dès qu'elle poomi le liiife sans Inconvénient pour la tranqulllilé puUiqiic ; mais qu'il font d*abord combiner des garanties solides

pour le maintien d'un ordre de choses satisfaisant. Selon lui, les Puissanccs pi ( tocti ices pourront s'entendre sur le remède qu'il ost indis- - >

pen- ible d a]'pnrtpr ;i iin sy-tL'iiio pivindicitilvle au pajs, et qui s'o>t complètement éloigné du Iml (pi'olles s'étaient proposë en y établisî>ant une monafclde indépendante pour k bien-être et la prospérité du peuple grec.

M. le premier Plénipotentiaire de bi Grande-Bretagne rappelle que le Itaité du 30 mars ouyre une ère nouvelle ; qu'ainsi que TEmpereur le disait au Congrès, en le recevant api*ès la signature du Traité^ œtte ère est celle de la paix ; mais que, pour être conséquents, on ne devait rien nëj^liper pour rendre cette paix .solide et durable ; cpic, ; représentant les prim ipales Pni-Nuices de l'Europe, le Congrè< man- ^ qtierait à ^' ii dcMai , en se séparant, il consacrait, par son silence, des situations qui nuisent & l'équilibre politique, et qui ^ut loin de mettre la paix à Vabri de tout danger dans un des pays les plus inté'^ ressants de TEurope.

« NofDs venons, continue M. le Comte de Clarendoni de pourvoir à 9 révaenation des diilérents territobres occupés par les années étran- » gères pendant la guerrei nous venons de prendre rengagement so- » Icnnel d'effectuer cette évacuation dans le plus bref ddlai ; comment i » pourrions-nous ne pas nous préoccnper des occupations qui ont en , » lieu avant la guerre, et nom abstenir de itîcherchcr les moyens d ^ , » nietlic lin? )i

M. le premier i*leinpnterUiairc de la Grande-Bretagne ne croit pas utile de s'enquérir des causes qui ont amené des armées étrangères sur plusieurs points de Tltalie; mais il pense qu*en admettant même «pte ces causes étaient Intimes, il n*est pas moine vrai qu*il en ré< suite un état anormaI> fnn^ulier, quine peut être justifié que par une nécessité eitrême> et qui doit cesser dès que cette nécessité ne tte fait plus impérieusement sentir; que, cependant, si on ne travaille pas à metbne un terme è cette nécessité, elle continuera d'exister; qiuî, fii on se contente de s a[>puyer sur la foi ce armée, au lien de cliei cher à porlei lenièdc aux justes causes rin niécontenteincnt, il est certain qu'on rendra permaueut uu système peu honorable pour les Gouver-

Dt COiNGRÉS DE PARIS iï'ù

nemente et legretteUe poitr kft peuples. U pense que radminiStnP tien des tels Bamaine offre des ineoinéaieiits d'où penwt mitre déstet^ que le Congrès a le dkoU de cherdier à conjurer; que, les négliger, ce serait ^eipeser à travailler au profit de la Téfiilution

(flic tous les (iouvcniemenlî^ condamnent et veulent prévenir. Le proiik'iiio. >[u il est ursTpnt de résoudre, consiste h combiner, selon lui, la relVdiUi iii - ii 'U[ . - ( îr?uigères avec le maintien de la ticui»|uillité, et celte soluiioti lepostî dans Torganisation d'une administration qui, en faisant renaitre la oonfiance, rendrait le Gouvernement indépendant fle^lqfai étranger ; cet appui ne réussissant jamais à maintenir un Gôuftatmnent auquel le sentiment publie est hostile, il en résul* tenil, dans' m opinion, un rôle que la Fïance et rAutriche ne voudreient pas iooepter pour leurs armées. Pour le blen4lre des États PtonfHkÉux, Éomie dans Vintérét de Vantorité souTOraine du Pape, il serwH «îone utfk», selon hii, de recommander la sécularisation du Gouvcruciuent et Torganisation un système administratif en har monie Rvee IVspril du -ir( le et ayant pour but le bonheur du peuple, il ddjiiel t{iïe ii lii' [ f r 11 II!.' présenterait peut-être à Rome uièinc, en ce moment, certaine- «iiiiiriiiti ; mais il croit qu'elle pourrait complir facilement dans les Légations. ♦

H. le finnÉer Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ledt remar^ qner qtiët^de|IÉIhnit ans, Bologne est en état de siège, et que les campâjgnés soiM tourmentées par le brigandage. On peut espérer, pense-t-ll, qu^eii eonstttuant, dans cette partie des États Romains, un iiégîme <dmfal8tniilf et judiciaire à la fois laïque et séparé , et qu'en ▼ organisant une force armée nationale, la sécurité et la confiance s'v rét vlilir.uriit [vipidemi^nt, et que les troupes Autrichiennes puuii aient ^ iiiiiiiii «Lvaiàl p u - in-^ ipi/on ont à redouter le retour de nouvelles agitations; c'est, du moms , une expérience qu'à son sens on devrait teator^ i$t ce remède, offert à des maux incontestables, devrait être ëomnfe! |iàr le Congrès à la sérieuse considération du Pape.

ftll ee ^(il «Mmeerne le Gouyemement Napolitain, M. le premier néÉ^^oleillbii*e de la Grande-Bretagne désire imiter Texemple que lui a éoittié Mi le Gbmte Walewski, en passant sons silence des actes qui ont ehmi si ftchenx retentissement 11 est d*avis qu'on doit, sans nul doute ) recomiaitre , en principe , qu'aucun Gouvernement n*a le àiuii il iiiienemr dans les affaii es intérieures des antres États | mais

ne HISTOIRE

il croil qu il est des cas où TexiCeption à celte règle devient également «n di'oii et un devoir. Le Gouvememebt Napolitain lui semble avcÀr OQDfiéré ce droit et iapocé cedevoir à rfiunîpe; et, puûqiie les Gouvememenls repréienléa au Congrès ireulent tons, au même d^gré^ wiilenir le prioeipe nMoanUque et repovuMr la révolulion, on doit élever la voix ooirtre un système qui entietient au sein des mafluea» au lieu de chercher à Tapaiser, reflërvesoeiMseTëvolutkimiatre. « Nomi » ne voulons pas, dit-il, que la paii soit troublée, et il n'y pas de » paix >aii> jiL^tic o ; nous devons donc faire pai venii au Uui dcNaples » le vœu du (.ongièï» pour l aiiielioratiuu de son système de gou\er- » Dément y vœu qui ne saurait rester stérile, et lui demander une » amnistie en laveur des personnes qui ont été condamnées, ou qui > sont détenues, sans juganent, pour délits politiques. »

Quant aux olMervations présentées par M. le Comte Walevrski sur les excès de la presie belge, et les dangers qui en résullcnt pour les pays limiiroplies, les Plénipotentiaires de TAngleterre en reooonaia* sent rtmporlanoe ; mais, représentant d*un pays oë une presse libro cl iudci>endante est, pour aiubi dije, une des institutions fondamentales, il ne sauiail b'associer à des mesures de coerLitiua cunli i' la proî^se d un autie Etat. M. le premier IMénipolentiaire (ie la Gmide- Bi'etagne, eu déplorant la violence à laquelle se livrent certains organes de la presse belge, n'hésite pas à déclarer que les auteurs des exécrables doctrines auxquelles faisait allusion M« le Comte Wale wslâ, que les hommes qui prêchent Vassawinat comme moyen d'atteindre un but politique, sont indignes de la protection qui garantit à la presse sa liberté et son indépendance.

En terminant, H. le Comte de Clarendon rappelle qu*ainrî que lu France, TAngleterre, au commencement de la guerre, a cherché, par tous les moyens, à en atlcnuei les cdels, et que, dans ce hut, elle a renoncé, au profit des neutres, duiaut la lutte qui vient de cesser, à des principes qu'elle avait, jusque-là, invariablement maintenus. Il ajoute que rAnglelciic est disposée à ) renoncer détinitivement, pourvu que la course soit également abolie pour toujours; que la course n*est autre chose qu'une piraterie miganisée et l^ale, et que

les oorsahes sont un des plus grands fléaux de la guerre, et que notre état de civilisation et d*hunianilé exige qu*U soit mis fin à un système qui n*est phis de notre temps. Si le Congres tout entier se nlliait à

Ml

Ja propofiUon de M. k Comte Walew»ki» il serait bien entendu qu'elle n'eogAgenit qa'à Tégard des Puissances qui y auraient accédé, et ^*éile ne pourrait ètieinfoquée par les Gomnieiiients qui auraient rcftné de s'y assoder.

M. le Goittle Qrlofffi^t observer que les pouvoirs dont il a été mnnl ayant pour olqet unique le létablissement de la paix , il ne se croit pas autorisé à prendre part à une discussion que ses instructions n'ont pas pu prévoir.

M. ïii Comte de Duul félicite de \ oir les Gouvernements de France et d Angletenc disposés à metlrc iin auasi promptement que p(^ible à l'occupation de la Mi cce. L Autriche, assurc-t-il, forme les vœux les plus sincères pour la prospérité de ce royaume, et elle désire également^ conune la France, que tous les pays de l'Europe jouissait, sous la protection du droit public, de leur indépendance politique et d*une complète prospérité. 11 ne doute pas qu*une des condilloiis essentielles d*un état de choses aussi désirable ne réside dans U sagesse d'une l^lislation conibinée de nianière à prévenir ou à réprimer les excès de la presse que M. le Comte Walewski a blâmés avec tant de raison, en parlant d'im État voisin, et dont la répression doit être considérée conuuc un besoin Euiopéen. Il espère que, dans tous les États contimnitaux où la presse oUïe les mêmes dangers, les Gouvememenb sauront trouver dans leur législation les moyens de la coulcnir dani? de jtistcs limites, et qu'ils pan iendront aiosi à mettre la paix à l'abri de nouvelles complication» iutcjm- Honales.

En oe qui oonceme les principes de droit maritime» dont M. le premier Plénipotentiaire de la France a proposé radoption» M. le Comte de Buol déclare qnll en apprécie Tespiit et la portéoi mais que, n'étant pas autorisé par ses instructioDs à éotma un avis sur une matière aussi importante, il doit se borner, pour le moment, à annoncer au Congrès qu'il est prêt à solliciter les ordres de son Souverain.

Mai- ici, dil-il, sa tâche doit tinir. Il lui serait impossible, en effet, de s entretenir de la situation intérieure d'États indépt ndants qui ne se trouvent pas représentés au Congrès. Les Plénipotentiaires n'ont reçu d'autre mission que celle de s'occuper des affaires du Levant^ et n*oot pas été convoqués pour bire ooonaltre à des Souverains in^

dépendant:!; de» \a;u\ i t latifs à i'ormMuisalion intérieme de leur pays ; lci> plt ins pouvoii ^j déposcii aux actes du Con^ircs en font foi. Les instrucliunii des Pldnipotentiaires Autrichieiiri, dan^ tous les cas, ayant déimi Tobjet de la mission qui leur a été contice^ il ne Icui* aérait pas permis de prendre part à une discussion ^'elles n'ont pas

Pour les mêmes motifs, M. le Comte de Buol croit devoir s'abstenir d'entrer dans Tordre d'idées aLordé par H. le premier Plënipo* tentiaire de la Grande-Bretagne et de donner des explications sur la durée de roccnpatton des États Romains par les troupes Autri-

chiennes^ tout tiu s'assuciaiit cependant et complètement aux paroles pi'ononcées par le premier Plénipoteutiaii'c de la Fraucc à ce sujet.

M. le Comte Walewski fait remai'quer qu'il ne s'agit ni d'aii*ôter des résolutions définitives, ni de prendre des engagements, encore moins de n^immiscer directement dans les aiïaires intérieures des GouTemements représentés ou non représentés au Congrès , mais uniquement de cansolider, de compléter rceuvre de la paix en se préoccupant d*awoe des nouvelles complications qui pourraient surgir, soit de la prolongation indéfinie ou non justifiée de certaines occupations étrangères, soit d'un système de rigueurs inopportun et imp lltique, soit d une licence pertmbatiice^ conliuire aux devoirs iiiteiuaUonaux.

M. le BaroJi de Hdbiier repond que les l'knipolentiaires de l'Autriche ne sont autorisés ni à donner une assurance, ni à exprin^ des vœux* La réduction de Tarmée Autricidenne dans les L^ations dit asseï» scion hû, que le Cabinet impérial a Tintention de rappeler ses troupes dès qu*une semblable mesure sera Jugée opportune.

M. le Baron de llanieuffel déclare connaître asseï les intentions du Roiy son auguste maître, pour ne pas hésiter à exprimer son opinion, quoiqu'il n'ait pas d'instructions à ce si^et, sur les questions dont le Congrès a été saisi.

Les principes maiitimes, diL M. le premier Plénipoteiili ure de la Prusse, que le Congrès est , invité à s aj>pi jiricr, ont luujuui^ cte professés par la Prusse, qui s'est constamment appliquée à les laire fnpévaloii', et il se considère comiiie autoiisé à prendre part à la signa^ ture de tout acte ayant pour olyet de les iaire admettre déûnitiYe*

DU CONGfŒS DE PAlUS U9

MDt dus le droit pabUc EuropéeiL n exprime la conTieCkmqiieioii Sonvaraiii ne raftuenit pts «m approbatioii à Tacooid qui s'élabllndt éu» œ sens entre ks Plénipotentiaires.

M. leBiwp deMantaBlfeineniéconnait nullement la hante imper» lance des autres questions qui ont été débattues; mais il fait obserrer qu'on a passé sous silence une aflaire d*un intérêt inaji'ur pour sa, Cuur et pour l'Eurofn' : il veut p.irlor do la mIu iiioii at'tuolle de Neufchâtel. n fait reiJictiqiàLT qutî Cflte l'i iiil ii»aute est peiU-t iif le soti! point en Europe où, contrairement aux Traités et à ce qui a été lormeilement reconnu par toutes les grandes Puissances^ domine un pouvoir réTolutionnaire qui méconnaît les droits du SouTcraiii. M. le Bsm de Hanteuflél demande que cette question soit comprise «n ihre de celles qui devraient être eiamioées. n i^joiile que le Roi, son SoimraiB, appelle de tons ses yamt la prospérité du Boyaime de Grèce, et qu'il désire ardemment tout disparaître les causes qui ont amené la situation anormale créée par la présence des troupes ëtransèresj il <uimet, toutefois, qu i! pourrait y avoir lieu d exaniiiier des laits de nature à présenter cette allairc sous son véritable juur.

Quant aux démarches qu'on jugerait utile de faire en ce qui concerne l état des choses dans leftoyanme des Deux-Sieilesy M. le Baron de lianteufci Ctit observer que ces démarches pourraieiit offrir des inconvénients dtvm. Il dit qu*il serait bon de se demander si des avis de Ib nature de ceux qui ont été proposés ne susciteraient pas dans le pays on esprit d'opposition et des mouvements révolutionnairas, au lieu de répondre aux idées qu'on aiuait eu en tuc de réaliser dans une intenUon n i l iineineut bienveillante. Il ne croit pasdevou' t iitrer dans l eiaiiu ti de la situation actuelle des États Pontificaux. Il se. liurne h etprirner le désir qu il soit possil»!»' de placer ce Gouvernement d ms des conditions qui rendraient désonnais superflue r occupation pai* des tRNipes étrangères. Bf . le Baron de Manteuffel termine en déclarant eue le Cabinet Prusnen reconnaît iMirfailfiiiMn^ la funeste ifffhtaifie qn*ettrce la presse subversive de tout ordre r^ulier^ et les danffers f^cUe sème en prêchant le réside et la révolte; Il igoute que la IhmsL paritdpeiait voiontierB à Feiamen des mesures qu'on jugerait «nrwnahles pour mettre un terme à ces men^.

M. le Comte de Cavour n'entend pas contester le dioit qu'a tout

Plénipotentiaire de ne pas prendre part à la discussion d'une question qak n'est pas prévue par ses instructions : il est cependant, croit-il, de la plus haute importance 4iae l'opinion , manifestée par certaines PnUMances sur Toocupalion des États Romains, soit constatée au protocole.

M. le premier Plénipotentiaire de la Sardaigne expose <pie Toocupe-

tion des États Romains par les troupes Autrichiennes prend tous les jours davantage un caractère permanent ; qu'elle dure depuis sept ans, et que, cependant, on n'aperçoit aucun indice qui puisse faire supposer qu'elle cessera dans un avenir plus ou moins prochain ; que les causes qui y ont donné lieu subsistent toujours ; que l'état du pays qu'elles occupent ne s*est certes pas amélioré, et que, pour s'en convaincre^ il suffit de remarquer que l'Autridie se croit dans la nécessité de maintenir, dans toute sa rigueur, Tétat de si^ à Bologne, bien qu*ildate de Toccupation dle-mâme. Il fidt remarquer que la présence des troupes Autrichiennes dans les L^ations et dans le Duché de Parme détruit l'équilibre politique en Italie, et constitue pour la Sardaigne un Nt rttiiblc danger. Les Plénipotentiaires de la Sardaigne, 'dit-il, croifut donc devoir signaler h l'attention de TEiu'ope un état lie t luises iiu^^i anormal que celui qui résulte de l'occupation indéfinie Ld'uue grande partie de Tltalie pai* les troupes Autrichiennes. \ Quant à la question de Naples, M. de Cavour partage entièrement les opinions énoncées par M. le Comte Walewski etpar M. le comte de Qarendon, et 0 pense qu'il Importe au pbis haut degré de miggénr des tempÀamaits qui, en apaisant les passions, rendraient moins difficile la marche régulière des choses dans les autres Étals de la Péninsule.

M. le Baron de Hûbner dit, de son côté, que M. le premier Plénipolenliaire de la Sardaigne a parlé seulement de Tocaipation Autrichienne et gardé le- silence sur celle de la I ram e ; que les deux occupations ont, cependant, eu lieu à la même époque et dans le même but ; qu'on ne saurait admettre l'ai^gument que M. le Comte de Cavour a tiré de la permanence de Tétat de siège à Bologne; que, si un état exceptionnel est encore nécessaire dans cette ville, tandis qu'il a cessé depub longtemps à Rome et à Anctee^ cda semble tout au plus prouver que les dispositions des populations de Rome et d'An^ otae sont plm si^tisffûsantes que ceUes de la ville de Bologne, n np^

pelle qu'il n'y a pas seulcMnent que les Étab Romains, en Italie, qui Miieiit occupés par dc^ troupes étrangères; <iue les communes de Menton el de Roi[uebrune, faisant partie tle la Priîîeipautc de Moriacn, sont, depuis huit ans, occupée>' par la Sardaigne, el qm la seule dilléreoce qu*il y a entre les deux occupations, c'est que les Autiichient et tes Français ont été appelés par le Souverain du pays, tandis ^put les Iroopcs Sifdes oat pëoétié sur le territoire du Prince de Monaco» ccntiaiwpiegtà ses wbwk» et elles s'y maintiennent malgré les réclamations dn Sonrerain de ce pays. - \ I l^p^^épondant à M. le Baron de HtOmer, M. le Comte de Cawnr | | 4)u71 désffte Yoir cesser foccapation Frauy use aussi bien que Toccn- , [ jj paliofi Autrichienne, nidis qu'il ne peut s'empêcher de considérer , ) l'une comme bien aulieuient dangereuse que l'autre pour les États j' indépendante de 1 Italie. 11 ajoute qu un (,i\h\c < ui ^s d aimée, à une I grande distance de la France, n'est menaçant pour personne, tandis j | I ^'il est fort inquiétant de voir l'Autriche^ appuyée sur Ferrare el , | snrPlaisaiioe dont elle étend les fortifications contiaiienient à l'e^ ^

I Ânon à la lettie, des Tkaltés de Vienne, s'étendre le long de TAdria- . |

II tiqpae joMin^Ancdne. i Ici QuanI à Monaco, M. le Gomle de Cavour déclaie que la Sardaigne *

est pf<ète à fÉire retirer les dnqnanfe hommes qui occupent Menton, si le Prince est en état de rentrer dans ce pays sans s'exposer aux plu*; gi-aves dangers. Au reste, il ne croit pas qu'on puisse accuser la S u Jrijgne d avuir contribué au renversement de l'andeii Gouvernement afin d'occuper ces Etats, puisque le Prince n'a pu conserver son autorité que dans la seule ville de Monaco, que la Sardaigne occupait, CB en vertu des Traités.

M&lÉBwoo de Bmnnow croit doToIr signaler une circonstance parfSeiikge, c^esl que roccopation de la Grèce par les troupes alliées a en lieu pendant la guerre, et que les relations se trouTantheureose* amt rétablies entre les trois Cours protectrices, le moment est venu de se concerter sur les moyens de revenir à ime situation conforme à l'intérêt cuimnun. 11 a>sure que les Piénipotenliaires de la Russie « lit recueilli avec sali:sfaciion et qu'ils transmettront avec emprcsscuicnt à leur Gouvernement les dispositions qui ont été iiianirustnps,à cet égard, pai' MM. les Plénipotentiaires de la France et de la Grande- Bretagne, et que la Russie s'associera Tolontiers, dans un but de oon-

m uiSTOiu

servatioa et en vue d'améliorer Fétat de cfaoees eiistaiit en Grèce, & toutes les mesures qui semblendent propres à réaliser l'objet qu'on 6'est proposé en fondant le Royaume Hdiénique.

MM. les Plénipotentiaires do la Russie ajoutent qu'ils prendront les ordres de leur Cour sui* la proposition soumise au Congi-ès, relativement au droit mariliine.

M. le Comte Waiewski se félicite d'avoir engagé les Plénipotentiaires à échanger leurs idées sur les questions qui ont été discutées, n avait pensé qu'on aurait pu, utilement peut^tie^ se pnmonoer d'une manière plus complète sur quelques-uns des sujets qui ont Blé l'attention du Congrès. Mais tel quel^ dit-il, récbange d'idées qui a eu lieu n'est pas sans utilité.

Mw le premier Plénipotentiaire de la Ftanoe établit qu'il en ressort, en effet,

Ouc personne n'a contesté la nécessité de se préoccuper iiiùrement d'améliorer la situation de la Grèce, et que les trois Com*s protectrices ont reconnu l'importance de s'entendre entre elles^ à cet

égard ;

Que les Plénipotentiaires de l'Autriche se sont associés au vœu exprimé par les Plénipotentiaires de la France de voir les États Pontificaux évacués par les troupes Françaises et Autrichiennes, aussitôt 91e faire se ponna sans inconvénient pour la tranquillité du pays et pour la consdidation de l'autorité du Saint-Siège ;

30 Que la plupart des Plénipotentiaires n'ont pas contesté l'efficaaité qu'aurairat des mesures de clémence, prises d'une manière opportune par les Gouvernements de la Péninsule Italienne et suiioul par celui des DeiLv-Siciles ;

4^* Que tous les Plénipotentiaires, et mémo ceux qui ont cru devoir réscner le priîiripe de Ir li!n 1 lé de la presse, n'ont pas hésite^ à flétrir hautement les excès auxquels les journaux belges se livrent impunément, en reconnaissant la nécessité de remédier aux inconvénients réels qui résultent de la licence elMiée dont il est làit un si grand ahus en Belgiqne ;

5» Qu'enfin l'accueil fait par tous les Plâiipotentiaires à l'idée de dore leurs travaux par une dédaration de principes en matière d droit maritime doit foire espérer qu'à la prochaine séance Ils auron veçu de leurs Gouvernements req>ectifs Tautorisation d'adhérer à u

tde <pii» en cooitmnmt Vaenm du Congrès de Paris, léaliserait nu progrès digne de notre époque.

{Suivent les siffnatures» )

PROTOCOLE No XXUi Sétnce du 14 avril 1SS6

Présents ; les Plénqiotentiaires

de rAutriche,

de la France,

de la Gninde-BreUi^^iic ,

de la Prusse,

de la Hussift, de la Siii diiigne, de la Turquie.

Le {Oûtocole de la séance précédente et son annexe sont Ins et approuvée*

M. le Cooile Walewdd rappelle qn'il reste an Congrès à se prononcer sur le projet de déclaration dont fl a indiqué les bases dans la dernière réunion, et demande aux Plénipotentiaires qui s'étaient réservé de prendre les ordres de leurs Cours respectives, ù cet tgoi d, s'ils sont aiitorist^s à y donner leur assentiment.

M. le Comte de Biiol ddclarc que TAutriche se félicite de pouvoir conciini ir à un acte dont elle reconnaît la salutaire influeuce, et qu*il a été muni des pouvoirs nécessaires pour y adhc-rer.

M. le Comte Orlofl' s'exprime dans le même sens; il ajoute, toutefois, qu'en adoptant la proposition laite par M. le premier Plénipotentiaire de la France, sa Cour ne samrait s'engager à maintenir le ivineipe de rabolition de la^course et à le délëndre contre des Puisaanoes qui ne croiraient pas devoir y accéder.

MM. les Plàiipotentiaires de la Prusse, de la Sardaigne et de la Turquie ayant également donné leur assentiment, le Congrès adopte

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le pnjei de rédietioD, anneié au piteot protocole^ et en reoToie signature à la prochaine réunion.

M. le Comte de Qarendoii, ayant demandé la permission de présenter au Congrès une proposition qui lui semble devoir ébre bvo-

rablement accueilUc, dit que les calamités de la guerre sont encore trop présentes à tous les esprits pour qu'il n'y ait pas Hou do rccherchci tous les moyens qui seraient de natimî à en pi ô\ ouïr le retour; qu'il fi ( to inséré, à l'artide 7 du Traité de \mx, une stipulation qui recommande de recourir à Taclion médiatrice d'un Etat ami, ayant d'en appeler à la force, en cas de dissentiment entre la Porte et l'une ou plusieurs des autres Puissances signataires.

M. le premier Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne pense que cette heureuse innovation pourrait recevoir une applicatioii pins générale et devenir ainsi une harriëre opposée à des conflits qpiiy souvent^ n*éclatent que parce qu*U n*est pas toi]û<>^ possible de s'cxpliqucr et de s^entendre.

Il propose donc de se concerter sur uac résolution propre à assurer, dans 1 aviMiir, au maintien de la paii cette chance de duioo, sans, toutefois, i>orter atteinte à lindôpendance des Gouvernements.

M. le Comte VValewski se déclare autorisé à appuyer l'idée émise par M. le premier Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ; il assure que les Plénipotentiaires de la France sont tout disposés à s'associer à l'insertion au protocole d'un vœu quij en répondant pleinement a^ tendances de notre époque» n'entraverait d'aucune fliçon la liberté d'action des Gouvernements*

H. le Comte de BuoI n'héstterait pas à se joindre à Vavis des Plénlpolentiaires de la Grande-Bretagne et de la France, si la relation du Congrès doit avoir la forme iiidiquijc par M. le Comte \Vale\\ski ; mais il ne saurait prciulrc, au nom de sa Cour, un engageuieut absolu et de naluie a liuiitor l'indépendance du CjU)inet Autrichien.

M. le Comte de Clarentlon répond que cha(pie l*uissance est et sera seule juge des exigences de son lionneur et de ses intérêts; qu'il n'entend nullement circonscrire l'autorité des GouvemementSy mais seulement leur fournir l'occasion de ne pas recourir aux aimes toutes les fois que les dissentiments pourront être aplanis par d'autres voies.

M. le Baron de Manteuffel assure que le Roi^ son auguste meUre,

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DU CONGRÈS DE PARIS iSS

partage complctcmcnl les idées exposées j»ar M. le CumUc de Clai-cnàvu : [Il il se ciuil donc autorisé à y adhérer et à leur UuuDer tout k déveiùppenient quelles rriinpnrtriil.

M. le Comte OrloiT, tout en reconnaisâaut la sagesse de la proposlioo faite au Congrès, croit devoir en référer h sa Cour, mni d'à* primer Vofiiiiion des Pléaipotentiaim de la Runie.

M. le Comte de Cavoiir délire saToir, avant de domer son opinion» dans rintention de Tanteur de la proposition» le ?vea «pii aérait exprimé per le Congiès s'étendrait aux interventions militaires diii^ fées eontre des Gotnremements de fait, et cite, par exemple. Tinter- Tention de l Aiitriche dans le royaume de Naples en I82i.

Loitf Clareiulon répond que le vœu du Congrès devrait admettre l'application la plus générale; il fait rem u-juer que, si les bons offices d'une autre Puissance avaient détermine le Gouvernement Grec à leq^ter les lois de la neutralité, la France et l'Angleterre se seraient lii>*piul«bleinent abstenues de faire occuper le Pirée par leurs troupes; UrappeUe les efforts fûts par le Cabinet de la Grande-Brelogney en 1823» pour prévenir Flntervention armée qui ent lieu» à cette épo({ne» en Espagne.

M. le Comte Walewsld ijoute qu'il ne s*agit ni de stipuler mi droit, ni de prendre un engagement; que le vœu exprimé par le Congrès ne saur lit, vu aucun cas, aliéner la liberté d'appréciation que toute Puissance iutiépendîinte doit se réserver en pareille matière; qu'il n'y a donc aucun inconvénient à généraliser l idée dont s'est inspiré M. le Comte de Clarendon, et a lui donner la portée la plus étendue.

M. le Comte de Buol dit que M. le Comte de Cavour» en parlant» dans une antre séanee» de Tocoupation des Légations par des troupes Antridiiennes» aouUié que d*autres troupes étrangères ont été appelées sur le sol des États Romains. Ai^ourà'hui» en parlant de Poccupation par PAutriche dn Royaume de Naples en 182t» il oublie q[ue eeUe occupation a été le résultat d*mie entente entre les cinq grandes Puissances réunies au Congrès de Laybach. Dans les deux cas, il attribue à rAutnchc le mérite d'une initiative et d'une spoiilaucMté que les Plénipotentiaires Aulrichiens so!ii loin de revendiquer pour elle.

L'intervention rappelée par le Plénipotentiaire de la Sardaigne a en lieu, ajoute-t-il, à la suite des pourparlers du Congrès de Laybach; c&e rentre donc dans l'ordre d'idées énoncé par Lord Clarendon.

Des CAS «;oml>!ables pourraient encore se repr<^Hlnir<v, et M. le Coin le de Buol ii'adniel pas qu'une intorvention, cilcctucc par suite d'un accord établi entre les cinq grandes PuissanceSj puisse devenir l'objet des réclamations d'im État de second ordre.

11. le Comte de Buol applaudit à la propositioii, telle que Lord darendOD Fa pr^sentée^ dans un but d'humanité ; mais il ne pourrait y adhérer, si on voulait hii donner une trop grande étendue» ou en déduire des oonséquenees foyorables aux Gouveinements de fidt et à des doctrines qu'il ne saurait admettre.

Il désire, au j esle^ (juc le Congi ès, au moment même de terminer ses tî ;n aux, ne se voie pas obligé de traiter des questions irritantes et (le iKiiuiT à troubler la parfaite bannoiiie qui na ces^é de régner parmi les Plénipotentiaires.

M. le Comte de Cavour déclare qu'il est pleinement satisfait des eiplicatâons qu'il a provoquées, et qu*U donne son adhésion à la proposition soumise au Congrès.

Après quoi, MH. les Plénipotentiafavs nliésitent pas à exprimer, au nom de leurs Gouvernements , le vofu que les États entre lesquels s'élèverait un dissentiment sérieux, avant d*en appeler aux armes, eussent recours, en tant que les circonstances l'admettraient, aux bons offices d une l*Tiissance amie.

MM. les Plénipotentiaires espèrent que k> douveniemenls non représentas au Congés s'associeront à la pensée qui a inspiré le vœu consigné au présent protocole.

[Suiteni le$ tignaltum.)

PROTOCOLE No XXIV

Séance du 16 avril i»SG Présents : ies PieuipotenUaires

de rAutricbe^

de la France,

de la Grande-Bretagne y

de JaPrusse,

de la Ruttiey

de la Sardaignr ,

de la Turquie.

Le protocole (ir la précédente séance est lu et approuve'.

M. le Comte Orlofl annonce qu'il est en mesure, en vertu des instructions de sa Cour, d'adhérer définitivement au tobu consigné à ravant-demier paragraphe du protocole n<» XXIII.

n est donné lecture du projet de déclaration annexé au protocole de la denûère réunion ; après quoi, et ahisi qu'ils l'avaient décidé, ]fll. les Plénipotentiaires procèdent à la signature de cet acte.

Sur la proposition de M. le Comte Walewski, et reconnaissant qu'il est de l'intérêt commun de maintenir l'indivisibilité des quatre principes njt'iitioniiés à la déclaration signée en ce joui-, MM. les IMénipolentiaires comicnncnl qu ' les Puissances qiii l'ont signée, ou qui y auiuiit accédé, ne pouiruiit entrer, à ravciiir, «nr l'application du droit maritime en temps de guerre, en aucun airangcmeut qui ne repose, à la fois, siu* les quatre principes objet de ladite déclaration.

Sur une ohserration faite par MM. les Plénipotentiaires de la Russie, le Congrès reconnaît que la présente résolution, ne pouvant avoir d'effet rétroactif, ne saurait invalider les Conventions antérieures.

M. le Coinle Orloff propose à MM. les Plénipotentiaires d'oilHr, avant de se séparer, à M. le Comte Walewski, tous les remerdments du Congrès pour la manière dont il a conduit ses travaux. « H. le » CunitL- W alewski formait, dit-il, à rouverturc de notre première » réinnoii, le vctu de voir nos dclibérali(iii> aboutir à une heureuse » issue j ce vœu se trouve réalisé, et assurément l'esprit de conciiiu-

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» lion a?ec lequel notre Président a dirigé no6 diBcassionS) a exercé

» une influence que nous ne saurions trop reconnaître, et je suis con- » vaincu de répondre aux sentiments de tous les Plénipotentiaires, en » priant M. le Comte Walewski d'agréer Texpression de la gratitude

» du Congi"ès. »

M. le Comte de Clarendon appuie cette proposition, qui est accueillie avec un empressement unanime par tous les Plénipotentiaires, lesquels décident d*en fidre nne mention spéciale au protocole.

M. le Comte Walewski répond qu*y est extrêmement sensible au témoignage bienTelllantdont 11 vient d*ètre Tobjet; et, de son c6té» il s'empresse d'eiqprmier à 101. les Plénipotentiaires sa reconnaissance pour rindulgence dont il n*a cessé de recueillir les preuves pendant la diuée des Conférences. Il se félicite avec eux d'avoir si heui"euscmcnt et si complètement atteint le but propose à lems elTorts.

Le présent pixitocoie est lu et approuvé.

[Suivent /es siffliaUires,)

IISTRODUCTIOiN HISTORIQUE

Scribiiiu ad namadnu

LA QUESTION d'oRIEKT. — LA f.UTrRRE. — LES NÉCOUATlO^b JUSQ(i*A LA PRISE DE SEBAâTOFOL

Le Congrès de Paiis a résolu heitreusemeiit une questioD qui pesant, depuis plus d'un siècle, sur la politique de TEurope et qui, éludée à diverses époques par effroi de ses cumplicalions et de ses conséquences, s'est reproiluile^cbaque fois a\ec une nouveUe gravité exigeant une soIuUon.

Pour bien comprendre l'importance de Toeum acoomplie par la diplomalie, il est indispensable de dire le plus brièremeot possible comment atait pris naissance et dans quelles conditions s'était successivement développé le grave d^bat que Ja Paix de Paris a terminé entre la Russie et TEurope. C'est ce que nous nous proposons de faire dans les pages qui tont suivre. Nous n'avons pas la prétention d'exposer et d'appréder dans tous leurs détaOs et dans tous leurs résultats po* litiques et moraux les faits qui, pendant trois ans, ont tenu le monde en suspens, les yeux tournés Ters l'Orient. Nous ne voulons tracer ici qu'une rapide esquisse historique, propre à taSue comprendre la situation des dioses et l'état de la question au moment où les armées alliées victorieuses entraient dms Sébastopol.

La question d'Orient ne dalo i)as de nos jours; elle est l'œuvre séculaire de l'ambition des Czars ; on la trouve écrite dans

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