‹ Histoire du Congrès de ParisChapitre 34 sur 43 · C HISTOIRE · texte numérisé non relu

C HISTOIRE

Eo réalité, le Caïuiiiutùmml a'màtpoint trompé le lecteor en disant que la publication de Tartide du Sièeie par le Mmti^

teur éuil le résultai d'une erreur. Le faitélailposilit . Lr ](Himal du Gouvernement avait bien, il est vrai, reçu l'ordre d insérer dans ses colonnes « un article du journal U SièeU; • mais cet article n'était pas celui qui avait paru. Les ciseaux du joui^ naliste officiel s*étaient égarés: ils avaient décou[>é Tartide du jour, au lieu d'y prendre celui delà veille, conru, du reste, dans le même esprit, mais rédigé dans des termes assez vagues pour pouvoir être reproduit par le Moniteur sans engager le Gouvernement.

Le Siècle triomphait ; mais, malgré l'affirmation du Jfmifteur^ rinrortitude du public était encore très-grande, et si la vérité ne s'mi^imiait pas» elle se disait à l'oreille dans le monde officid*

Quelques journaux étrangers la pressentirent, et Vinàipem^ âanee Belge, tout en enregistrant la note du Conitiiutûmnef,

sembla persister dans la pensée qu'il > avait eu méprise, et déclara que « même avec l'erreur coiislatt^e, il était diftkile que le Moniteur rest&t sous le coup de la férule d'ime feuille dans laquelle le public voulait continuer à trouver, quoi qu'oa en eût dit, les inspirations du Gouvernement. »

L'incident n'eut pas d'autres suiles, le public, »]ui s'était laissé émouvoir un instant, ayant eu le bon esphl de comprendre que le fait» vrai ou faux, n'impliquait aucun changement dans la politique du Gouvernement.

WeeptioM Le Comte de Clarendon fut le preuiier Plénipotentiaire (|ui piénipowD- eut l'hoiiueur d'être reçu par l'Empereur. Cette réception eut ^lUJ^ lieu le 17 février. Le ministre des affaires étrangères de Sa ^'^■vmr. Majesté la Reine du royaume-uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, fut introduit auprès de Sa Majesté impériale par le ^r.nid mettre des cérémonies et pn'senté à 1 1 jnpereur j>ar Son Excellence Lord Gowley, anii^assadeur extraurduiair»' f*l plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique. M. le Comte Wa-

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kmékit ministre secrétaire d'Élat au départemeDi des affaires étrangères, assista à eette présentation.

Les autres membres du Congrès arrivés récemment à Paris lurent reçus successivement par rKmpereur, avec le même cérémonial, dans l'ordre de date suivant :

M* le Comte de Buoi-Scbauenstein, ministre de l'extérieur de Sa Majesté l'Empereur d'Autriche ;

M. le Baron de Brunnow, envoyé extraordinaire ei ministre plénipotenuaue de Sa Majesté TEmpereur de toutes les Kussies;

M. le Comte de Gavour, jfnrésident du Conseil des ministres et ministre des finances de Sa Majesté le Roi de Sardaigne;

M. le Comte Orloff, envoyé extraonlmaire et ministre pléuipotentiaire de Sa Majesté l'Empereur de toutes les Kussies;

AaUrPaciia* grand vezir de Sa Majesté le Sultan*

En attendant l'ouTerture de leurs travaux, les Plénipoten- i reports tiaires se voyaient assez fréquemment ; quelques-uns se visî- ^uîuîS^ laient régll!i^^ement. Tous s'étaient empressés, au.^silol leur arrivée, de se faire présenter au mmistre des affaires étrangères, qui avait mis à leur disposition une partie du rez-dechaussée de son magnifique bèlel. Le cabinet du ministre leur était également ouvert à toute heure, et ils y venaient longuement conférer avec le Comte Walewski. Ces entretiens, sorte de prélace à l'œuvre sérieuse qui devait bientôt commencer, mettaient les bommes en rapport, leur apprenaient à se connaître, et préparaient la solution de certaines questions sur lesquelles il n'était pas mauvais qu'on s'entendît officieusement avant d'en aborder la discussion offu ielle. Dans ces entretiens préparatoires, tous les Plénipotentiaires, même ceux de l'Angleterre, paraissaient animés des Intentions les plus condtiantes.

Lti question délicate des préséances fut une de celles dont ouesiion les Plénipotentiaires s'occupèrent dans ces entretiens prépara- j^^aiêMùi* toires, La présidence paraissait dévolue de droit à M. le Comte

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Watewski, en sa qualité de ministre des affaires éiraogères du pays où les Conférences devaient s'ouvrir. Sur ce point, aueune difficulté n*était soulevée. Mais dans quel otdre les autres Plénipotentiaires prendraient-ils place à la réunion et

apposeraient-ils leur ^ignalure au bas des protocoles'' Ici les journaux cessèreal d'élre d'accord, et la question fut l'objet d'une assez vive eontroveise. finûn, l'on sut qu'il avait été décidé que les préséances seraient réglées par Tordre alphabéti* que des États, et qu'en conséquence les membres du Congrès prendraient ])lace à la table des 'délil)éralions et signeraient conformément à cet ordre. Les choses avaient été réglées ainsi aux Conférences de Vienne* Ce mode avait l'inap* préciable avantage de ne blesser aucune susceptibilité en ne

créant aucune faveur.

impaUcuce Le CoHgrès n'avait pas encore tenu sa prenli^re séance, et de qneiqoes j^j^^ cependant, plusieurs journaux s'évertuaient à tracer les

règles qui devaient, suivant eux, présider à ses travaux. On paria de sa division en commissions et en sous-commissions;

on prétendit que, ])our éviter une perle de temjis, les Plénipotentiaires proceUeraieut par notes écrites plutôt que par discussions orales; on \oulut, eoOn, lever le voile sur ce qui était encore très-obscur, ou plutôt sur ce qui n'existait pas, car la marche des travaux du Congrès devait être réglée par les Plénipotniti nres eux-nu^iues, d'aprbs leur propre initiative, éclairée ^iar leur expérience et par ieâ mslruclions de leurs Gouvernements respectifs.

Les piénipo- Lcs Plénipotentiaires, dans une de leurs réunions au minisseugagl^i l^ro des affaires étrangères, s'engagèrent réciproquement à à on secret gantier le secrcl le plus ahsulu sur leurs travaux et sur les incidents qui pourraient surgir. Cette extrême réserve ne lit pas le compte de la curiosité, mais tout le monde comprit qu'elle était commandée par la prudence. Le but qu'on se proposait était, en effet, assez sérieux pour qu'on ne s'exposât pas à le compromettre par un défaut de précaution.

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A la suile de eelle lésolutioD prise par tous les PléQîpoten* Haires sans exceptioii, le minislfe des aflaires éiraiigères

exprima ii son colU'j^ue de l inU rieur le désir do voii lii presse Parisienne s'occuper ie moins possible des travaux du Congrès, et surtout s'abstenir de discuter de son côté les points qui allaient être mis eo délibération, pour éviter d'i\jouter de nou* Tefles difficultés à celles, déjà assez nombreuses sans doute, qui (levaient n iiurelleinent se présenter. En conséquence, M. Gollel-Meygrel, duecleur générai de la sûreté publique, réunit le lendemain 21 février, dans son cabinet, les directeurs politiques et les rédacteurs en cbef des journaux de Paris pour les inviter à une grande réserve, les priant de se considérer provisoirement comme sur un terrain neutre, puisque la France avait rboaneur de voir dans sa capitale ses adversaires aussi bien que ses alliés, et les avertissant que les journaux Anglais eux-mêmes paraissaient disposés à modérer leurs polémiques pour qu'aucune influence du dehors ne vint contrarier les travaux de la ConfVToiico.

Cette communication toute bienveillante fut rerue comme elle devait Tétre* Directeurs et rédacteurs en cbel'de journaux s'empressèrent d'assurer qu'ils se conformeraient aux vœux du Gouvernement. La plupart avaient déjà donné, durant le cours des îié|îociations qui avaient abouti h racceplaliun de ^ultimatum par la Russie, des preuves de prudence et de tact suffisantes pour qu'on fCtt bien certain que la réserve ne leur coûterait aucun effort. Les autres, un ou deux, avaient pu, à rimitation d'une |>artie de la presse Anglaise, se laisser alkr pai iois à un langa^re peu mesuré; mais les circonstances étaient trop solennelles pour qu'ils ne comprissent pas que la retenue et la discrétion étaient un devoir, et que, au point où les choses étalent arrivées, la meilleure manière de faire acte de patriotisme c'était de laisser le Congrès parfaitement libre de discuter el de résoudre les questions capitales qui allaient être soumises à ses délibérations.

UNomieur Enfiti, lo Moiiticur universel, dans son numéro du 2i féi/!wra?cr« vrier, annonça dans les termes suivaub i ouverture des Iravaux du Congrès pour le leodemaia :

« La première séance du Congrès aura lieu lundi, 23 de œ

mois, à l'iiùlel du minislre des allaires étrangères. »

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